Saw : le classement de la saga, du pire au moins pire

La Rédaction | 18 juillet 2021 - MAJ : 19/07/2021 16:44
La Rédaction | 18 juillet 2021 - MAJ : 19/07/2021 16:44

À la fois actrice et conséquence d'un mouvement cinématographique hérité du cinéma d'exploitation le plus loubard, condamnée à chacune de ses itérations par la presse à l'oubli avant de revenir plus populaire encore, témoin d'une esthétique qui survit maladroitement, la saga Saw est tout bonnement increvable.

Après 7 opus tous plus rentables les uns que les autres, elle est revenue sournoisement en 2017 par le biais d'un spin-off visant surtout à ne pas faire mentir le titre de Saw 3D - chapitre final. En 2021, elle parvient encore à se frayer un chemin dans des salles pourtant conquises par l'épouvante post-Insidious et ses jump-scares démonologiques réchauffés, avec Spirale : L'Héritage de Saw. Vu que les pontes de Lionsgate et Twisted Pictures, avec la complicité de Darren Lynn Bousman, entendent bien exploiter la licence jusqu'à l'overdose, Ecran Large se lance dans un classement.

 

 

Il n'a pas été facile de départager ces 8 films, relativement interchangeables. Mais les pulsions masochistes de la rédaction ont imposé un revisonnage studieux et des débats houleux, dont l'aboutissement est ce dossier, les classant du pire au meilleur (enfin, au plus regardable). Âmes sensibles et épileptiques s'abstenir.

 

photoUn classement qui va vous laisser bouche bée

 

8. Saw 3D - chapitre final 

Les règles du jeu : Tout va à veau l'eau. Les gens se font trucider dans des vitrines, Hoffman (le dernier tueur en date) est encore vivant et un crétin en quête de célébrité s'imagine un passif de victime. Alors que ce dernier se retrouve sans grande surprise dans un immense piège, la police fait tout pour retrouver celui dont elle connait désormais l'identité, tout en protégeant Jill, l'ex-épouse du défunt cerveau de l'opération. Mais à la fin, surprise : le disciple de Jigsaw, qui secondait en fait la disciple de Jigsaw, ne parvient pas à se venger de la disciple de Jigsaw, car, dans l'ombre, c'était le disciple de Jigsaw qui tirait les ficelles.

Pourquoi c'est le pire : La nullité de ce 7e opus tient surtout à la terrible lassitude qui étreint son spectateur. Après 5 films plus stupides, plus moches et plus racoleurs les uns que les autres, la promotion s'est rabattue sur son dernier joker, la 3D, et des promesses d'apothéose douteuses. Tout ça n'était évidemment que mensonge, et on s'est vite rendu compte que derrière cette affiche représentant une statue géante de Tobin Bell (?) et cette bande-annonce montrant un public pris au piège dans la salle de cinéma (??), il n'y avait rien, sinon une énième démonstration de la fadeur des nouveaux antagonistes et de la lourdeur de la traditionnelle armada de twists.

 

 

Tout de même doté d'un budget de 20 millions de dollars, cet ultime (rires) chapitre de la franchise faillit à des promesses auxquelles personne n'a jamais cru. Si quelques pièges particulièrement improbables et absolument impossibles nous empêchent de sombrer dans un sommeil inespéré, le scénario d'une faignantise spectaculaire, les décors dignes du Ikea de Vélizy-Villacoublay et un casting à peu près aussi vivant que la fameuse marionnette achèvent de faire s'échouer le cadavre d'une franchise qui aurait du s'arrêter à la moitié du premier film.

Le meilleur piège : Heureusement, Chapitre final a le mérite de proposer l'un des plus généreux pièges de la saga. Tout est hilarant dans cette séquence, du pitch de Jigsaw, qu'on pourrait résumer par : "vous êtes racistes, et au fond on est tous pareils, alors tu dois t'autodépecer", à la conclusion, festival de tripaille cadrée en gros plan (mention spéciale au mec qui se fait arracher 2 bras et un menton), en passant par la pénible tentative de résolution et le décollage de dos d'Evan, joué par Chester Bennington, chanteur du groupe Linkin Park. Rock'n roll. 

