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Du sang, des nains, des aliens, Sharon Stone : des westerns fous et géniaux qu’il faut avoir vus

Par La Rédaction
21 mars 2017
MAJ : 21 mai 2024
4 commentaires

Pour la sortie du très bon Brimstone, la rédaction offre une sélection de westerns dégénérés.

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Pour fêter la sortie du très bon Brimstone, petite sélection de westerns inclassables.

Brimstone de Martin Koolhoven, avec Guy Pearce, Dakota Fanning et Kit Harington, est la bonne surprise de la semaine : un western sous forme de cauchemar viscéral et impitoyable qui rappelle, après notamment The Salvation en 2014, que le genre n’est pas mort.

Parce que le western est loin de se résumer aux cowboys et aux indiens, et au traitement classique hollywoodien qui l’a popularisé, la rédaction revient sur quelques exemples parfaitement grotesques, déjantés, décalés, et uniques. Avec des aliens, des nains, des cannibales, des vaisseaux spatiaux, des vampires et même Sharon Stone. L’occasion de (re)découvrir ces objets déviants et totalement conseillés. 

 

  

GHOSTS OF MARS

D’aussi loin qu’on s’en souvienne, John Carpenter a toujours plus ou moins fait des westerns déguisés. Et ce, dès son premier film, Assaut. Si la filiation était déjà plus évidente avec Vampires, au moment de Ghosts of Mars, il décide de prendre cette influence à bras le corps et de payer son tribut à Howard Hawks, Rio Bravo et autres Rivière Rouge.

Impossible en effet de ne pas voir dans ce film son postulat de western, avec ses terriens colons, ses martiens indiens, son siège de la ville et son attaque du train. Un résultat cependant mitigé puisque le film souffre d’une très longue mise en place due principalement à sa construction en flashbacks, mais qui nous aura cependant fourni l’un des grands méchants du début des années 2000 : Big Daddy Mars. Et, si l’on veut s’amuser, on peut également y voir un sous-texte musical à l’ensemble, surtout lorsque l’on sait qu’à l’origine Courtney Love devait interpréter Melanie Ballard. Comme si le rap et le rock s’alliaient pour péter la tronche au hard-rock. Ca ne sert à rien, mais c’est rigolo.

 


 

BONE TOMAHAWK

Quand Kurt Russell part à la poursuite de mystérieux natifs américains réputés particulièrement violents, pour libérer quelques uns de ses concitoyens, débute un faux western aux airs d’errance existentielle, qui se transformera en véritable film d’horreur.

Dans cette quête où les colts ne demandent qu’à parler mais paraissent toujours muets ou réduits au silence, une poignée d’hommes perdus avancent difficilement, dans un paysage désertique, une frontière désespérée, qui aboutit sur une vision cauchemardesque. Loin des représentations classiques du genre, de son iconisation ou de son optimisme forcené dans la capacité du conquérant à bâtir un monde à sa mesure, Bone Tomahawk dépouille le western pour n’en laisser qu’un os décharné.

 

Photo Kurt Russell

 

OBLIVION

Non, on ne parle pas du film avec Tom Cruise. Si on a eu droit à Cowboys et envahisseurs, l’idée n’était cependant pas nouvelle puisqu’en 1994, le producteur Charles Band, sous sa célèbre bannière Full Moon Entertainment, nous avait déjà mixé avec un certain bonheur science-fiction et western. Et là, on est carrément dans le futur du monde en 3031, sur une planète très éloignée de la terre qui bizarrement, ressemble pas mal au Far-West.

Située dans la ville frontière d’Oblivion, on assiste aux intrigues classiques de hors-la-loi, de règlements de comptes, de duels, de prospecteurs mais avec des aliens, des super-pouvoirs, des cyborgs et des meufs sexy avec des fouets. Encore une fois une très bonne série B méconnue du grand public, qui doit certes avoir pas mal vieilli aujourd’hui, mais à découvrir pour parfaire sa culture déviante. A noter que le film rencontra un certain succès à l’époque puisqu’il donna suite deux ans plus tard à Oblivion 2 : Backlash, avec plus ou moins la même équipe derrière. Si vous voulez voir Isaac Hayes et Meg Foster dans un western avec des extra-terrestres, c’est ici que ça se passe.  

 

  

MORT OU VIF

On est en 1995, et quand le réalisateur de la trilogie Evil Dead s’attaque au western, forcément, ça déménage. Montage hystérique proche de la kaléidoscopie, mouvements d’appareils déments et influences cartoonesques : Sam Raimi convoque toute sa technique et son talent pour électrocuter un western moribond et y greffer Sharon Stone.

Avec son sujet délirant (une vengeance orchestrée dans la ville de Redemption pendant son concours annuel de duel au Colt), Mort ou vif est une mise en abime du western plus qu’un simple film de genre. Raimi y scrute les identités remarquables, les thèmes connus, et les secoue avec l’enthousiasme frénétique qui le caractérise, sans oublier d’offrir à un jeune Leonardo DiCaprio l’un de ses premiers rôles marquants.

 

 

THE TERROR OF TINY TOWN

Arte a récemment remis en lumière ce chef d’œuvre de malaise via son excellent nodule intitulé Nanaroscope. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la chose, il s’agit d’un western, assez classique dans son déroulement… mais intégralement interprété par des nains.

Pourquoi ce choix curieux ? Tout simplement parce qu’en 1938, cette idée paraissait propice à ramener un public pas encore tout à fait revenu des cirques de monstres dans les salles. Plus qu’un mauvais film, plus qu’un western malade et quasiment irregardable, Terror of Tiny Town est sans doute le dernier témoin d’une époque où l’être humain pouvait encore être totalement envisagé comme une matière première objectivée, et ses différences comme autant de sources de mépris hilare. Hallucinant.

