La Passion du Christ : le chemin de croix mystique et sacrificiel de Mel Gibson

Simon Riaux | 15 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 15 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Historique, sublime, insoutenable, gore, antisémite, mystique, grandiose, on aura tout lu et entendu sur l'épopée cinématographique de Mel Gibson. Décloutons ce long-métrage unique et mémorable.

En 2004, Mel Gibson est un acteur iconique des années 80, symbole du héros puissant et rebelle, passé à la mise en scène, dont Braveheart vient de s’imposer comme un succès critique, comme populaire. Ni ses frasques ni ses déclarations provocatrices ne semblent pouvoir altérer l’image de l’icône, qui se lance alors dans un projet follement ambitieux. 

Comme son titre l’indique, son prochain film, La Passion du Christ, traitera du martyr de Jésus. Parce qu’il va investir son sujet avec une force iconographique et une virtuosité stylistique qui n’appartiennent qu’à lui, il fera date, tant au box-office que dans la mémoire de ses très nombreux spectateurs. Mais s’il s’agit peut-être du grand œuvre de Mel Gibson, c’est aussi le long-métrage qui mieux qu’aucun autre, raconte ses propres démons et annonce sa chute. 

 

photo, Jim CaviezelCeci est une tartine

 

SAINT MEL CONTRE LE RESTE DU MONDE 

Le cinéphile pourrait avoir l’impression que seuls les grands réalisateurs, de loin en loin, osent se pencher sur la vie de Jésus ou sur les sujets bibliques. Les Dix Commandements de Cecil B. DeMilleLe Roi des rois de Nicholas RayL'Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini, La dernière tentation du Christ de Scorsese ou Jésus de Nazareth par Franco Zeffirelli apparaissant comme les plus nobles représentations du genre. 

Mais c’est oublier que derrière cette avant-garde plus souvent prestigieuse que provocatrice, le sous-genre se compose en grande partie de productions naïves et bigotes à destination du seul public américain. Des produits formatés tels que La Résurrection du Christ, rarement exploité au-delà de l’Amérique du Nord, exploitant une lecture volontiers niaiseuse des évangiles. Un cinéma que La Passion du Christ va pour ainsi dire pulvériser instantanément. 

Tout, dans le projet comme sa réception, atteint des proportions exceptionnelles. À commencer par l’exigence du cinéaste de tourner le film en  araméen et en latin (un choix radical qu'il prolongera sur Apocalypto), pour essayer de coller à l'esprit et l'âme de son sujet. Soit un travail colossal de pré-production, de préparation historique, de répétitions, mais également d'interprétation, le casting ayant non seulement à interpréter des langues mortes, mais à leur conférer une authenticité qui puisse toucher le public.

Le défi est énorme, mais ne satisfait pas tout à fait Mel Gibson, pour qui il est préférable de monter puis projeter le film sans sous-titres, tant il est convaincu que les comédiens et la représentation d'épisodes religieux connus suffiront au public pour comprendre l'action. Il devra revenir sur ce choix pour la sortie du film en salles, mais pas de gaieté de coeur.

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commentaires
Squeezy Henry
18/11/2020 à 13:08

Le film qui exorcise les anticléricaux tellement il redonne de la puissance à La Croix, au sacrifice du Christ et à l'évangile respecté à la lettre (jusqu'aux 23 coups de flagellation de fouet à dents cloutées !) tout en développant une imagerie entre Le Caravage (pour le sang, le casting) et Le Greco (pour les tons ocres, l'épure).
M'étonne pas que certaines âmes tièdes n'arrivent toujours pas à le regarder...c'est juste trop fort !

beyond
18/11/2020 à 11:26

Il paraît que Mel Gibson n'a pas choisi Daniel Day Lewis pour le rôle car il le trouvait trop européen ?

Thekiller
17/11/2020 à 20:34

Un chef d'oeuvre, Mel Gibson est clairement le plus grand réalisateur de notre temps.

Phil06
17/11/2020 à 19:22

Si il y a bien un film que je n’ai jamais eu les c...lles de regarder c’est bien celui là.
Pourquoi? Peut être par peur de pas en ressortir indemne.

sylvinception
16/11/2020 à 15:59

@Flash : on parle ni de L'Exorciste, ni d'un Massacre à la tronçonneuse, ni d'un Cannibal Holocaust...

Redescendez sur terre sérieux, le film de Gibson c'est du grand guignol hystérico-catho, rien de plus.

alulu
15/11/2020 à 21:28

A propos de Mel
https://www.youtube.com/watch?v=AbkPjTW85O8

Tuk
15/11/2020 à 20:56

@ alulu
"Jesus en prend plein la tronche... Je n'ai pas aimé, un supplice à regarder"

C'et ce qui fait que les gens se mettent à le plaindre justement, les gens qui lui lancer des pierres se sont mis a avoir de la pitié devant cette horreur...

Kyle Reese
15/11/2020 à 20:30

Tout comme Flash et Coco ... mais j'attendrai encore une période plus lumineuse pour le voir et en sortir plus facilement.

coco
15/11/2020 à 19:46

flash idem comme toi !! en plus dommage qu'il soit pas en français !

alulu
15/11/2020 à 17:58

Il faut aimer le torture-porn parce que le Jésus en prend plein la tronche. Je n'ai pas aimé, un supplice à regarder et parce qu'au final, le reste du métrage est chiant comme la mort.

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