A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : The Mangler

Mise à jour : 15/12/2017 07:44 - Créé : 12 août 2017 - Simon Riaux
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Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist … L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

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"Sprôôôôôch"

 

ALERTE NANAR

Attention mesdames et messieurs, voici une bizarrerie, passablement méconnue mais gentiment frappadingue. Autant vous le dire tout de suite : The Mangler n’est pas un bon film. C’est même, comme on dit, une bonne grosse purge qui renarde du fondement. Le film n’en demeure pas moins une curiosité à plus d’un titre.

Tout d’abord parce qu’on se demande ce qui a bien pu passer par la tête du producteur qui a jugé super malin d’adapter la nouvelle La Presseuse de Stephen King. Le texte est issue de la géniale anthologie Danse Macabre, initialement parue en 1978, où l’auteur déploie une variété de styles, d’approches et d’idées proprement délirantes. Ritournelles absurdes, récits référentiels, expérimentations terrifiantes et percées d’horreur humoristique : Danse Macabre est un modèle absolu de recueil de nouvelles, toutes composées avec une précision diabolique, qui fait de l’anthologie une réussite inoubliable.

Sauf que La Presseuse est un très court récit d’horreur, dans lequel une machine (une presseuse donc) se met à provoquer une série de très sanglants incidents dans une blanchisserie industrielle. Un inspecteur de police mène l’enquête, découvre rapidement que la chose est possédée, avant de tenter un exorcisme qui tournera  très très mal.

 

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Robert Englund, l'acteur le plus sobre de l'hémisphère nord

 

Emblématique du goût rarement commenté du romancier pour les courtes fulgurances frisant l’absurde, La Presseuse mêle l’effroi typique des récits de la Twilight Zone et une atmosphère de film noir, hybridés avec l’amour de l’écrivain pour le concept d’objet inanimé soudain doté de conscience et d’intentions néfastes.

Le résultat est drôle, inquiétant, grotesque et donc forcément dérangeant. Sauf que cette histoire très ramassée, au-delà de son postulat difficilement transposable à l’écran sans verser dans le ridicule, ne peut tenir décemment le temps d’un long-métrage.

 

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"Aîe"

 

MASSACRE À LA PRESSEUSE

On se demande donc ce qu’est venu faire Tobe Hooper, le metteur en scène de Massacre à la tronçonneuse, dans cette invraisemblable galère, et comment il y a enchaîné le Robert Englund de Freddy. Le résultat n’a ni queue ni tête, propose heureusement deux trois saillies gorasses, aussi débiles que réjouissantes, mais s’impose surtout comme un ratage invraisemblable.

Rien ne fonctionne, ni ne génère la moindre angoisse. En revanche, The Mangler demeure une très amusante explosion de grand guignol stupide, une sorte d’échec si démentiel qu’il a de quoi fasciner, pour peu qu’on ait un peu d’alcool à disposition. Dans sa sidérante nullité, le métrage nous rappelle un fait, finalement rassurant : l’écriture de King a cela de fascinant qu’elle se rapproche en réalité d’une forme de narration orale, ancestrale, dont les inflexions sont autant de trémolos, murmures et claquements de langues. Proches de la chanson de gestes, plusieurs de ses créations demeureront sans doute inadaptables, et c’est très bien ainsi.

 

RETROUVEZ NOS AUTRES TRESORS PERDUS DE STEPHEN KING

 

affiche The Mangler

commentaires

StarLord 13/08/2017 à 18:05

"Renarder du fondement"
Merci j'ai enrichi mon vocabulaire d'une nouvelle et très belle expression ^^

KibuK 12/08/2017 à 18:55

De mon point de vue, la presseuse est adaptable, mais il faut l'adapter librement. D'ailleurs les meilleures adaptations des livres de King ont été expurgés de certains passages littéraires qui ne passaient pas jien en film, tandis que les adaptations moyennes ou mauvaises se bornent a etre fideles a tout prix au livre.
Pour la presseuse, je vois bien un film avec une ambiance a la the ring version japonaise eg une lenteur oppressante. Le personnage principale pourrait etre une personne qui est obligée de travailler a l'usine apres zvoir perdu un emploi plus prestigieux ou qui sort de taule. Bref, c'est possible. La presseuse me fait penser a Christine. A ce détail près qu'une voiture est plus cinégénique qu'une machine statique.

Cooper 12/08/2017 à 18:42

J'ai vouloir voir ce film car j'avais lu la nouvelle dans " danse macabre " qui étais très bonne d'ailleurs mais alors le film... j ai tenu 30 min je crois et c'est pas mon genre de ne pas regarder les films à moitié mais la c'était insupportable et Robert Englund d'un ridicule, bref c'est vraiment mauvais.

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