Hypertension, The Raid, Hardcore Henry, Sucker Punch : et si les vraies adaptations de jeux vidéo étaient là ?

Mise à jour : 17/05/2017 22:53 - Créé : 22 décembre 2016 - La Rédaction
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Assassin's Creed avec Michael Fassbender a beau être une adaptation officielle de jeu vidéo, la cinéma s'est montré parfois plus inspiré de manière officieuse.

Entre Warcraft : Le commencement sorti en mai, Assassin's Creed en salles cette semaine et Resident Evil : Chapitre final attendu le 25 janvier, le mariage entre le jeu vidéo et le cinéma est compliqué. Les gamers ont pris l'habitude de grincer des dents dans les salles obscures et de trembler à chaque nouvelle annonce, alors que l'espoir de voir certains fabuleux titres fidèlement transposés à l'écran persiste.

Tomb Raider avec Alicia Vikander arrivera en 2018, des films Minecraft et Sonic ont été annoncés, mais la vérité est peut-être ailleurs. Car au-delà des adaptations officielles, le jeu vidéo a profondément inspiré les scénaristes et cinéastes, dans le fond comme dans la forme. Au point de voir dans certains films "originaux" les meilleures retranscriptions à ce jour. Petit tour de la question.

 

Photo Michael Fassbender

 

THE RAID + THE RAID 2 : Building of Rage

Le premier chapitre était un Streets of Rage bourrin, épais comme un cuisseau d’éléphant mais traverse de morceaux de bravoures terriblement cinégénique. Le second reste l’œuvre martiale la plus impressionnante de mémoire récente. Métrage traversé de séquences reprises directement des "Beat them up" qui ont donné le tempo du début des années 90. Moucheté de combats de boss inoubliables (le duel dans la cuisine), The Raid 2 éprouve son spectateur avec l’exigence jubilatoire des plus grands jeux.

 

Photo Cecep Arif Rahman

 

EDGE OF TOMORROW : Cruise and retry

C'est une mécanique de jeu classique : le die and retry, qui oblige le joueur à mourir plusieurs fois avant d'être capable de s'en sortir, une fois qu'il a appris de ses erreurs pour survivre et vaincre. Dans l'adaptation du livre All Your Need Is Kill de Hiroshi Sakurazaka par Doug Liman (La Mémoire dans la peau, Mr & Mrs Smith), Tom Cruise incarne ce joueur qui gagne en expérience avec chaque échec, au milieu d'une scène de débarquement épique où il affronte une armée d'aliens belliqueux. 

Devenu l'Elu après avoir été en contact avec du sang venu d'ailleurs, Cruise pourra ainsi essayer différents chemins et méthodes pour surpasser son adversaire, apprenant pas à pas la route programmée. Il y a du Halo, du Resistance ou du Battlefield dans ce joyeux blockbuster d'une énergie revigorante, qui s'amuse avec un plaisir manifeste (et même un humour irrésistible) avec les codes du jeu vidéo. Sans oublier que le film est chargé d'un sens tout particulier autour de sa superstar Tom Cruise.

Voir aussi : Source Code de Duncan Jones.

 

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OLD BOY : Le couloir de la mort

On ne qualifierait pas le fantastique Old Boy de Park Chan-wook de film inspiré par les codes du jeu vidéo et pourtant, le chef-d'oeuvre coréen paye son tribut à tout un pan de la culture pop en l'espace d'une seule séquence : la fameuse baston dans le couloir.

Filmé en un seul plan, d'une maitrise technique et artistique incroyable, elle rappelle les fameux "Beat them up" des années 80-90. On penserait automatiquement à Final Fight ou Streets of Rage mais nous irons plus chercher la référence du côté des Spartan X (ou Kung-Fu Master chez nous) et autres Renegade. Par la profusion d'ennemis qui déferlent telles des vagues, l'utilisation d'items (marteaux, planches de bois), le réalisateur cite à bloc ce genre tombé en désuétude et signe l'une des séquences les plus marquantes de ces 15 dernières années. 

