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Martyrs : pourquoi c’est un des plus grands films d’horreur contemporains

Par Mathieu Jaborska
1 novembre 2020
MAJ : 21 mai 2024

Plus de dix ans après sa sortie, le définitif Martyrs de Pascal Laugier reste une des œuvres horrifiques les plus marquantes du siècle, et pas juste en France.

Martyrs : Affiche officielle

Certes, on apprécie les titres forts chez Ecran Large. Mais ici, rien n'est exagéré.

Plus de 10 ans après une sortie qui a logiquement divisé sans néanmoins faire le bruit qu'elle méritait, Martyrs ne caracole pas seulement en tête des meilleurs films de genre français (catégorie - n'en déplaise à certains - de grande qualité) mais s'impose comme une des expériences horrifique les plus radicales, audacieuses et profondes de ces vingt dernières années. Le genre de film qui hante ses spectateurs pendant des lustres, et pas seulement à cause de sa violence repoussant les limites de l'extrême.

Attention, spoilers.

 

photoÂmes sensibles, fuyez

 

Torture prom

Bien sûr, si Martyrs a autant fait parler de lui à sa sortie, c’est grâce à son ancrage assumé dans un cinéma de genre volontairement hardcore. On a pour habitude dans nos dossiers de contextualiser la sortie des œuvres évoquées, et ici, ce choix devient vital, tant le film peine à se faire complètement comprendre sans une replongée dans l’industrie du cinéma d’horreur en 2008.

En 2004, le Saw de James Wan sort et explose des records de rentabilité. Une suite est produite dans la foulée. Elle évacue la simplicité de son modèle et s’appuie sur ses relents de thriller pour faire des scènes de piège, des tortures alambiquées particulièrement gratinées, son principal intérêt. C’est le début d’un renouvellement du shocker, cette mouvance d’exploitation régnant sur les salles de quartier des années 1970, et dont le mot d'ordre est simple : faites-les souffrir.

 

photo, Saw ILa salle de bain, antichambre du torture porn

 

Aux États-Unis, un critique réac' invente un terme pour ce nouveau sous-genre, terme qui restera malheureusement pour le caractériser : le torture porn. S’ensuivent de nouvelles suites de la franchise de Twisted Pictures, mais aussi le Hostel d’Eli Roth, rapidement érigé en modèle de mauvais goût extrême. En parallèle, le cinéma de genre français se réveille, et il ne le fait pas à moitié. Haute tension débarque en 2003, À l'intérieur en 2007. Ça tache sévère.

Martyrs est donc souvent vu comme l’appropriation de ce sous-genre toujours plus rentable par les French Frayeurs. Et d’ailleurs, Pascal Laugier l’assume complètement. Dans un entretien avec Cine-directors, il précise : « Je n’ai aucun problème avec ça, ma cinéphilie s’est fondée sur l’idée même de genre, ce n’est pas aujourd’hui que je vais renier ça, que je vais prendre la pose ». Mais pas question de bêtement suivre le mouvement. « Martyrs s’inscrit industriellement dans le retour des films de torture, mais à peu près avec la même honnêteté, il n’y a à peu près aucun rapport entre Saw, Hostel et mon film », précise le réalisateur dans une interview disponible sur YouTube.

Comme souvent, c’est donc d’une opportunité que nait Martyrs, l’opportunité offerte par Canal+, souhaitant encore investir un peu plus dans ce nouveau cinéma de genre prometteur et surtout libre. Avec Martyrs, les fameux French Frayeurs s’immiscent dans la brèche du torture porn, du moins dans les faits.

 

photo, Morjana AlaouiOn s'attache...

 

Car il plane un parfum de scandale autour de la sortie du long-métrage. Lors de son passage devant la commission chargée de ratifier les films en mai 2008, il écope d’une sentencieuse interdiction aux moins de 18 ans, synonyme d’une exploitation rachitique et d’une impossibilité totale de rentabilité. La commission française est particulièrement touchée par le genre : elle avait déjà créé un précédent avec Saw III, deux ans auparavant. La sortie, initialement fixée au 18 juin, est annulée, et il faut l’intervention d’une ministre de la Culture pour que le verdict soit reconsidéré en interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement. On l’a échappée belle.

La critique, elle, s'affronte face à l’objet, indéniablement unique dans la production hexagonale de l’époque. Si certains journaux comme Télérama se contentent d’un billet d’humeur dédaigneux refusant catégoriquement de voir le film pour ce qu’il est, une bataille fait rage, opposant par exemple Mad Movies, qui parle d’un « film parfait » et d’un « chef-d’œuvre » à Paris Match ou le Nouvel Obs. En d’autres termes, la presse spécialisée encense, la presse généraliste s’insurge. On aura rarement vu une division aussi marquée, qui tourne presque à la guerre idéologique. Dis-moi si tu as aimé Martyrs, je te dirais ton bord cinéphile.