 

photo, Chester BenningtonCette banquette coûte la peau du dos

 

7. Jigsaw

Les règles du jeu : Dix ans après la mort de John Kramer, ce fameux Jigsaw n’a pas fini de faire parler de lui, puisque cinq personnes se trouvent enfermées et soumises aux pièges du tueur en série. Et finalement, le film Jigsaw met en exergue le premier grand jeu réfléchi par l'antagoniste fétiche de la saga qui a invité Anna, Ryan, Mitch, Carly et Logan Nelson (un futur disciple du criminel), à participer à son petit manège. Une belle bande de vainqueurs pas certains de tous repartir vivants de cette affaire.

Pourquoi c'est si nul  : Pour bien lancer les hostilités, le huitième film de la franchise est sans grand intérêt et n’a même pas le mérite de conserver le charme de la saga : le génie des pièges. Globalement, les plans de Jigsaw sont assez pauvres et la mise en scène des mécanismes et la tension morale qu'ils impliquent sont tout simplement absentes de cet épisode. Effectivement, on ne s’inquiète jamais pour ces personnages qu’on espère juste voir mourir le plus rapidement possible (et dans la plus grande souffrance). Mis à part le personnage d’Anna qui possède un véritable lien avec Jigsaw et une duplicité morale, tout le reste est à jeter à la poubelle d’une boucherie de Montargis. 

 

PhotoUne bande d'amateurs

 

Et en plus, la partie sur les flics et l’origine du disciple de Logan Nelson est tout simplement insipide, les acteurs tout aussi ternes. Ce beau gâchis est l’illustration d’une formule routinière et quelque peu datée où l’ultra-violence gratuite, sans la moindre once de réflexion, nous est livrée sur un plateau en bois tâché d'huile de sésame. Alors que les premiers longs-métrages avaient le mérite de raconter une vraie histoire, ici on ne prend même pas la peine d’en écrire une à peine correcte. 

Le meilleur piège : Même si les pièges témoignent généralement d’un manque d’imagination chronique de la part des scénaristes, le manque d’expérience de notre bon Jigsaw peut certainement expliquer (ou pas) la banalité du jeu. Néanmoins, un piège parvient à se détacher des autres par son ingéniosité, mais aussi par sa conclusion explosive. Anna, l’ancienne voisine de Jigsaw, et l’unijambiste Ryan se retrouvent enchaînés de chaque côté d’une pièce, avec en son sein le grand Jigsaw en train de préparer le mécanisme d’un piège.

Après avoir révélé les agissements de ses deux prisonniers, il laisse un fusil chargé d’une cartouche qu’il présente comme la clef de leur survie. Anna s’empare du fusil et n’hésite pas à tirer, mais l’arme se trouve être piégée et c’est finalement elle qui se prend la balle en pleine face, la défigurant totalement (et la tuant évidemment). Ryan remarque que la cartouche contenait les clefs de leurs cadenas, mais en tirant, Anna les a en réalité détruites et a scellé le destin de ce pauvre Ryan, condamné à mourir dans cette pièce.

 

Photo , Mandela Van PeeblesEncore des seringues...

 

6. Saw IV

Les règles du jeu : Jigsaw est mort pour de bon cette fois-ci, ouvert en long, en large et en travers sur une table d'autopsie. Sauf que son corps cachait une cassette adressée au détective Hoffman pour lui faire passer une ultime épreuve. Avec les deux agents du FBI Strahm et Perez, il va enquêter sur le dernier puzzle de Jigsaw. Sauf que Hoffman disparaît et est piégé à son tour. Strahm et Perez cherchent à retrouver sa trace en suivant les indices de feu le tueur.

En même temps, on suit le policier Daniel Riggs dans une succession de pièges où il doit apprendre à lâcher prise... jusqu'à ce qu'il finisse par tomber sur l'endroit où Hoffman est piégé. Sauf qu'en fait, il n'est pas piégé, Hoffman, c'est juste le complice de Jigsaw. Riggs meurt et au même moment, Strahm (seul, car Perez s'est faite shooter) arrive à l'endroit où se déroulaient les épreuves de Riggs. Il tombe sur le corps de Jigsaw... car en fait, tout le film se passe en même temps que le III (wow). Sans se montrer, Hoffman enferme Strahm dans la pièce. Fin.