 

 

COWBOYS ET ENVAHISSEURS

Oui, on vous voit venir, le film de Jon Favreau est très mauvais. On ne va pas encore revenir là-dessus, c’est une conclusion plus ou moins acquise. Néanmoins, avouons qu’au 16000ème degré, ce récit a tout pour amadouer les amateurs de gros westerns déviants.

On y croise Harrison Ford somnambule, Olivia Wilde toute nue dans un barbecue, de gros aliens numériques, et un Daniel Craig qui prend ici ses vacances entre deux James Bonderies. Le résultat est proche de la bouillie, mais tellement inclassable et bizarroïde qu’on peut en rire à gorge déployée.

 

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LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ

Si les italiens ont révolutionné le genre dans les années 60-70 avec le western spaghetti, il n’y a pas de raison que d’autres ne s’y essayent pas. Résultat, Kim Jee Won pète un câble en nous assénant le fantastique Le Bon, la Brute et le Cinglé en 2008, référence directe au grand Sergio Leone. Mais chez le Coréen tout juste reconnu pour son très bon A Bittersweet Life, il n’est pas question de perdre son identité pour autant.

En effet, en tant que membre de la nouvelle vague coréenne du début des années 2000, Kim Jee Won n’oublie pas d’y inclure un fond révolutionnaire et très critique sur le plan politique en situant son action dans les années 30 en Mandchourie, sur fond d’invasion Japonaise. Quand on sait les liens étroits et conflictuels entre la Corée et le Japon, nul doute que le film va bien au-delà de son postulat fantaisiste et fun. Mais, comme ses collègues, le réalisateur n’oublie jamais de s’éclater et s’entoure même de deux des plus grands acteurs du pays (les fidèles et extraordinaires Song Kang-Ho et Lee Byung-Hun) pour un western old-school à l’intrigue certes un peu nébuleuse, mais tellement efficace et sincère dans sa forme qu’il mérite bien son statut d’oeuvre culte. A revoir en boucle.

 

 

FIREFLY

Il n’y a qu’à voir le dernier plan du générique, où un troupeau de chevaux s’enfuit tandis qu’un vaisseau spatial passe au-dessus de leurs têtes : la série de Joss Whedon est un western spatial. Avec ses planètes désertiques, ses hors-la-loi, ses saloons, ses prostituées, ses Reavers-indiens et ses petites bourgades isolées dignes du Far West où l’Alliance n’a quasiment pas d’autorité, Firefly est un amusant pari pour le créateur de Buffy contre les vampires.

Malgré son annulation prématurée (après 11 des 14 épisodes de la première saison) et l’échec du film Serenity, Firefly a gagné une place de premier choix dans le coeur du public, qui a fait des aventures de Mal et ses équipage une odyssée culte. L’aspect old school, les personnages irrésistibles campés par des acteurs excellents (Nathan Fillion en tête) et l’humour omniprésent en font une série remarquable, d’autant plus que Joss Whedon travaille un discours anti-colonialiste parfaitement accordé au genre du western.

 

Photo Firefly

 

SUNDOWN : LA GUERRE DES VAMPIRES

Quand on parle de westerns en mode barré, on n’a pas forcément l’idée d’y associer David Carradine , Bruce Campbell et Dracula. Et pourtant, 10 ans avant le Vampires de Carpenter, Anthony Hickox nous proposait déjà des suceurs de sang dans l’Ouest avec son méconnu Sundown.

Variation autour du roman de Bram Stoker, le film nous propose donc une communauté de vampires pépère, à la retraite, dirigée par le magnanime Mardulak (attention habile jeu de mots), qui se nourrit de sang artificiel et doit s’allier aux nouveaux venus, les Van Helsing, pour vaincre un terrible vampire qui se rêve en prédateur ultime. Une série B comme on en fait plus, remplie de bonnes idées, d’une énergie folle, de pointes d’humour bien senties, que l’on vous conseille de voir toutes affaires cessantes à condition bien entendu d’arriver à mettre la main dessus. Parce que bon, David Carradine en Dracula cowboy, ça n’arrive pas tous les jours quoi. 

 

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VORACE

La Guerre de Sécession achevée, un soldat traumatisé par la boucherie est envoyé aux confins du territoire, au sein d’une petite garnison isolée. Ce qui pourrait se muer en grand western contemplatif ou en confrontation avec les populations natives dévisse alors pour confronter un Guy Pearce impérial à un Robert Carlyle cannibale et impitoyable.

Une situation imprévisible et sauvage, que feu Antonia Bird utilise pour proposer une relecture du mythe du Wendigo, légende anthropophage fascinante, portée ici par un casting aux petits oignons. Au-delà de ses thématiques inhabituelles, Vorace imprègne la rétine grâce à son ton, capable de passer d’une seconde à l’autre du drame, à la comédie grinçante, ou à l’horreur pure.

 

Photo Guy Pearce

 

Rédacteurs :
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un blasé

Ghost of Mars, un des pires films de Carpenter. Et vous parlez d’un des grands méchants des années 2000 ? Arretez l’opium, il n’est pas du tout développé.
Ce film est une très mauvaise blague et à part Pam Grier, c’est tellement mal joué….
Merci mais non merci pour la suggestion..

MystereK

Ah, les goûts. J’ai effectivement adoré Ghosts of Mars, il n’a jamais fait doute que c’était un western dans un cadre de SF.

Endymion

Brimstone n’est pas avec Elle Fanning mais sa sœur Dakota.

La

@endymion

Merci, erreur corrigée