 

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HARDCORE HENRY : Half-Life

Assez injustement boudé par la critique et le public, Hardcore Henry est non seulement une petite perle anarcho-crétino-sociopato-hystérique, mais un exemple de narration brute, induite par la seule image, qui empreinte énormément aux FPS. C’est bien simple : au-delà de la malice de l’ensemble et de ses multiples méthodes pour dynamiser son principe totalement limité et crétin de vue subjective, le métrage a parfaitement intégré le principe de la narration « in game », ou comment utiliser le cadre comme un espace géographique porteur de sens.

 

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ULTIMATE GAME : Call of Butler

Plutôt que de transposer l’héritage ludique dans sa mise en scène, Ultimate Game pose une question basique, mais assez amusante : Second Life et Call of Duty, dans la vraie vie, ça donne quoi ?

Le résultat est un fourre-tout très violent, misanthrope et assez cruel envers le joueur moyen, mais bénéficie de la rage assumée de ses metteurs en scène, les dingos Neveldine et Taylor. Pas subtil pour un sou, le film a le mérite de pousser assez loin ses idées, son concept et sa dimension what the fuck.

 

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AVALON : Ghost in Europe

Un choix évident tant le film entier est construit sur le modèle du jeu vidéo. N'en adaptant pas un en particulier mais en créant un totalement original, Mamoru Oshii poursuit sa quête d'humanité déjà bien entamée sur Ghost in the Shell et ses oeuvres précédentes. Floutant encore plus la frontière entre réalité et virtualité, il pose la question de l'identité du joueur, qui se crée une deuxième vie en ligne en s'identifiant complètement à son avatar pour échapper à un quotidien déprimant et totalitaire. A l'heure des World of Warcraft et autres League of Legends, Oshii impose rétroactivement le regard le plus critique et le plus solide sur ce divertissement de masse. 

 

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HYPER TENSION + HYPER TENSION 2 : Grand Theft Statham

En réalisant les deux Hyper Tension, le duo Brian Taylor-Mark Neveldine a réussi l'impossible à l'insu de tous. Alors que l'on penserait le premier film inspiré des délires de Shinya Tsukamoto (Tetsuo en tête), ils ont simplement réalisé l'adaptation officieuse d'une des plus grandes séries du monde, GTA.
 
Réfléchissez : un héros perdu dans une ville, qui va d'un endroit à un autre en multipliant les missions, volant des bagnoles, se confrontant à différents gangs, le tout avec une folie et un second degré qu'on n'attendait pas. Nous sommes bien en présence d'un GTA qui ne dit pas son nom. 

Le clou est encore plus enfoncé dans le second épisode où la batterie que porte Statham à sa taille représente les points de vie du personnage qu'il doit remplir lorsqu'elle faiblit dangereusement. Peut-être le plus brillant exemple avec Scott Pilgrim qu'il est possible de faire du jeu vidéo au cinéma lorsque l'on relève le défi avec intelligence. En espérant qu'ils arriveront un jour à faire ce satané Hyper Tension 3.

 

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EXISTENZ : Playstation by Cronenberg 

Trop vite réduit à une relecture de Videodrome, eXistenZ est une oeuvre fascinante et une plongée déroutante dans le puit du virtuel. Le cinéaste rejoue ses grandes obsessions dans le théâtre du jeu vidéo du futur, avec un érotisme fabuleux et une beauté indécente.

Entre les mains de Cronenberg, les objets froids de cet univers (consoles, manettes, arme) deviennent des extensions voire excroissances de l'humain, la réalité virtuelle étant un prolongement de la personne. La fabuleuse Jennifer Jason Leigh porte toute la charge érotique de cette odyssée envoûtante, plus intéressante dans son évolution (les différents niveaux de progression, les transitions, la manière dont les héros deviennent des pantins entre les mains du programme et donc du réalisateur) que dans son message final ("Are we still in the game ?").