Pourquoi c'est celui qui mérite le plus d'être haï : Parce que c'est le film qui a finalement lancé la course à la surenchère de la franchise. Après tout, après le troisième film, Jigsaw était mort et la saga pouvait donc se stopper. Ici, Bosman et compagnie relancent tous les enjeux (hyperbole) de la saga dans un gloubi-boulga complètement teubé.

 

photo, Tobin BellIl est mort, mais pas son héritage

 

La nouvelle balade dans le pays des tortures avec Riggs, qui décidément est un des personnages les plus cons de la saga (un de plus), est franchement inintéressante et on s'ennuie ferme. C'est pas faute pourtant de tout donner en termes de twists et de rebondissements entre les personnages morts de retour (welcome back Wahlberg), les personnages évoqués deux minutes de retour (Jill, Riggs), l'origin story de la folie de John Kramer avec l'explication autour de la perte de son enfant, Jill et surtout le grand twist final où on découvre que le IV se passe... en même temps que le III. C'est peut-être le seul truc amusant du film, parce qu'il prouve à quel point les scénaristes et producteurs seront prêts à tout pour continuer leur débilité.

Le meilleur piège : Le plan où deux blocs de glace explosant la gueule de Matthews est sûrement une des images les plus drôles de la saga. Mais on a pas mal d'amour (oui on est déviant) pour le piège visant le directeur du motel, violeur en série. Le mec doit choisir entre se crever les yeux pour survivre ou ne rien faire et se faire démembrer sauvagement. Chance pour nous, il décide de se crever un seul oeil et nous offre un spectacle bien gorasse où ses membres sont déchirés et jetés au milieu de la chambre. Ragoûtant.  

 

Photo Lyriq Bent, Marty AdamsEn voilà une scène amusante avec des membres qui volent

 

5. Saw VI

Les règles du jeu : Comment résoudre une enquête simple comme bonjour, quand on souffre d'une amputation sauvage du cerveau ? C'est manifestement l'interrogation philosophique qui soutient cette belle intrigue, alors que nos amis laborantins et policiers s'agitent mollement pour découvrir qui est le disciple de Jigsaw, sans comprendre qu'il s'agit évidemment de leur collègue psychotique et chelou.

Car oui, dans les beaux arts, Hoffman est une figure de l'opéra fantastique allemand, mais dans Saw, c'est un bon gros veau persuadé d'être diabolique, quand il est surtout un veinard du meurtre. D'où une enfilade de scènes toutes plus grotesques les unes que les autres alors que nous le suivons effaçant ses traces à coups de tranchoir, pendant que sa nouvelle victime se démène pour échapper à une série de pièges qui provoquent la mort de quantité d'innocents qui n'avaient rien demandé. Heureusement, tout le monde sera puni à la viande, y compris Hoffman, encore vivant, mais victime d'une petite opération de la mâchoire impromptue.

Pourquoi c'est mieux que Plus belle la vie  : Parce que dans le quartier du Mistral, on en croise des fous furieux, des idiots, des comédiens cabotins, des méchants prêts à inventer des concepts diaboliques. Mais jamais ils ne peuvent exprimer la grandeur de leur médiocrité à travers un jeu de massacre ultra-baveux, du genre à donner la nausée à un équarrisseur émérite. Et pour le coup, le massacre prend ici des proportions pas loin de la plus démente absurdité.

 

photo, Tanedra HowardPas de bras, pas de chocolat !

 

Il faut bien comprendre que si tous les épisodes précédents avaient à peu près un atout auquel le spectateur était susceptible de se raccrocher, difficile d'en dire autant pour ce chapitre, qui doit faire progresser une intrigue devenue d'une complexité absurde, gérer une galerie de personnages issus du plus consanguin des soap-opéras, et nous convaincre d'une réalité problématique : ce bon Hoffman, avec son charisme d'ampoule et ses yeux torves, serait un génie du mal invincible.

