47 Meters Down : critique des profondeurs

Christophe Foltzer | 23 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:52
Christophe Foltzer | 23 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:52

Quand un filon se profile, on aurait tort de ne pas en profiter. Et quand on sait à quel point Instinct de survie a fonctionné, on se dit que des petits malins vont forcément tenter de toucher à nouveau le jackpot. Voici donc 47 Meters Down, disponible en e-cinema depuis le 28 septembre et en DVD/Blu-ray le 8 novembre.

LES DENTS ÉTERNELLES

Les requins, c'est un peu comme les dinosaures : qu'importe l'époque, ça marchera toujours. Et c'est d'ailleurs assez rigolo de constater que l'on doit ces deux modes à Steven Spielberg qui a quand même traumatisé une génération entière en 1974 avec ses Dents de la Mer et son requin impitoyable. Une référence qui s'impose à chaque spectateur dès qu'il regarde un film avec un squale et que 47 Meters Down se charge d'évacuer tout de suite avec un générique en forme d'hommage.

Parce que, voyez-vous,47 meters down n'entretient que peu de rapports avec le cauchemar de Spielberg mais serait plus à ranger dans le rayon des gros survivals. Nous y suivons donc deux soeurs, Kate et Lisa, en vacances à Mexico. Et Lisa l'a sacrément mauvaise parce qu'elle vient de se faire plaquer et qu'elle veut prouver à son ex qu'elle n'est pas une nana chiante en faisant des trucs bien ouf. Comme descendre dans une cage plongée dans la mer pour passer un moment privilégié avec de grands requins.

Bien que réticente, et sans aucune expérience de la plongée, Kate accepte, poussée par sa soeur et les deux mecs qu'elles ont rencontré la veille. Sauf que, bien entendu, le câble se pète, la cage atterrit au fond de la mer et nos héroïnes sont coincées dedans, entourées de requins affamés et contraints par une réserve d'oxygène qui s'épuise à vitesse grand V. Début du suspense.

 

Photo Mandy Moore, Claire HoltLes victimes du jour

  

JUMP SCARE UNDERWATER

On le voit, nous sommes en présence d'un high-concept, ce graal de tout producteur hollywoodien qui, s'il est bien exécuté, le rendra riche pour les années à venir. Et cela ne nous gêne pas outre-mesure puisque cela s'annonce très divertissant. Malheureusement, c'est aussi le plus gros piège du film parce que, si le principe de départ est alléchant, encore faut-il pouvoir être capable de le tenir pendant 1h25. Et comme les contraintes sont nombreuses et très restrictives (un lieu principal - la cage - une contrainte de temps -l'oxygène), le plus gros danger est de ne pas arriver à renouveler son action et son suspense, surtout avec des personnages mal degrossis

Et c'est malheureusement ce qui se passe puisque 47 Meters Down peine à intéresser le spectateur avec son histoire ultra classique qui ne surprendra personne. Si vous avez déjà vu un film de ce genre, vous connaissez déjà la fin et vous n'aurez aucune surprise. La mise en place extrêmement laborieuse est étirée ad nauseam pour gagner du temps, le suspense une fois en pleine crise ne fonctionne que rarement et il faut attendre la dernière partie du film pour qu'enfin quelque chose de surprenant n'arrive et que le tout s'énerve un peu.

 

Photo In the DeepAbyss : Cage Edition

 

Evidemment, par sa nature de petit film à concept, 47 Meters Down devait avant tout nous proposer une ambiance unique et marquante et des requins terrifiants. Ce n'est malheureusement pas le cas puisque le film peine à trouver son tempo, trop étiré, ne réussit pas à installer une ambiance pesante (pour une raison que nous évoquerons tout à l'heure) et opte pour le très mauvais choix de faire de ses requins des générateurs à jump-scares.

En effet, ils apparaissent et disparaissent à loisir et cela détruit totalement leur potentiel horrifique puisque ils n'accèdent ainsi pas au statut pourtant obligatoire de menace omniprésente, d'ombre au loin, de terreur symbolique. Là, nous sommes face à un boogeyman avec des nageoires et c'est un peu dommage.