 

photo, Morjana AlaouiLa critique institutionelle devant Martyrs

 

Fais-moi mal

Quoi de plus logique pour un film d'une radicalité impressionnante, parvenant à rester à la fois en dedans et en dehors de cette esthétique sacrant la violence. Loin de se contenter de déballer ses lents meurtres avec parcimonie, sadisme ou un zeste d’humour très très noir, à l’instar du provocateur Hostel, chapitre II sorti un an plus tôt, il les place au cœur de son récit, les considère comme son sujet principal. Une transgression presque méta du torture porn en question, qui pourrait presque rappeler le point final mis au slasher qu’est Scream, à ceci près que Martyrs ne cède absolument jamais à la comédie et préfère s’abîmer dans les méandres d’une noirceur que même les plus sales des représentants du genre n’ont jamais osé effleurer.

Et c’est là que les critiques, et même les amateurs de cinéma d'horreur, rentrent en désaccord. Certains voient dans cette proposition une forme de malhonnêteté, un prétexte aux sévices factices infligés aux actrices, dont les performances resteront dans les annales. Et en effet, le torture porn a produit quelques-uns de ces produits opportunistes, cherchant à justifier une forme de surenchère gore aussi dégradante qu’absurde, en tête desquels le tristement célèbre A Serbian Film, vague dénonciation débile de la mise en scène de la violence où on viole des bébés à la pause-café. Difficile de lier Martyrs à pareille mascarade bassement mercantile.

 

photo, Mylène JampanoïSe salir les mains, littéralement

 

D’autres objectent que réfléchir à la violence cinématographique est un peu un gros classique du 7e art, d’autant que certains maîtres en ont fait leur spécialité. Comment ne pas citer Michael Haneke, qui, avec Funny Games ou Benny's Video, semble avoir déjà épuisé le sujet ? Néanmoins, là où le cinéaste allemand ne s’attaque qu’à la représentation de la violence, froide, dès qu’elle est déployée à l’écran, Laugier propose une approche bien plus viscérale, et de fait bien plus adaptée à un genre (là où Haneke ne peut vraiment prétendre faire des films d’horreur).

Il est moins question de la violence que de la souffrance, suscitée ou subie. Encore une fois, on a évoqué à ce propos Pier Paolo Pasolini, observateur de la douleur sous un angle politique (Salò ou les 120 journées de Sodome, bien sûr) ou religieux (L'Évangile selon Saint Matthieu), ou même Mel Gibson et son hallucinant La Passion du Christ.

 

photo, Morjana AlaouiAïe

 

D’une part, aucun sujet n’a jamais été monopolisé par une filmographie et libre à Laugier de composer sa propre analyse. D’autre part, les chefs-d’œuvre de Pasolini et Gibson prennent bien soin de se limiter à poser un cadre à la souffrance déployée. Et si Martyrs a bien sûr des ambitions théologiques, il se permet une forme d’exhaustivité, une description de la douleur que personne n’a jamais composée. La violence qui s’y niche est en réalité avant tout psychologique, puisque le « monstre » qui hante Lucie représente moins le trauma de son propre calvaire que celui de quelqu’un d’autre. Rien de très religieux là-dedans, ce qui classe d'ailleurs le personnage, selon la gourou psychopathe, dans la catégorie des « victimes ».

Que dire ensuite de l’agonie de son amie, qui aurait pu être bien plus classique si la torture n’était pas principalement psychologique, une machine infernale de la destruction de l’âme, rythmée par un montage proprement implacable, témoin d’une monotonie clinique dans la maltraitance. En annihilant toute possibilité de climax grand-guignol dans un premier temps grâce à un jeu de répétitions esthétiques cruelles (les plans et le bruit de l’échelle, ces cauchemardesques nuances de gris), avant de laisser exploser dans une mise à nue très littérale échappant à tout voyeurisme la radicalité presque nonsensique de son récit, Laugier vise plus à montrer une expérience de la douleur qu’une démonstration de sauvagerie.

 

photo, Mylène Jampanoï, Morjana AlaouiUne douleur à ne pas sous-estimer

 

La souffrance suinte par tous les pores de Martyrs, au niveau social (la pression psychiatrique évoquée par Lucie, l’impossible manque de réaction face à la destruction du carcan familial canonique), psychologique (l’automutilation), émotionnel (le râteau, l’éviction de la mère), ou bien sûr physique, voire – et c’est le sens de l’abnégation finale – transcendentale.

