Instinct de survie : critique qui a du mordant

Laurent Pécha | 1 juin 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:43
Laurent Pécha | 1 juin 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:43

Entre un pitch alléchant et des trailers efficaces, Instinct de survie a fait joliment monter la sauce au point que l'on se dise qu'il était possible de revoir en salles un bon film de requin. Alors plus Les Dents de la mer que Sharknado, cet Instinct de survie ?

REQUIN, TOUJOURS MEILLEUR QUE REQU-DEUX

Le film de requin(s), un sous-genre en soi qui a rarement accouché de bons films. Hormis le chef d’œuvre de Steven Spielberg, on doit compter sur les doigts d’une petite main les longs-métrages dignes d’un réel intérêt cinématographique (Peur bleue et The Reef). Pour le reste, c’est le plus souvent du gros nanar qui se concurrence à coups de CGI plus foireux les uns que les autres (les Sharknado en tête). C’est dire à quel point les premières images d’Instinct de survie via une bande-annonce redoutablement efficace, ont suscité une réelle curiosité doublée d’une certaine excitation. Au point de se dire qu’on tenait là ce bon petit thriller aquatique qu’on n'attendait plus.

Qu’importe si le script dormait depuis des années dans les couloirs d’Hollywood, que le réalisateur, Jaume Collet-Serra, s’est perdu en sur-filmant Liam Neeson à Berlin, dans un avion (Non-Stop) après des débuts pourtant prometteurs dans l’horreur (on pense surtout à Esther). Tant pis aussi si Blake Lively n’a pas encore prouvé qu’un film pouvait reposer uniquement sur sa personne. On est entré dans la salle en y croyant dur comme fer.

 

Instinct de survieC'était drapeau vert pourtant

 

Et pour une fois on a eu raison de se lasser porter par notre optimisme. Alors, non, Instinct de survie n’est pas le grand film de flippe aquatique que l’on s’était imaginé. S'il souffre de nombreuses lacunes, aucun défaut majeur ne l’empêche d’être cet excellent divertissement estival qui vous fera passer 85 minutes relativement stressantes (pour les plus émotifs) ou divertissantes (pour les autres). S’appuyant sur une Blake Lively affutée comme jamais et tout aussi juste émotionnellement, Jaume Collet-Serra nous transporte dans un suspense marin conceptuel.

Le film lorgne du côté de 127 heures et dans une moindre mesure Gravity en lui empruntant le goût de survivre et de surmonter le deuil de son héroïne, chose qui n’était pas vraiment développée dans le scénario original d’Anthony Jaswinski.

 

Blake LivelyBlake Lively

 

LA PROCHAINE FOIS ON IRA A LA MONTAGNE

Habile technicien, le réalisateur espagnol parvient avec une réelle maestria à faire monter la tension en jouant à fond la carte de la suggestion. Son requin blanc, on ne le verra que très peu (hormis dans un final sans doute trop démonstratif eu égard à la sobriété visuelle qui a précédé). Pour autant, une fois que le survival a réellement débuté après une petite vingtaine de minutes relativement bien gérée, la menace du squale est constamment palpable. Au point que toutes les séquences mettant Nancy au contact presque direct avec le prédateur, font vertigineusement monter l'adrénaline.

 

Blake LivelyUne balade qui va mal tourner

 

D’où une certaine frustration de constater qu’elles sont souvent trop courtes malgré des idées visuelles étonnantes (le rouge sang qui remplit tout le cadre, le ballet aquatique avec les méduses,…) et surtout pas assez nombreuses. C’est sans doute là qu’Instinct de survie perd la chance de devenir une référence absolue du genre en laissant son héroïne trop souvent seule face à son destin sur son rocher providentiel, soignant sa méchante blessure tout en discutant avec un ami animalier providentiel (une mouette).

Dans ces moments, on regrette que la structure scénaristique ne l’oblige pas à se confronter plus directement avec la bête qui rode. Pour autant, cela permet sans doute aussi de décupler l’efficacité diabolique des séquences d’attaque que l’on se met à attendre avec une impatience de plus en plus grandissante, convaincu notamment par la représentation très réaliste de notre squale numérique (sans doute le meilleur à ce jour vu au cinéma).

 

Affiche

Résumé

Le parfait divertissement estival. Efficace de bout en bout, Instinct de survie nous réconcilie avec le film de requin. Au point qu’on oublie presque qu’il avait le potentiel pour faire beaucoup mieux.

