Nos James Bond préférés

Laurent Pécha | 18 octobre 2012
Laurent Pécha | 18 octobre 2012

Après l'excellent Skyfall qui a séduit toute la rédaction, on a décidé de se livrer à l'éternel jeu de qui est le meilleur ? Avec une saga qui comporte 23 films (et même 24 si on compte l'officieux Jamais plus jamais, le choix du meilleur Bond paraissait bien compliquer. A la lecture de nos choix, une évidence s'impose : Daniel Craig a beau avoir relancé la franchise, Sean Connery reste le maître et les premiers Bond des références pour l'éternité.

 

Patrick Antona : Au service secret de sa majesté

Film maudit au moment  de sa sortie du fait de son insuccès relatif, Au service secret de sa Majesté a réussi à s'imposer avec le temps à comme une des meilleures illustrations du monde de James Bond, dépassant le cadre du film-gadget pour offrir un spectacle adulte et abordant un versant psychologique surprenant de l'agent 007, sans en négliger le côté action. En lui donnant un visage plus humain et une motivation tragique pour le reste de sa carrière (avec une des fins les plus déchirantes qui soient), Au service secret de sa Majesté est le film-charnière de la saga, brillant et doux-amer à la fois, dans lequel les autres opus viennent piocher à foison quand il faut densifier le caractère parfois trop désinvolte de l'agent préféré de la Reine. Et personnellement, savoir que la corse Teresa Draco demeure l'amour définitivement perdu de James Bond flatte quelque peu mon ego insulaire qui est d'habitude plus mesuré. « We have all, the time in the world / Time enough for life, to unfold / All the precious things / Love has in store ».

Vincent Julé : Opération Tonnerre

"Here come the biggest Bond of all!" annonçait l'affiche US, avant d'expliquer pourquoi en trois vignettes et accroches : "Look up" avec le jetpack, "Look down" avec la base sous-marine et "Look out" avec les James Bond Girls. Les fans aiment citer Goldfinger comme leur Bond préféré, plus mature, plus sombre, mais Opération Tonnerre est peut-être plus encore un épisode référence, iconique. Maintes fois copié, jamais égalé.

Mélissa Blanco : Goldfinger

Indémodable, Goldfinger traverse le temps. L'Aston Martin au bouton rouge, le chapeau tueur, pour mes yeux d'enfant ébahi, James Bond était un peu le cousin de l'inspecteur Gadget. A la revoyure, Sean Connery semble enfin trouver le bon ton pour incarner cet espion espiègle et charmeur.

Tonton BDM : Bons baisers de Russie

De la faste période Sean Connery, ma préférence globale va à Bons baisers de Russie : le film de Terence Young introduit divers éléments très « serial » à son récit, mais sans encore verser dans l'automatisation paresseuse (plus de gadgets, plus de filles, plus de bons mots). Au final, le film est rythmé, souvent fun et désuet juste ce qu'il faut pour prendre un pied durable et monstrueux.

Laurent Pécha : Opération tonnerre

Cela se joue dans un mouchoir avec Goldfinger. Mais de l'ouverture mythique avec l'un des gadgets les plus cool de la saga (le Bell rocket belt) au combat sous-marin final mythique (un tour de force jamais réitéré dans l'Histoire) en passant par la musique (le thème musical du combat est justement une merveille), l'interprétation de Sean Connery (alors au sommet de son art), l'histoire sans aucun temps mort et riche en péripéties, le méchant délicieusement pervers (Adolfo Celi en Largo restant un des meilleurs bad guy de la saga) ou encore les Bond girls (cocorico avec la craquante Claudine Auger), Opération tonnerre atteint constamment la perfection. Sur l'affiche (genial d'ailleurs), on peut lire « Here comes the biggest Bond of all ». Plus de 47 ans ont passé et c'est toujours aussi vrai.

Sandy Gillet : Goldfinger

Goldfinger : Certainement celui qui représente la quintessence du mythe bondien. Gadgets à gogo, l'Aston Martin DB5, Honor Blackman tout droit débarquée de la série Chapeau melon et bottes de cuir, la réplique culte : - James Bond : You expect me to talk ? - Goldfinger : No, Mr Bond, I expect you to die !, la mort en or par asphyxie, un Sean Connery au sommet de sa forme... Bref un must rament égalé, jamais dépassé depuis.

Perrine Quennesson : Bons baisers de Russie

C'est un pur James Bond d'espionnage. L'enjeu semble simple : récupérer un bijou de technologie et aider une jolie Russe à passer à l'Ouest. Mais évidemment il s'agit d'un piège organisé par le SPECTRE, assez mécontent d'avoir perdu son Dr No. Tout en pause et en réflexion, ce James Bond laisse la part belle à de grandes séquences de tension où la pression monte comme lors du diner dans l'Orient Express où à chaque instant le sort semble bel et bien en être jeté pour notre ami Bond et sa copine blondinette. Mais les scènes d'action ne sont pas en reste comme l'attaque de l'hélicoptère qui n'est pas sans faire penser à la mort aux trousses d'Hitchcock. Mais le film a aussi la chance de compter dans ses rangs deux des meilleurs méchants de l'histoire de la saga : Red Grant (génial Robert Shaw pré-Dents de la mer) aussi violent qu'ingénieux et Rosa Klebb, en femme déterminée, acâriatre et subtile. Un Bond à qui, comme le bon vin, les années réussissent.

Damien Virgitti : GoldenEye

C'est le retour de la franchise. Le film-pivot où James Bond opère le grand écart entre les dernières années de Roger Moore et une franchise plus réaliste. En conservant toute sa fantaisie (les cascades surréalistes, la poursuite en voiture, les femmes, les casinos...), le scénario tente de revenir vers le film d'espionnage qu'on avait un peu délaissé depuis l'ère de Sean Connery. Ce nouveau souffle moderne lui donne en plus une belle facture. Le titre atteint tout son style avec la chanson de Tina Turner.

Louisa Amara : Casino Royale

Pas le meilleur James Bond, mais c'est la renaissance de ce héros avec l'arrivée de Daniel Craig. Pierce Brosnan fatiguait, on retrouve enfin un Bond tourmenté, très physique.

Simon Riaux : Moonraker

Moonraker n'est pas le meilleur Bond. En aucune façon, ni aucune configuration astronomique possible le film n'est à même de concurrencer les canons de la saga. En revanche il en constitue un condensé remarquable, jusque dans ses travers. L'aventure allie l'exotisme, la multiplication des lieux, des rebondissements, les ambitions spectaculaires à une galerie de personnages invraisemblable (on y trouve tout de même un gros balèze qui sabote un funiculaire à coup de quenottes), pour aboutir à un délirant cocktail d'aventures. Ajoutez à cela quelques unes des vannes les plus foireuses d'un Roger Moore transformé en vieux beau libidineux, un Michael Lonsdale diaboliquement flegmatique, l'opportunisme hollywoodien le plus pathogène (et si on pillait Star Wars en foutant des lasers partout ?), et vous découvrirez un des James Bond les plus attachants qui soit. Comment ça on ne me demande pas le plus attachant ? Bon bah le meilleur c'est Goldfinger et puis c'est tout.

 

 

Nicolas Thys : James Bond contre Dr No / L'Homme au pistolet d'or

Pour Ursula Andress et Christopher Lee ! Deux figures majeures de 007. J'ajouterai presque Skyfall qui s'amuse à revisiter totalement le mythe de James Bond de la plus belle des manières.

 

 

 

 

 

 

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