Enfin, encore une fois, tout est une question de contexte. Laugier est bien conscient de sa participation à un genre très polémique, et en joue clairement. Il reprend beaucoup de ses codes, mais refuse de céder à un voyeurisme moqueur pour plonger le spectateur du côté de la victime, en lui faisant voir ce qu’elle voit, ressentir ce qu’elle ressent, et subir – a minima bien sûr – l’atrocité des sévices infligés. D’où le changement de point de vue à mi-film et l’extrême répétitivité de la dernière partie, parfois décriée, mais bien éprouvante grâce à (à cause de) son montage nauséeux, sacrifiant tout rythme filmique sur l’autel de la ritualisation de la maltraitance, perpétrée par des bourreaux sans visage.

 

photo, Catherine BéginTerrifiante Catherine Bégin

 

Saint Ange(s)

L'influence majeure du cinéaste est cependant moins les émules de Saw que la véritable première vague d’œuvres esthétisants la souffrance : les mondo movies, ces documentaires vicieux, et souvent trafiqués, censés cracher à la tronche de leur public les atrocités du monde, avec une petite dose de racisme institutionnel par-dessus le marché. Le masque de la seconde victime, peut-être le summum du malaise du film, cite directement une des franchises les plus célèbres de la deuxième génération de mondo ; les Face à la mort, prétendant justement exhiber les derniers instants de plusieurs condamnés. Le dispositif attaché au visage de la malheureuse créature de la cave fait directement référence à la très célèbre affiche du premier volet, source de trauma pour de nombreux cinéphiles déviants. Et Laugier en fait indéniablement partie. A Cine-directors, il le confesse :

« Le seul truc qui ait réussi à me déprimer un peu, sans doute parce que ce n’était vraiment pas ma came, c’était les mondos bidons du genre Face à la mort. Mondo cane, que j’ai découvert plus tard, c’est assez sublime, c’est une expérience de cinéma assez complexe, assez profonde malgré le côté ultra-exploitation, mais les mondos tardifs de mon adolescence, du genre Shocking Asia, c’était vraiment de la merde. L’absence de fiction, le cynisme du truc et sa laideur, ça m’a fait fuir. Aujourd’hui encore, je fais partie des gens qui ne regardent pas les accidents, les suicides et les exécutions filmés sur Internet. Ça me fout les boules, ça me mortifie, et ce, sans rien nourrir de mon désir de cinéma. Ça n’a pour moi rien à voir avec le genre horrifique. »

 

AfficheLa fameuse affiche de Face à la mort

 

À travers ce clin d’œil morbide, il évoque l’autre grand sujet de Martyrs : l’institutionnalisation de la souffrance consacrée, au propre comme au figuré, par le cinéma d’horreur extrême. Mais aussi par la religion, qui n’hésite pas à se livrer au même panorama de mort lorsqu’elle explique à son futur martyr la raison de la douleur qui va lui être infligée. A la fois blasphémateur et théologique, le film lie ces deux formes de perversion, il montre une organisation de religieux se laisser aller à la fièvre du mondo, voire du snuff (légende urbaine évoquant un réseau clandestin de mises à morts filmées), dans une quête de raison aussi biaisée qu’absurde, dans les deux cas. Quelle que soit la raison pour laquelle vous contemplez la souffrance, la réponse qu’elle va vous apporter ne va pas vous plaire.

Le culte, non-identifié, est ici érigé en symbole du rapport systémique de la société à la souffrance et à la violence. La distinction entre ces deux termes tient à une conception initiée par la religion mais admise en société : la séparation entre la victime (les pauvres mutilés de Saw, sacrifiés pour le plaisir du spectateur) et le martyr (la souffrance légitime, validée, méritant la compassion).

 

photoQuand le monstre devient la victime et la victime devient le monstre

 

Si ces derniers sont souvent des femmes, ce n’est pas à cause d’une quelconque lubie misogyne du metteur en scène, mais bien parce que le genre féminin est encore perçu comme celui qui peut encaisser la souffrance sociale. Une idée qu’expose Laugier comme peu de gens avant lui, une idée très établie et particulièrement pertinente pour les amateurs de cinéma d’horreur, les premiers à faire cette distinction. Si Martyrs choque, c’est aussi parce qu’il dit la vérité aux bonnes personnes.

Le fameux climax, autour duquel tournent en général les débats, n’a de fait plus des airs de justification vaseuse. Lorsqu’on se confronte à l’ultime résultat de cette souffrance, on ne peut que prendre conscience de sa place dans notre monde. Et si on veut préserver l’ordre des choses, il vaut mieux ne rien révéler. Que serait la religion sans le secret autour de la souffrance qu’elle inflige à travers le monde ? Sa mainmise ne repose que sur un seul ordre, la dernière réplique du film : « Doutez, Etienne, doutez. ».