 

Photo Jennifer Jason Leigh

 

LA COURSE A LA MORT DE L'AN 2000 : Les fous du volant

Un titre un peu particulier dans cette sélection puisqu'il joue sur plusieurs niveaux. Si le film original de Paul Bartel n'a pas été inspiré par un jeu vidéo, il a cependant donné directement naissance à l'un des titres les plus polémiques des années 90, Carmageddon. Une course de voiture hardcore où tout est permis, sanglante à souhait et qui offre un multiplicateur de points en fonction des innocents que l'on écrase sur notre passage. Jouissif et novateur à l'époque, le jeu avait défrayé la chronique et s'était vu interdit dans quelques pays comme l'Allemagne et l'Australie. 

Paul W.S. Anderson saura s'en souvenir lorsqu'il proposera le premier remake en 2008, reprenant le concept du film d'origine mais créant son métrage sur le rythme d'un jeu vidéo, l'aseptisant au passage et le vidant de toute sa moelle subversive. Une sacrée ironie. 

 

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SCOTT PILGRIM : Edgar Wright vs the geeks

Comment ne pas parler de films inspirés par les jeux vidéo sans citer Scott Pilgrim ? C'est tout bonnement impossible tant la pépite nostalgique d'Edgar Wright intègre les codes du jeu pour en faire de véritables mécaniques de narration. En tant que jeune homme geek des années 2000, Scott vit baigné dans cette culture devenue impériale ces dernières années et s'imagine son existence sous un prisme vidéoludique.

Outre les nombreuses références à Zelda, c'est la construction même du récit qui reprend le schéma d'un jeu, avec la succession d'ex de Ramona aux pouvoirs différents, tels des boss de fin de niveaux qui ne sont sensibles qu'à une seule technique. Avant évidemment l'ultime affrontement contre le grand méchant, Gideon. Repoussant les frontières entre cinéma et jeu vidéo, Scott Pilgrim est peut-être le premier vrai film ayant parfaitement retranscrit ce qu'est un jeu vidéo, en parlant à notre inconscient collectif tout en utilisant intelligemment ses codes pour servir une histoire des plus touchantes. Un vrai tour de force. 

 

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SUCKER PUNCH : best of 

Quoi qu’on pense du gros délire de Zack Snyder, il est une des plus vibrantes déclarations d’amour à la culture video-ludique qui soit. En l’état, chacun de ses environnements renvoie à de grandes entités ludiques. De la seconde guerre mondiale, en passant par l’heroïc Fantasy sans oublier les robots du futur 2000. Et pour le même prix, on a droit à autant de boss de fin de niveaux, tous plus spectaculaires les uns que les autres.

 

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SPEED RACER : la piste aux étoiles

Chef d’oeuvre incompris et accomplissement technique hors du commun, Speed Racer est aussi une révérence énamourée à tout un pan du jeu vidéo, entre Micro-Machines et Wipe Out, ainsi qu’à tout ce que les softs de plate-forme auront apporté de visuels acidulés. Les Wachowski se plaisent à citer autant qu’à détourner, composant une nouvelle fois un univers hybride aux multiples degrés de lecture.

 

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commentaires

Sallah 23/12/2016 à 17:33

@tu m'as blase

T"inquiète, ta mauvaise foi et ta réaction, rien de surprenant non plus.

un blasé 23/12/2016 à 17:30

Ah les apologistes d'EL.
Personne n'a parlé de piste de lecture potentielle, vous avez presque tous dit, C EST DU JEU VIDEO.
Belle objectivité et rien de surprenant.

Sallah 23/12/2016 à 17:22

@tu m'as blase

Tu viens de me montrer que non seulement t'es stupide mais en plus agressif. T'as gagné. Un des soucis d'EL c'est d'avoir des gens qui viennent s'exciter pour n'importe quelle raison (Moi je pense pas comme vous donc je vais lancer un débat avec mon avis et grogner si on me dit qu'on pense autrement). Le top : je parie que t'es un habitué avec quelques pseudos pour noyer le poisson, et que tu viens régulièrement ici pour détester avec fidélité ce mauvais site.

Touk 23/12/2016 à 17:15

Les gens qui décident, face à une réponse qui va pas dans le sens de leur commentaire, que c'est utile, normal, malin... de monter sur leurs grands chevaux pour répondre aux "jeunes" et les traiter de stupide.
Non mais la barre de rire. Winner en vue. T'as convaincu tout le monde

Melki 23/12/2016 à 17:14

"cette philosophie du je l'ai pensé donc c'est vrai". Alors en fait, quand on sait pas de quoi on cause, on la ferme. Un des mérites d'EL, c'est justement de ne jamais se prendre pour les Cahiers ou Les Inrocks. Les gars te proposent un point de vue.

