Les Dents de la mer, Peur bleue, Open Water : les films de requins classiques et incontournables

La Rédaction | 21 août 2018
La Rédaction | 21 août 2018

Pour fêter l'arrivée de The Meg dans En eaux troubles avec Jason Statham, retour sur quelques films incontournables du genre.

Vu que Jason Statham va castagner du mégalodon dans En eaux troubles de Jon Turteltaub, en salles le 22 août, l'occasion est trop belle pour ne pas consacrer un dossier aux requins qu'on aime d'amour.

Et au cas où le blockbuster n'a pas de quoi satisfaire les fans du genre, déjà apeurés depuis que le réalisateur assume que la violence a été revue à la baisse et que l'acteur déplore le côté trop familial, une solution : se retourner vers les classiques, les vieux maîtres, ou les jeunes sanguins ayant déjà fait leurs preuves. À vos marques... prêt... mordez !

  

 

LES DENTS DE LA MER

Pour ceux qui auraient vécu dans une bulle depuis plus de trente ans et se baigneraient encore en toute innocence, le film de Steven Spielberg est une merveille, l'oeuvre la plus aboutie et terrifiante dans le domaine de l'attaque animale. Forcé par des problèmes techniques à n'utiliser son requin que dans quelques scènes et à s'adapter (le temps de tournage triple quasiment), le metteur en scène repense son film et fait du prédateur une extension de la mer, qui devient un milieu intégralement hostile, imprévisible et sournois.

Servis par des acteurs impeccables (Roy Scheider, Robert ShawRichard Dreyfuss) et une musique traumatisante de John Williams, Jaws a définitivement marqué l'histoire du cinéma, en contribuant à créer la notion de blockbuster (premier film à dépasser la barre des 100 millions de dollars de recettes) et creusé la tombe du Nouvel Hollywood. S'il sortait en 2018, Les Dents de la mer coûterait dans les 35 millions de dollars et atteindrait les 2,2 milliards de recettes. En somme, un chef d'oeuvre de prédation.

 

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S'il ne peut prétendre égaler le maître, ce bon Jeannot Szwarc a compris qu'il fallait s'en démarquer. Le requin est ici très présent, et prend un aspect diabolique des plus réjouissants, arborant une large blessure, aussi impressionnante que ses mâchoires. L'heure n'est plus à la subtilité ni aux demis-mesures, ici on dévore de l'enfant, on attaque des classes de voiles, et les amatrices de ski nautiques n'ont qu'à bien se tenir.

Pour une suite aux ressorts connus et pas franchement originaux, on est surpris par la qualité de la mise en scène, et l'efficacité du suspense, qui culmine lors d'une ultime confrontation qui revisite l'apothéose spielberguienne, et consacre l'explosif comme un indispensable de la pêche au gros.

 

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PEUR BLEUE 

Avant d'être conspué comme un vulgaire yes man à peine digne de Brett Ratner à cause de DrivenProfession profiler et autre Légende d'HerculeRenny Harlin a emballé quelques-unes des plus mémorables réussites du cinéma d'action des années 90, comme Cliffhanger et Au revoir à jamais. Pas étonnant donc que le réalisateur parvienne à signer un ride furieux et complètement délirant, où des squales prennent le contrôle du laboratoire flottant censé les contenir.

Ne craignant ni les invraisemblances ni les morts dignes de Tex Avery, le film enchaîne les attaques et démembrements sur un rythme jouissif, et offre à Samuel L. Jackson une disparition autrement plus mémorable que la défenestration électrique signée George Lucas. On saura gré à Renny de ne pas épargner ses personnages et de les massacrer au mépris des lois hollywoodiennes de la bienséance. Jeune naïade héroïque, vous n'êtes pas en sécurité. Un film qui mérite clairement plus d'amour.

 

 

LA MORT AU LARGE 

Si le film pille le chef d'oeuvre de Spielberg sans vergogne, et recycle notamment ses personnages, il a l'intelligence de ne pas jouer sur le même terrain. Pelloche d'exploitation et budget de végétarien obligent, le maléfique squale est montré autant que les effets spéciaux et les stock-shots le permettent. Et la bête s'en donne à coeur joie, dévorant notamment une belle brochette de planchistes et un hélicoptère.