Autant dire que le "fil rouge" est donc condamné à osciller entre stupidité et pirouettes constantes. Du côté des victimes, la saga tourne tellement en rond qu'elle ne comprend plus rien à ses propres principes. On trouve ici et là des innocents sacrifiés sans l'ombre d'un début de prétexte (ah les pauvres "pitbulls" de notre antihéros, figurants oubliés et déchireurs de tympans hors pair). Un non-sens qui culmine lors du grand final, sorte de fête à neuneu où tout le monde se piège sans trop comprendre pourquoi. Mais cette orgie de n'importe quoi atteint un tel degré de manifeste invraisemblance que c'est bien elle qui confère un semblant de charme à cet épisode perclus de flash-backs.

Le meilleur piège : C'est bien sûr le premier, celui ouvre le film, car c'est le seul de tout le long-métrage qui réunit idéalement tous les ingrédients de la recette Saw. Il est passablement gore, puisqu'il exige de deux victimes en concurrence de retirer de leur propre corps la plus grosse masse de chair avant la fin d'un compte à rebours qui provoquera leur trépanation. Par conséquent, nous voilà devant une scène à la cruauté extrême, traversée de visions gores étonnantes, notamment quand un des deux participants s'éventre fébrilement. Mais ce qui assure sa réussite sanguinolente, c'est le mauvais esprit qui y infuse, alors que chacun essaie d'évaluer combien il va devoir découper de lui-même pour provoquer la mort de son compagnon d'infortune.

 

photo, Costas Mandylor"Il en reste un peu, je vous en remets ?"

 

4. Saw V

Les règles du jeu : Démarrant exactement là où le IV s'est terminé, l'intrigue retrouve Strahm piégé par une confection de Hoffman... mais en s'ouvrant la gorge pour pouvoir respirer, il réussit à survivre et est sauvé. Persuadé qu'Hoffman est derrière tout ça (vu que c'est le seul survivant du carnage du IV), il va tout faire pour l'arrêter.

Au même moment, cinq personnes lambda sont piégées dans une pièce (un peu comme dans Saw II) et doivent essayer de trouver leur point commun pour s'en sortir ensemble. Évidemment, ils vont faire de la merde et mourir presque un à un. Surtout qu'on s'en fout d'eux puisque c'est le jeu du chat et de la souris entre Hoffman et Strahm qui est au coeur des enjeux de la saga (encore lol) et pas de chance pour Strahm, il va perdre se faisant piéger et mourir écrasé par le poids de la connerie de l'histoire.

Pourquoi c'est assez fun à suivre : Parce que le deuxième film était un des meilleurs (moins pires, soyons honnêtes) et que ce cinquième opus lui ressemble beaucoup avec son groupe de personnes piégées ensemble. Voir cinq personnes complètement dénuées de logique finir décapitées, clouées, électrocutées... a donc quelque chose de plutôt amusant. D'autant que le film l'offre par pur divertissement, cette succession de pièges n'ayant absolument aucun intérêt narratif et existant juste pour jeter quelques moments drôles et sanglants au visage du spectateur.

 

photoLe groupe présent pour faire passer le temps

 

C'est en effet dans le conflit entre Strahm et Hoffman que ce cinquième film module ses enjeux et est le plus efficace. Découvrir Hoffman dans le rôle du nouveau Jigsaw, lui qui est assez cool, assez fin manipulateur, bref, un antagoniste à la hauteur de la saga (c'est à dire pas très haut, mais c'est déjà ça), apporte enfin du drame avec les raisons de son engagement dans la cause Jigsawienne (même si les flashbacks plombent tout ça) et de vraies confrontations.

En résulte la chasse entre les deux hommes, qui est d'autant plus drôle que les deux acteurs Costas Mandylor et Scott Patterson se ressemblent pas mal. Et vu la mise en scène, on peut vite se retrouver à les confondre dans le noir, ne sachant plus qui prend le dessus sur l'autre, ce qui ajoute un peu de piment au suspense.

