Best-of Michael Bay

Simon Riaux | 29 juin 2011
Simon Riaux | 29 juin 2011

Saint Michael filmez pour nous ! Ce qu'il y a de bien dans la filmographie fumante du monsieur, c'est que même ses oeuvres les plus foutraques contiennent une scène d'anthologie. Que ses délires vous filent la nausée ou vous enchantent, difficile de renier le plaisir simple et entier ressenti lors du visionnage de certaines séquences les plus emblématiques. Profitez donc de ce dossier, personne ne vous verra le lire, et puis... un peu de honte est vite passée. Aux armes cinéphiles, god bless cinema !

 

 

 

 

 

Bad Boys, 1995

Premier film, première séquence, et déjà, tout est dit ! Grosse bagnole, grosses vannes, grosse biatch et gros flingues ! Tout cela mené de main de maître, et en trois minutes à peine s'il vous plaît. On ne pourra pas dire que le réalisateur ne nous avait pas prévenu. Plus sérieusement, voici une scène diablement réussie, baignant dans une lumière superbe et étouffante, entre esthétisme et chape étouffante de pollution. Michael Bay alterne répliques bien grasses et échanges acerbes avec bonheur, à l'image de ses plans, qui vont du gentil contre-champ à la maestria iconique. Déjà, l'artiste (carrément) nous annonce combien il se moque des conventions, et compte les tordre pour en tirer un étrange condensé, pop et vulgaire.

 

 

 

 

 

Rock, 1996

La séquence d'ouverture méritait largement sa place dans ce classement, pour ses qualités plastiques, sa puissance évocatrice, et le rapport installé entre le méchant du film (l'impérial Ed Harris) et le spectateur. Toutefois, et par souci de variété, voici une toute autre scène, au moins aussi remarquable, à savoir la rupture de ton majeure qui s'opère vers la moitié du récit. Brisant la logique du film de commando, Michael Bay offre à l'ensemble de son casting un pur moment de bravoure, la confrontation déchirante entre Michael Biehn et Ed Harris dans les ruines d'Alcatraz. Deux soldats au parcours différents, respectueux et admiratifs l'un de l'autre, poussés par les circonstances à s'entretuer. Et si l'obsession martiale du réalisateur était bel et bien sincère, et pas l'abominable tract pro-républicain pour laquelle on voudrait la faire passer ? C'est ce qui apparaît dans cette superbe séquence, où le metteur en scène sublime les notions de devoir, d'engagement et in fine de sacrifice, des valeurs certes pas franchement progressistes, mais éminemment respectables, à fortiori quand elles accouchent d'un pareil spectacle.



 

 

Armageddon, 1998

Pétri d'invraisemblances, bourré de clichés, riches de personnages complètements allumés, chauvin jusqu'aux bout des ongles, Armageddon est tout cela. Difficile de regarder le film dans son intégralité sans esquisser un sourire, voire éclater littéralement de rire. Et pourtant, à l'approche du générique, une étonnante émotion étreint le spectateur, et alors que l'impayable morceau d'Aerosmith retentit, il est trop tard, le piège s'est refermé sur le malheureux cynique. Car malgré ses ficelles grosses comme les cuisses de Tom Hardy, cette aventure est impeccablement construite, et parvient envers et contre tout à nous faire aimer ses personnages. Difficile de ne pas être débordé par l'empathie, et du coup de réévaluer les deux heures passées à se moquer du sieur Bay, alors que la dernière séquence s'amorce.



 

 

Pearl Harbor, 2001

Pas dit qu'avec ce film, le réalisateur ait atteint son objectif, à savoir renouer avec les grandes fresques hollywoodiennes d'antan. Pour preuve, les scènes d'action sont les seules où il se montre inventif et réactif. On oubliera donc les infirmières toujours propres, les baisers virginaux et les transfusions sanguines sponsorisées par une célèbre marque de soda, pour rendre hommage aux kamikazes japonais, qui, eux, nous épargnent toute considération romantique.




Bad boys II, 2003

Certes Michael Bay ne respecte pas vraiment le « bon goût. » Ni les femmes d'ailleurs. Quant aux minorités ethniques ou sexuelles, elles en prennent pour leur grade. À mieux y regarder, le metteur en scène ne s'arrête pas là, et passe littéralement TOUT à la moulinette de sa caméra démolisseuse. En témoigne cette scène, où il n'a aucun scrupule à proposer une poursuite composée de bagnoles, blagues grasses, et où pour corser le tout, on se lance à la figure... des voitures, rien que ça. Excessif, grandiose, baroque et barré, un peu inutile, Bad Boys II est tout cela, et bien plus gras encore !

 


 

 

The Island, 2005

Semi ratage pour Michael avec ce film de science-fiction dont il ne sait trop comment se dépêtrer, gêné par une intrigue dont les implications existentielles l'enquiquinent prodigieusement. Le réalisateur retrouve sa pêche le temps d'une séquence hommage à... Bad Boys II ! Over the top, bourrine comme c'est pas permis, cette séquence arrive comme une injection de stéroïdes dans la soupe... ça commence à sentir le n'importe quoi.




Transformers, 2007

Le temps d'un bref affrontement au coeur de vingt minutes de bataille homérique, le Destructeur en chef nous offre exactement ce que l'on attendait de Transformers. Des robots géants admirablement réalisés se foutent sur la gueule avec sauvagerie, n'hésitent pas à détruire à peu près tout sur leur passage. Mieux encore, ils se transforment ! Un plaisir simple, enfantin, gratuit et immature, par conséquent indispensable.




Transformers 2, 2009

Gros truc difforme et parfois insupportable, on a souvent l'impression en regardant le film de voir des armes faire l'amour, le tout dans un crissement continu de pistons et autres douilles brûlées. Mais si la mine adipeuse de Shia Labeouf, les vannes loupées de son sidekick foireux ou encore les insupportables robots jumeaux ne vous achèvent pas, votre mâchoire devrait logiquement se décrocher devant le combat forestier. En effet, un semblant d'enjeu scénaristique s'y esquisse, tandis que la mise en scène se fait soudainement (enfin ?) plus ample et dramatique. Optimus Prime y est fabuleux de puissance, ses adversaires redoutables de cruauté. On serait presque ému devant de si belles CGI !


 

 


Une dernière pour la route

Impossible de vous abandonner sans vous montrer une scène aussi ridicule que totalement improbable, et par conséquent, jouissive. Voici ce qui se passe quand le glorieux Michael mélange en secouant très fort : une pincée de sexe adolescent, des jolies pépés, des robots vindicatifs, et un litron de vaudeville. La (courte) scène est en allemand, mais cela ne devrait en aucun cas vous empêcher d'en comprendre les enjeux, clairement situés sous la ceinture.

 

 

 

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