Bien sûr le film est un plaisir honteux, mais demeure très fun et décomplexé. Enzo G. Castellari sait que le spectateur a déjà digéré la terreur sous-marine de Spielberg, et lui offre un squale vorace et hyperactif, bien décidé à boulotter nos héros. Entre fausse suite et plagiat, La Mort au large (Ultimo Squalo en version originale) trouve son chemin, et le barbouille dans une joyeuse surenchère carnassière.

 

Affiche

 

THE REEF

Sur le papier, l'idée est simple : faire un film de requin réaliste, dont la peur naît d'une implacable crédibilité. Le risque de sombrer dans les abîmes de l'ennui et du docu fiction de seconde zone était important, mais le long-métrage d'Andrew Traucki l'esquive, notamment grâce à ses personnages.

Leur destinée tragique est particulièrement bien amenée et écrite, sans jamais nuire à une intrigue extrêmement resserrée. Pour une fois, nous n'attendons pas les attaques la bave aux lèvres, mais les craignons, persuadés que chacun est menacé, tant l'aventure ne se départit jamais de son aura funeste.

 

 

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OPEN WATER 

Avez-vous déjà souhaité à votre prochain de se faire dévorer intégralement par une machine à tuer subaquatique ? Si ce n'est pas le cas, cela devrait rapidement changer, la faute à une image hideuse, qui vous fera supplier les dieux cinégéniques d'achever les souffrances des protagonistes.

Le réalisateur Chris Kentis espérait sans doute renforcer l'aspect pris sur le vif de son sujet, hélas le tournage en DV n'a pas grand sens puisqu'il n'est question nulle part de vue subjective, ou d'images volées. La chose est d'autant plus regrettable que le rythme du film ne nous ménage guère et que la tension monte extrêmement vite, au gré d'agressions de requins aussi implacables que tétanisantes.

 

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INSTINCT DE SURVIE

Blake Lively vs un requin. Le film de Jaume Collet-Serra se résume en gros à cet affrontement où une jolie étudiante américaine adepte de surf, va découvrir une plage isolée que sa mère décédée adorait. D'un cadavre de baleine à un rocher jusqu'à une balise flottante, le réalisateur trouve un petit point d'équilibre, entre le film de genre auquel il s'est frotté (La Maison de cireEsther) et le film d'action avec Liam Neeson (Sans identitéNon-stopNight RunThe Passenger).

Instinct de survie ne révolutionne certainement pas le genre, et se contente de rejouer des scènes vues ailleurs. Mais le film assume si bien sa simplicité, et sacrifie tellement tout sur l'autel du spectacle et petites sensations fortes, qu'il a de quoi satisfaire une petite envie d'hémoglobine qui sèche sur le sable d'une plage trop paradisiaque pour être honnête. Parfaitement simplet mais gentiment efficace. 

 



BLEUE EST LA MER, BLANCHE EST LA MORT 

S'il s'agit d'un documentaire, il est impossible de ne pas ressentir devant le chef d'oeuvre de Gimbel exactement le même vertige que devant la plus immersive des fictions. Tout d'abord parce que le réalisateur Peter Gimbel et son équipe nous racontent bel et bien une histoire, plus qu'ils ne nous renseignent sur tel ou tel sujet : l'aventure invraisemblable menée par une équipe de cinéma, qui décide de devenir la première à traquer un grand requin blanc pour le filmer.

Blue Water, white death est de facto la matrice de toutes les bandes remplies de squales accouchées par le cinéma, mais contient déjà en son sein nombre de séquences reprises quasiment à l'identique par ses successeurs (celle de la cage notamment). Si l'on ajoute à cette valeur historique un accomplissement esthétique souvent bouleversant, on tient une des plus grandes oeuvres consacrées à la créature qui nous intéresse.

 

Affiche

 

47 METERS DOWN

Le pitch jouissif par excellence : deux soeurs un peu niaises qui semblent tout droit sorties d'une mauvaise série, plongent dans une cage pour observer les requins, mais se retrouvent au fond de l'eau quand le cable cède. Panique assurée pour les deux demoiselles, encerclées par des requins, avec le niveau d'oxygène qui baisse et une distance qui empêche toute communication.