Le meilleur piège : Difficile de dégager un piège au-dessus d'un autre dans celui-ci. Peut-être qu'on a envie de parler de la hache en mode pendule, prouvant encore la qualité en ingénierie de Jigsaw et de ses compères (ici Hoffman donc). Une hache aussi grosse que l'arme du zombie chelou de Resident Evil : Afterlife s'abaisse peu à peu sur la victime jusqu'à finir par découper par à coups le ventre du monsieur pour bien le faire souffrir. Du Saw pure souche.

 

photoHoffman, un antagoniste sans charisme, mais pas si pire

 

3. Saw III

Les règles du jeu : Eric Matthews est toujours enfermé dans la pièce du premier Saw, mais l’idée de s’amputer le pied lui plaît moyennement. Il opte donc pour une tactique différente : se péter la cheville avec la cuvette des chiottes pour rendre son pied beaucoup plus flexible. On s’arrête ici pour Eric, qui reviendra quand même dans Saw IV.  De son côté, John est vraiment mal en point. Avec l’aide d’Amanda, il enlève le docteur Lynn Denlon, lui reproche d’avoir été trop froide avec lui quand elle lui a annoncé son cancer, et lui explique que sa tête explosera si elle n’arrive pas à le garder en vie en lui ouvrant le crâne. Entre temps, la collègue d'Eric, Allison Kerry, est enlevée et étripée après un jeu qu'elle a perdu.

Pendant ce temps, Jeff, une autre victime, se réveille enfermé dans une caisse en bois. Afin de lui apprendre le pardon, John le confronte à toutes les personnes qui ont un rapport avec la mort de son fils, trois ans auparavant. Jeff s’en sort et atterrit dans l’entrepôt où se trouve Lynn, qui est en fait sa femme. Amanda tire sur Lynn, Jeff tire sur Amanda, mais manque de bol, John annonce à sa disciple que c’était en fait son jeu depuis le début. John prévient ensuite Jeff qu’il ne doit pas le tuer s'il a retenu la leçon. Jeff l'égorge quand même et John lui révèle qu'il était le seul à savoir où se trouve leur fille qu'il a enlevée, puis la tête de Lynn explose. 

Pourquoi c'est pas si nul :  Après deux propositions assez différentes, Saw III marque un tournant dans la saga en tuant John Kramer et en amenant l’idée d’un héritier après avoir dévoilé qu’Amanda était sa complice dans Saw II. C’est à partir de cet événement que la saga part en vrille, mais développe aussi pleinement sa mythologie pour dévoiler l’ampleur de l’oeuvre du Tueur au Puzzle sur toutes ces années.

 

photoJ'ai un peu trop picolé moi hier soir

 

Si le premier reste le volet le plus soft et que le deuxième paraît bien timide à côté des suites, Saw III est le premier à réellement s’assumer en tant que torture porn, avec des pièges plus sadiques et inventifs, mais qui veulent surtout nous dégoûter à nous faire gerber (la cuve pleine de cochons broyés est le meilleur exemple). Le film réalisé par Darren Lynn Bousman ponce également son principe du "tu l'avais pas vu venir, hein ?" et enchaîne les révélations dans son dernier acte, certaines fonctionnant mieux que d'autres. La souffrance est devenue gratuite, l'équilibre pour ne pas tomber dans le risible est précaire, mais la bride est enfin lâchée, pour le meilleur et pour le pire.

Le meilleur piège : Le préféré de John selon ses dires, qu'il a baptisé "le Chevalet". En rentrant dans la pièce, Jeff découvre celui qui a renversé son fils attaché à un mécanisme. L'un après l'autre, ses bras, ses jambes, puis sa tête sont lentement tordus par l'attirail, le film laissant durer la scène avec tout ce qu'elle comporte de hurlements et de bruits de fractures. Pour le libérer, Jeff doit se prendre une balle de fusil, mais il refuse, puis se laisse convaincre de le sauver par le juge qu'il avait épargné plus tôt. Par chance, il réussit à récupérer la clef et à esquiver le coup de feu, qui tue le juge qui passait derrière juste à ce moment-là (dommage), mais trop tard. Et malgré les protestations de Jeff, qui accorde finalement son pardon au jeune homme, sa tête continue de tourner.

