5 raisons de ne surtout pas manquer Le Serpent aux mille coupures

Jacques-Henry Poucave | 29 mars 2017
Jacques-Henry Poucave | 29 mars 2017

Le 5 avril, Le Serpent aux mille coupures débarquera en salles. Dès sa première bande-annonce, le nouveau film d’Eric Valette nous avait infligé une véritable gifle.

On vous explique aujourd’hui pourquoi il serait regrettable de ne pas vous ruer dans les salles pour découvrir ce western inattendu, où un Tomer Sisley remonté à bloc entame une valse mortelle avec un terrible tueur à gage joué par Terence Yin.

 



 

1) La révélation Terence Yin

Le comédien ne nous avait pas marqué dans Lara Croft : Tomb Raider - Le Berceau de la vie  ou L’Homme aux Poings de Fer, mais Terence Yin crève littéralement l’écran dans Le Serpent aux mille coupures. Dans la peau d’un tueur à gage dépêché dans le sud-ouest de la France pour punir ceux qui ont l’échec d’une grosse transaction illégale, il promène sur le récit un regard glaçant et une cruauté à couper le souffle. Il est la véritable révélation de cette belle surprise, une incarnation de la mort qui rend le métrage totalement imprévisible à chacune de ses apparitions.

 

Terence Yin Tomer Sisley

 

2) Tomer Sisley plus badass que jamais

Doté d’un bagout appréciable et d’un charme évident, Tomer Sisley nous avait surpris avec Nuit blanche, dans lequel il interprétait un flic au bord de la crise de nerfs. Il trouve ici une prolongation impressionnante de ce personnage et sans doute son meilleur rôle.

Quasiment muet, d’une prestance physique inédite, il traverse ce thriller ténébreux avec une ambigüité qu’on ne lui connaissait pas. À mi-chemin entre la pure menace et le lone cow-boy échappé d’un Far-West fantasmatique, il constitue le parfait contrepoint du létal Terrence Yin.

 

Photo Tomer Sisley

 

3) Le retour attendu d’Eric Valette

Découvert avec l’épatant Maléfique, Eric Valette avait gentiment sidéré la cinéphilie française avec Une affaire d’Etat, polar d’espionnage implacable. On le retrouve ici au meilleur de sa forme, capable de sublimer un scénario efficace et simple. À la manière d’un styliste sûr de ses effets, il nous offre une pépite de tension, dégraissée jusqu’à l’os.

 

Terence Yin Tomer Sisley

 

4) Un véritable western frenchy !

Oubliez les nuées de polars mous du genou qui encombrent les écrans, ou encore le cinéma d’Olivier Marchal, on est ici dans un tout autre pan du cinéma. Avec ses fermes isolées, ses exploitations viticoles à pertes de vue et ses paysans armés jusqu’aux dents, Valette compose un paysage de néo-western inattendu.

Dans le découpage de l’action, la violence sèche  et le grand soin apporté à la composition de l’image, on pense évidemment au cinéma de Carpenter. Il y a quelque chose du héros solitaire à la Kurt Russell chez Sisley, un questionnement sur le mal apporté par la figure de Yin qui évoque forcément Michael Myers. Bref, Le Serpent aux mille coupures nous entraîne dans un pur territoire de genre.

 

Photo Terence Yin

 

5) Parce que le cinéma de genre a besoin du public

Or, on sait que si le public français est souvent curieux de découvrir les polars et autres thrillers anglo-saxons, il se montre régulièrement frileux avec ses équivalents hexagonaux (et il est souvent difficile de l’en blâmer).

Mais Le Serpent aux mille coupures mérite votre considération pour deux raisons. Tout d’abord, c’est un excellent film, qui réussit le tour de force d’emballer un récit extrêmement intense et plastiquement accompli avec des moyens très modestes, ce qui mérite toujours notre soutient.

Ensuite, le film a mystérieusement écopé d’une interdiction aux moins de 16 ans (ridicule quand on voit le traitement plus « lâche » de productions telles que Wolverine, beaucoup plus violentes). Par conséquent, son exploitation sera difficile, sa visibilité limitée, et il aura bien besoin du soutien de ceux qui aiment un cinéma d’action tendu et cinéphile.

 

Affiche

 

commentaires

C. Ingalls
29/03/2017 à 20:40

D.O.A.
Si c'est fidel à l'esprit de l'auteur, la B.O. doit dépoter.

Pseudo
29/03/2017 à 19:05

S' il passe dans ma ville je lui laisserais sa chance

La
29/03/2017 à 16:20

@captainspaulding
Bonjour camarade,
Si l'interdiction nous paraît excessive c'est essentiellement en comparaison avec d'autres œuvres et Logan, très graphique, sombre et dépressif nous paraît un bon point de comparaison. Vous remarquerez qu'on a rien contre les restrictions en tant que tel, l'interdiction de Grave aux moins de 16 nous est apparu parfaitement justifié par exemple.
Quant à la scène que vous mentionnez, il nous semble qu'elle nous donne raison. La mutilation que vous décrivez n'est en effet pas visible dans le film, l'intégralité de la séquence et de l'acte se déroulant en hors champ (gros plan sur les visages, plan de sang répandu sur le sol). L'impact que vous décrivez est le fait de la mise en scène, du montage, et de la grande Force de ces derniers, non d'une représentation "graphique" des choses.
Ajoutons à cela que le personnage du tueur à gage est ouvertement présenté comme une figure fantasmatique ne cherchant pas le réalisme, ce qui concoure à en faire un film moins "troublant".
Ce que vous relevez, très légitimement, c'est la puissance de la scène, pour autant, il nous semble que son traitement la rend moins problématique que d'autres œuvres classées moins sévèrement.

@postman
Vous verrez (parce qu'on cause un peu avec les confrères hein) qu'il y aura pas mal de critiques positives aussi ;-)
D'ailleurs on ne cite pas les dialogues dans les qualités premières du film (et comme il en comporte très peu...)

captainspaulding78
29/03/2017 à 14:38

J'ai vu le film, et s'étonner qu'il soit interdit aux moins de 16 ans relève soit de l'aveuglement total, sans de l'hypocrisie, et comparer sans cesse à l'interdiction aux moins de 12 ans de Logan est à côté de la plaque. Je veux bien que vous défendiez le cinéma de genre à la française, mais au bout d'un moment, il faut arrêter de faire des comparaisons hasardeuses. La violence est peut-être moins soutenue dans le serpent ... que dans Logan, mais il m'a semblé que celle-ci était beaucoup plus extrême dans le film de Valette. Si voir une femme se faire découper un sein en gros plan vous paraît normal et visible par un enfant de 12 ans, vous avez peut-être une drôle de façon d'évaluer les choses. Donc, l'interdiction n'a rien de ridicule et si l'exploitation s'en ressent, ce n'est nullement la faute du cnc qui ne fait que son boulot, mais celle des exploitants particulièrement frileux. J'espère malgré tout que le film pourra faire son petit bonhomme de chemin, même si je suis bien moins enthousiaste que vous concernant sa qualité.

postman
29/03/2017 à 14:27

Mouais, la BA est pas aml mais les autres critiques sont plus nuancées, voire négatives (dialogues nazes, Tomer en mode Ben Affleck, réal plan plan...)
a vérifier sur pièce donc

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