Conçu comme un DTV à 5 millions de dollars, 47 Meters Down a eu une vie incroyable. Revendu par Dimensions Films à Entertainment Studios, il est sorti en salles, et a été un succès avec plus de 60 millions au box-office (même si environ 30 ont été dépensés pour faire la promo). Tout ça reste bien gentillet et classique, avec un twist que le spectateur un peu attentif aura flairé comme un requin piste le sang d'une vierge un matin d'été. Mais l'idée de départ est bien trop drôle et cruelle pour ne pas donner envie d'y plonger, d'autant qu'un film qui se déroule en si grande partie sous l'eau a un petit quelque chose de réjouissant. Et 47 Meters Down : the next chapter arrive, en plus, sachez-le.

 

Affiche

 

ORCA

Je vous vois venir... « c'est même pas un requin, alors ça compte pas. » Permettez-moi de vous dire que quand ça a un aileron et que ça mange du baigneur, ça mérite une dérogation. Car en effet, point de squale affamé ici, mais un épaulard vénère. Quand un vigoureux mâle voit sa femelle massacrée par le capitaine Nolan, il décide de l'attaquer, et après lui, tous les humains qui se mettront en travers de sa route.

Mettre à disposition d'un animal enragé Bo Derek et Charlotte Rampling est en soi un très beau cadeau fait au spectateur, mais Michael Anderson fait encore mieux : il prouve avec 20 ans d'avance que l'équipe de Sauvez Willy s'est complètement planté. On leur avait bien dit qu'une grosse bête comme ça, ça ne pouvait être foncièrement mauvais. Des intentions qui font aisément pardonner un message écolo bas du front et des effets spéciaux souvent spécieux.

 

Orca

 

 

Et si jamais vous étiez d'humeur plus légère, avec un esprit déviant en manque de requins et d'imagination, ne cherchez plus : allez faire un tour sur notre dossier consacrée aux films de requins les plus absurdes, grotesques et honteux. Requin-fantôme, requin-Père Noël, requin-atomique... tout est là.

 

Affiche officielle

commentaires

Decker
23/08/2019 à 09:54

47 METERS DOWN est une énorme bouse...

Dutch Schaefer
23/08/2018 à 18:49

Orca, j'adore!
Ensuite je reconnais que PEUR BLEU est un film bien plus fun que ce que certains voudraient laisser sous entendre....

vidoe
21/08/2018 à 18:22

Faut dire aussi que Spielberg a placé la barre très haute. Pour 47 meters down et Instinct de survie, seul le temps nous dira vraiment si ils méritent le terme d'incontournable. Pour le futur, je ne vois que 800 hommes à la mer avec sa horde de requins qui pourrait peut être un jour trouver sa place si à la barre on place un vrai réal. Van Peebles nous a gâché la fête avec son USS Indianapolis.
Au passage, elle se reconnaîtra si elle lit. Je remercie la personne du forum qui m'a donné le titre du film que je cherchais "Bait" un sharkmovie sans prétention et plutôt sympa.

Theo 2
21/08/2018 à 15:48

Orca à pris un bon gros coup de vieux à pleins de niveaux mais il reste bon et moins manichéen. Le message écologique du film est peut être simpliste, mais finalement essentiel aujourd'hui

Gage
21/08/2018 à 14:44

Et avec surtout la musique d'Ennio Morricone...

Mr.Scratch
21/08/2018 à 14:06

J'adore énormément ORCA super film

Theo
21/08/2018 à 13:46

ah oui, Orca c'est un bon souvenir d'enfance , je n'ai pas revu le film depuis, mais je crois volontiers Ecran large quand il nous disent que les Sfx ont pris un gros coup de vieux, typique des films des années 70/80 a petit budget ou gros budget d'ailleurs!
la scene dont je me souviens encore:, qui explique toute la suite du film;la sequence du foetus qui sort de la femelle et qui declenche la rage rancuniere du mâle qui voit çà dans la flotte!

Jojo
21/08/2018 à 13:08

J'adore ORCA ce film m'avait traumatisé.

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