 

photo, Mpho KoahoMon manège à moi, c'est toi

 

2. Saw II

Les règles du jeu : Suite à un nouveau meurtre, le détective Eric Matthews parvient enfin à localiser Jigsaw, qui agonise dans son atelier. En parallèle, une poignée de pauvres hères lunatiques se retrouve prisonnière de l'escape game le plus retors du monde. Alors qu'ils tombent comme des mouches, on comprend qu'ils sont en réalité des victimes des abus policiers de Matthews. Pour sauver son fils, lui aussi prisonnier du piège, le détective violente son ennemi jusqu'à ce qu'il lui donne les coordonnées du terrain de jeu. Grave erreur : il se condamne lui-même, puisqu'il lui suffisait en fait d'attendre, la retransmission de la partie n'étant pas en direct. C'est ballot.

Pourquoi c'est quand même rigolo : La séquence d'ouverture de cette première suite définit carrément l'orientation de la saga. Si Saw était un thriller particulièrement crade, elle verse dans l'horreur frontale. Reste que, contrairement aux absurdités qui vont suivre, le long-métrage ne s'engouffre que timidement dans le grand n'importe quoi narratif. Certes, Darren Lynn Bousman, auteur d'un scénario sur lequel on a accolé la marque Saw, ne profite pas de son budget presque 4 fois supérieur à celui de la roublardise de James Wan pour atténuer ses effets cache-misère vomitifs, mais il nous gratifie d'un jeu de piste stupide plutôt divertissant.

 

PhotoLa consécration d'une star

 

Qu'importe si certaines scènes donnent envie de se crever les yeux avec des seringues usagées, si les personnages se transforment en abrutis ultras violents plus vite qu'ils ne passent l'arme à gauche, si les décors lorgnent sur les teintes du Z allemand et si les acteurs hésitent en permanence entre le surjeu baroque et le somnambulisme. L'avalanche de twists, tout improbable soit-elle, s'avère très ludique, tant et si bien qu'elle sera recyclée ad nauseam dans les opus suivants. Le début de la fin.

Le meilleur piège : Les bélénophobes du monde entier soignent encore à l'heure qu'il est leur stress post-traumatique après la scène de la cuve de seringues. Mais l'auteur de ces lignes n'étant pas particulièrement terrifié par les aiguilles, il préfère sélectionner le "piège à main", à mille lieues des machines babyloniennes qui feront la notoriété du tueur. Le principe est simple, mais franchement sadique, la stupidité du personnage concerné suffisante, la conclusion amusante. Que demander de plus ?

 

photoIn ze box, seulement sur Gulli

 

1. Saw

Les règles du jeu : Un réalisateur du nom de James Wan a eu un jour l’idée d’écrire un film sur un tueur en série fan de pièges et de puzzle. Ce même James Wan s’est dit que ce serait marrant de voir deux personnes enchaînées et emprisonnées dans une salle de bains par ce fameux criminel. Et pendant tout le film, ces deux protagonistes devront résoudre des énigmes aussi farfelues les unes que les autres. Voici mesdames et messieurs, le grand Saw !

Pourquoi c'est le meilleur : Parce que Saw réussit à combiner efficacité narrative et puissance graphique, sans pour autant oublier ses personnages. En effet, le lien fort entre le docteur Lawrence Gordon et Adam Stanheigt rend le tout plus qu’appréciable et assez unique à l’époque de sa sortie. Avec seulement 1,2 million de dollars, James Wan démontre qu’on pouvait sortir un film cohérent et divertissant, sans pour autant négliger la part d’empathie qu’implique une telle histoire.  

Même s'il n’est pas le digne héritier d’un David Fincher et de son SevenWan livre un thriller crasseux et cradingue, avec parfois un petit peu de hauteur pour tirer profit de ses séquences moins spectaculaires, notamment lorsque Adam rentre chez lui et se trouve obligé d’utiliser le flash de son appareil photo, afin d’éclairer son appartement. 

 

photoMais comment vais-je nettoyer la saleté avec ça ?