C'est pas je l'ai pensé c'est vrai, c'est : je l'ai pensé je vous le propose.
GRATOS.

Barbo 23/12/2016 à 17:13

@blase

Etre traité d'arrogant parce qu'on répond à quelqu'un venu donner une leçon, et que cette personne s'énerve avec tout plein de ponctuation pour marquer le coup, et sort évidemment un jugement sur l'âge et la sagesse dans des commentaires (donc sans aucune autre preuve que son jugement), c'est toujours drôle.

Je parlais montage parce que justement, dans les nombreux éléments qui sont de l'ordre du pur parti pris dans la scène du couloir d'Old Boy, y'a le fait que ce soit un plan séquence (tu parlais de "y'a pas trente manières de filmer"...). Sauf si tu considères absolument naturel d'orchestrer un tel plan séquence, c'est un pur choix de mise en scène. C'est très simple d'imaginer une version de cette scène avec d'autres choix, et notamment pas de plan séquence.

Pour le reste, si tu cours après la "vérité" dans des articles qui relèvent du point de vue, des arguments, des réflexions sur le cinéma (ici ou dans les critiques d'ailleurs)... No comment.

Mimi 23/12/2016 à 17:11

Le plan séquence c'est un choix du réalisateur. Le décor c'est un choix du réalisateur. La scénaographie c'est un choix du réalisateur. Y a pas une manière de filmer cette scène, parmi l'infinité de possibles, il a choisi celle là.
Et qu'il ait voulu rendre hommage aux JV ou pas, ça n'a aucune importance.
la question c'est : où trouve-t-on des concepts visuels, des principes exthétiques et narratifs issus du JV. Bah dans Old Boy par exemple.

un blasé 23/12/2016 à 17:01

@ Barbo
Tu viens de me montrer que non seulement, tu es arrogant, mais en plus, tu es stupide. Montage ? dans un plan Séquence ( je te rappelle la nature d'un plan séquence où tu vas chercher comme un grand) ????
On a pas attendu les jeux vidéo pour représenter le temps visuellement.
Gauche : passé, présent au milieu et futur à droite.
Tant que quelqu'un n'aura pas une interview du réa confirmant vos conjectures, je n'y adhèrerai pas.
Et ca reflète bien un des soucis d'EL, et cette philosophie du je l'ai pensé donc c'est vrai, qui a amené beaucoup d 'erreurs dans leurs articles.
N'est ce pas un trait de la jeunesse ?

Barbo 23/12/2016 à 16:50

@blase

Tu viens de découvrir le concept de l'analyse filmique ?
Sinon, ce n'est pas parce que tu penses que "y'a pas trente manières de le filmer dans cette situation" avec ta culture, tes bagages, que c'est le cas. Parce qu'au-delà de filmer par dessus ou derrière, je peux imaginer un paquet d'alternatives (dans le montage, dans la déco, dans l'écriture même de l'action).
Y'a qu'à lire des interviews de grands réalisateurs dont l'oeuvre a été décortiquée pour constater que souvent, il y a une part de leur mise en scène et imaginaire qui leur échappe (la culture inscrite profondément en chacun de nous, au-delà du conscient). Ou que parfois, ces réalisateurs refusent de s'analyser, ou de le reconnaître. C'est donc logique et intéressant de le faire, si on aime ce travail et ce type de réflexion.

un blasé 23/12/2016 à 16:39

Ce n est pas parce que Vous y voyez une inspiration jeux vidéo ( avec votre culture, votre bagages ) que le réalisateur à cité les jeux vidéo.
Un plan séquence dans un couloir, y a pas trente manières de le filmer dans cette situation où le héros est assailli de devant comme derrière.
Vue du dessus comme vue de derrière, on perdrait trop de visages, d'expressions, à peuj de choses près, il n'y avait que la vue de côté pour avoir les coups, comme les gueules.

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