 

PhotoBleu d'enfer

 

THE DESCENT

Pourtant, 47 Meters Down recèle de quelques beaux moments et il faut reconnaitre la prouesse technique d'un tournage sous-marin qui est accomplie ici. Même s'il y a beaucoup de plans truqués, les requins sont beaux et il arrive de rares fois que l'on en ressente toute la puissance inquiétante. Les comédiens aussi sont convaincants, même si Matthew Modine fait le minimum syndical, il faut reconnaitre que Claire Holt et Mandy Moore s'investissent totalement dans leurs rôles.

 

PhotoDans les profondeurs de l'angoisse

 

Malheureusement, et c'est l'autre gros point faible du film, l'écriture de l'histoire est insupportable. Tout y est surligné, souligné, mis en lumière pour être sûr que le spectateur comprenne ce qui est en jeu et une bonne partie de son action consiste à ce que les comédiennes disent ce qui vient de se passer ou ce qu'elles vont faire, flinguant ainsi tout le suspense recherché. Et c'est assez horripilant d'avoir l'impression d'assister à un commentaire audio du film alors que l'on cherche à se mettre dans l'ambiance.

Cette surabondance de réactions totalement artificielle nuit aussi à la cohérence de l'ensemble puisqu'en ne la fermant jamais, elles consomment quand même beaucoup d'oxygène. Et c'est assez désolant de constater que lorsque le film laisse tomber ce procédé dans sa dernière partie, immédiatement, le concept fonctionne, le spectateur est happé et tout s'arrange. Vraiment dommage.

 

Affiche

Résumé

47 Meters Down ne révolutionnera pas le genre et surfe clairement sur le succès de Instinct de survie. Une bonne intention handicapée par une volonté d'en faire trop pour se démarquer mais un moment sympathique pour les spectateurs les moins exigeants. Par contre, on vous prévient tout de suite, on est très loin de Sharknado là.

Lecteurs

(2.8)

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commentaires

Opale
25/04/2020 à 18:33

Instinct de survie est top, j'ai adoré! Pas vu 47 meters down mais une sorte de suite ou volet nommé 47 meters down uncaged et bien c'est pas terrible...

Marvelleux
24/04/2020 à 16:00

A quand un dossier sur Mandy Moore,

Numberz
24/04/2020 à 09:38

@ tristor

Ouaip. Le macguffin était auditif cette fois, quand un des mecs du bateau dit attention à l hallucination faute d'oxygène. La partie remontée avec sa copine entourée de 3 requins jusqu'au bateau est un trip. Bien foutu d'ailleurs la remontée. On voit qu'elle trip sur le bateau en regardant la main qu'elle s'est taillé. Sa copine s'est faite bouleter par le requin. D'ailleurs, vu l'attaque de celui ci, pas de doute. Surtout quand on nous fait croire qu'elle pisse le sang et qu'elle ne se fait pas attaquer..

Tristor
23/04/2020 à 23:08

Je n'ai pas compris la fin, une seule s'en sort?

Numberz
23/04/2020 à 23:06

Je veux juste signalé après ce film shark alert. Mon dieu j'ai les yeux qui saignent

quiete14
20/07/2018 à 22:58

Vraiment bon film étant une fan inconditionnelle de instinct de survie il était pour moi primordial de voir ce film. J’ai pour la première fois eu des sentations de stress et de clostrophobie dans un film de requin pourtant dieu sait que j’en ai vu. Les requins étaient juste magnifique. J’ai cependant été déçu de la fin pour moi c’est le point négatif de ce film. Je pense que ça ne vaut pas instinct de survie mais il est quand même très bien.

Anonyme
02/04/2018 à 22:20

J'ai bien aimé le film même si passages ennuyeux et requins pas assez présent. Mais la fin est vraiment très bien

missnono12
12/02/2018 à 16:49

j ai regardé le film mais je n ai pas compris la fin liza meurt elle . Quelqu un pourrait il m expliquer?

Reallu
01/10/2017 à 19:02

Film tres mauvais eco+

Shagon
01/10/2017 à 16:18

Je me mets toujours en veille devant les films de requin pour apprécier un minimum mais non, là, c'est même pas possible... Scénario amateur, sang grenadine LIDL et personnages insupportables.

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