 

Le meilleur piège : Même si l’ensemble du long-métrage est un énorme piège, faisant tout l’intérêt de ce premier opus, la jambe coupée de Lawrence Gordon ne fait pas le poids face à la tension du piège subi par Amanda Young. Le visage de cette dernière se retrouve complètement soumis à un mécanisme complexe qui risque de lui faire exploser la mâchoire si elle ne retrouve pas la clef, se trouvant dans les entrailles du cadavre d’un bonhomme.

Sauf que le cadavre n’en est pas un, puisque le monsieur est bien vivant et Amanda est donc dans l’obligation de le tuer grâce à un couteau. Heureusement pour elle, Amanda retrouve la clef et parvient à se libérer de son terrible piège en bois mastoc. Par la suite, ce personnage deviendra un mythe de la saga et accompagnera en tant que disciple, les futurs jeux de Jigsaw.

Tout savoir sur Spirale – l'Héritage de Saw

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commentaires
Sebubo
20/07/2021 à 03:46

N'importe quoi!
Les mieux, ce sont saw6 et saw7 !
Les meilleurs pièges : je vous laisse les imaginer.

Mx
19/07/2021 à 14:54

peu importe, le "génie" des scénaristes?!!!

me fais pas rire, déjà comment peut on prendre au sérieux quelqu'un qui met en dernière position le film original, c'est juste pas possible;

a partir du 4ème film, ce n'est plus qu'une surenchère gore sans scénar , avec des twists épuisants, et des sous-flashbacks de flashback, saw 1, saw 3, saw 2, et c'est tout.

TheJoker
19/07/2021 à 12:41

On garde les trois premiers, les autres poubelles.

Nass
19/07/2021 à 12:11

Article très intéressant. J'aime beaucoup cette analyse.
Pour ma part, la trilogie (1, 2 et 3) m'a beaucoup marqué puis j'ai commencé à décrocher...
La bande son est également magnifique surtout du 3ème.

Pat Rick
19/07/2021 à 11:35

Les 2 premiers sont très bons (surtout le premier), les suivants sont plus faibles par contre la plupart sont tout de même divertissants.

GREG
19/07/2021 à 11:16

Attendez de voir Spiral vous aurez le pire du pire de Saw

Saw
19/07/2021 à 01:22

Très bien résumé.
Le 1 est excellent, le 2 et le 3 sont moins bien mais se regardent.
Apres c'est le néant, du pure torture porn. Biensur il y en a qui sont fan et vont trouver leur bonheur. Mais ces suites sont juste faites pour ces personnes là.
On évitera également de parler de Saw l'héritage, tout dernier sorti, qui essaye de relancer une histoire... rien qu'à voir la bande annonce c'est mort de rire, la franchise a clairement atteint sa limite même en temps que torture porn

Loh
18/07/2021 à 21:46

Les Saw c’est mon plaisirs coupable!
Le grand mérite de la franchise c’est de les avoir construit comme un ensemble. D’ailleurs à partir du 3 impossible de voir un épisode sans avoir vu celui qui précède sinon on ne comprends plus rien.

Atma
18/07/2021 à 21:13

"The saw must go on."

Jeu de mot d'or 2021. XDDDDDDDDD

A part le premier qui sortait du commun et passé la surprise de ce film, j'ai toujours ignoré cette série que j'ai toujours cru conçue pour des beaufs accros au torture-porn mais il parait que l'erreur est humaine... Finalement, il semblerait que ce classement me donne raison.

Peu importe
18/07/2021 à 20:36

C'est scandzleux decrire de telles choses. Le génie des scenaristes au niveau de l'intrigue est remarquable. Je pense que vous navez pas compris pour trouver ca aussi nul. Si les 3 premiers montent en puissance pour un final de dingue, à partir du IV tout est réinventé, prend de l'épaisseur, est savamment ficelé. Ce nest guere qu'à partir du 7 que ça perd en qualité. Et le 8 est clairement en dessous (personnages sans charisles, pièges simplissimes, on nous ressert le coup du "c'était pas en direct mais ya 10 ans en fait").

1er : 3/4/5/6 (indissociables, cest une seule et meme histoire)
2eme : le 2
3ème : le 1

Les autres n'entrent pas dans un classement.

Alors forcément vous parler zn termes de real de budget de gens qui ont fait les fills. Donc on ne classe pas sur les mêmes critères.

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