Autre avis Alexandre Janowiak
Instinct de survie est un petit survival divertissant et amusant, mais agace avec ses innombrables incohérences et son propos gnangnan. Les Dents de la mer a encore de beaux jours devant lui.

Lecteurs

(4.3)

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commentaires

Zarbiland
02/06/2020 à 18:05

Fasciné par les films de requins et pratiquant de surf, j'ai du le voir 5 ou 6 fois.
Vraiment le panier haut du genre. Fun, bien réalisé, une mécanique et un rythme à la Gravity. Tout bon

Kyle Reese
02/06/2020 à 01:49

J’aime bien ce film.
Techniquement bien réalisé, idées simples mais efficaces.
Il m’a tenu en haleine jusqu’au bout et pas seulement pour la plastique et le jeu de l’actrice.
La fin est un peu too munch mais ça passe quand même.
Quand la tension et le suspense sont bien menés j’ai tendance à oublier les quelques petites incohérences et profite du spectacle. Je n’avais pas vu bcq de film de requins, sauf Jaws et sa suite mais celui-ci en tant que survival bien tendu et bien réalisé me semble plutôt être dans le haut du panier.

pc
01/06/2020 à 23:48

Peu ou pas d'accord avec les messages précédents, mais bon ça reste un avis personnel. J'ai enfin trouvé un film de requin un cran au dessus de toutes les productions débiles (parfois drôles) et/ou toutes celles se prenant au sérieux depuis des lustres. Certes pour ma part "les Dents de La Mer" reste le mètre étalon, le film parfait du genre (personnages attachants et charismatiques, narration géniale, requin quasiment invisible mais tellement présent, tension formidable portée il est vrai par une mythique BO, leçon de réalisation), enfin bref le must absolue. Mais cet "instinct de survie" au delà de Blake Lively (oui elle est agréable à regarder et alors ? tant mieux ! d'autant plus que son jeu est solide.) est plutôt bien foutu, Tension crescendo, belle photographie,réal nerveuse, requin de synthèse extrêmement crédible, pas de temps mort. un très bon divertissement. Quant à la crédibilité des scènes, c'est du cinoche. Il faut accepter les enjeux, les incohérences. Ce n'est pas prendre les gens pour des débiles que de servir de l'incohérence si c'est bien fait. le cinéma sublime la réalité mais ça ne l'est jamais. Sinon plus aucun film notamment de genre ne tiennent la route. Quant à ces pauvres requins transformés pour le cinéma en tueurs en série ou autre animal vicieux et calculateur (sic) alors qu'en réalité il n'est finalement qu'un (magnifique) prédateur classique évoluant dans son milieu que dire....Simplement qu'en acceptant ce début de postulat on accepte déjà l'incohérence.

tuk
01/06/2020 à 22:57

Vu, et c'est une catastrophe ! La nana meurt de faim, mange un crabe cru.... Aprés seulement quelque heures !! Comme si elle avait pas manger de 3 jours lol.
C'est une succession d'incohérences, à l'image de ce requin qui s'obstinent sur la surfeuse, alors qu'il a une baleine morte toute fraiche pour luii et dés le début
Il vaut mieux regarder les 2 "47 meters downs" qui sont dja un peu mieux

Andrew Van
01/06/2020 à 21:00

J’ai eu du mal avec ce film car je ne comprends pas la motivation du requin… Il veut clairement la bouffer et il insiste beaucoup trop…

sylvinception
06/08/2018 à 10:54

Elle est trop bonne, Blake...
(cherchez pas d'autre intérêt au film, y en a pas. Sauf si vous kiffez les mouettes)

riddick2k3
06/08/2018 à 10:11

@gojo c'est Bait le film

gojo
05/08/2018 à 13:05

Il y avait un film qui traînait sur youtube ou des requins se trouvaient dans un supermarché et dans ses sous-sols après le passage d'un tsunami. Je crois que le film est australien, j'ai plus le titre mais c'est un sharkmovie recommandable.

L'autre
05/08/2018 à 10:57

Vous noterez au générique que la mouette s'appelle "steven seagull" ...j'adore ;-)

jorgio69
04/08/2018 à 23:25

Un film très agréable à suivre qui ne prétend pas renouveler le genre mais qui l'exploite avec respect.
En ce qui concerne l'actrice et sa plastique, on peut pas lui reprocher d'être jolie ou même de dire qu'elle est un peu trop dénudée. Il y a certains plans où le réalisateur se fait un peu trop plaisir et j'ai cru me retrouver sur "Bienvenue à Beaufland". Mais je l'ai trouvé très attachante et totalement capable de porter le film. Chapeau :D

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