Un sacré pavé dans la mare donc, et une réflexion profonde qui tranche violemment avec les canons cyniques du genre et le pousse dans ses derniers retranchements idéologiques. Martyrs a-t-il pour autant marqué la fin du torture porn comme Scream a marqué la fin du slasher ? Assurément pas. Mais ses successeurs se traineront à jamais un air de défaite thématique pour peu qu’on ait apprécié le film de Laugier. Quiconque a subi le remake américain sait très bien qu’il restera insurpassable.

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prof west

Je dois etre un malade mental mdr meme c’est le seul film que j’ai plus ou moins apprécié du gars ^^

Dario 2 Palma

@的时候水电费水电费水电费水电费是的 Alexandre Bahloul:

« C’est nécessaire pour justement comprendre cette souffrance et cette douleur, voir l’évolution du personnage. Scénaristiquement, on est censés être dans leurs peaux ( »

Alors Laugier aurait dû faire durer la partie torture 30 minutes ou 1 heure de plus pour que je finisse peut-être par ressentir quelque chose face à ces sévices répétitifs!
En l’état la description répétitive des sévices endurés par le personnage m’a laissé de marbre ce qui n’était pas l’intention de Laugier je pense, pour finir hélas par me consterner…contrairement à toi le personnage ne m’a pas touché je ne le trouve pas spécialement caractérisé incarné donc hélas oui son tabassage sa torture ont eu autant de poids émotionnel chez moi qu’un paquet de viande qu’on maltraite chez le boucher.
Et j’ai le même embarras devant le semi remake de « Martyrs » qu’est « Ghostland »…même propension au dolorisme, même impression de violence un peu crapoteuse et gratuite.

Question de ressenti qui diffère selon le spectateur donc, pour ma part donc je préfère le Laugier de « Saint » certes encore une fois un film inabouti au niveau scénaristique mais qui propose au moins des images assez léchées et moins de complaisance graphique.

Alexandre Bahloul

 » toute la partie torture, elle aurait duré trente minutes de plus ou dix minutes de moins que ça n’aurait pas changé grand-chose à la structure, au scénario…  »

C’est nécessaire pour justement comprendre cette souffrance et cette douleur, voir l’évolution du personnage. Scénaristiquement, on est censés être dans leurs peaux ( Lucie dans la première partie, Anna dans la seconde ), le scénario ne traite pas plus de la secte, la vie après la mort etc que de ce que vont ressentir et vivre viscéralement ces deux femmes.

Akitrash

Je me rappelle qu’à la fin de la vision du film au ciné, j’ai marché une heure hébété…
Une claque pour moi autant qu’à pu l’être « Salo » de Pasolini.
Un film qui dérange très très longtemps!
Ce qui ne m’a pas empêché de le revoir une vingtaine de fois!

Moijedis

Un film abject et sans intérêt .
Aucune morale . De la bêtise crasse . La scène de torture interminable et insoutenable .

Faut être un malade mental pour apprécier ce cinéma stupide et grossier .

Dario 2 Palma

« C’est un film qui montre des choses horribles avec une vraie gravité »

une gravité qui vire au sérieux papal une solennité qui finit par rendre le « propos » de Laugier risible, déjà avec cette secte dont le leader fait penser à Jackie Sardou, la scène explicative notamment où elle parle photos à l’appui des martyrs….

« sans jamais la moindre complaisance. »

toute la partie torture, elle aurait duré trente minutes de plus ou dix minutes de moins que ça n’aurait pas changé grand-chose à la structure, au scénario…

« Les victimes ne sont pas des morceaux de viandes on ne prend jamais plaisir à les voir souffrir, mais des personnages humains, réels, avec un passé, un futur, un présent,  »

vraiment une question de ressenti car pur ma part j’étais indifférent à la torture subie par ces personnages, les actrices (comme dans « Ghostland ») font ce qu’elles peuvent avec ce que Laugier leur donne à jouer mais comme ça se réduit bien souvent à une hystérie générale vite lassante dans leur jeu, difficile de s’attacher, d’être touchés…le film ne s’incarne pas si on se moque du sort des pauvres martyrs.
Et puis simplement je n’accroche pas au côté doloriste catho de ces deux films, la transcendance par la torture, ce n’est pas ma tasse de thé..

Alexandre Bahloul

C’est l’un des seuls films de « tortures » modernes qui montre justement les victimes comme elles sont : des victimes. C’est un film qui montre des choses horribles avec une vraie gravité, sans jamais la moindre complaisance. Les victimes ne sont pas des morceaux de viandes agités de façon ridicule pour nous faire glousser ( comme dans, citons en deux, la saga Saw ou Hostel ), on ne prend jamais plaisir à les voir souffrir, mais des personnages humains, réels, avec un passé, un futur, un présent, que la souffrance va justement bouleverser. C’est cette douleur qui font d’eux, justement, des personnages qui vont évoluer, murir et grandir par elle ( Ghostland ) ou au contraire périr et les faire transporter jusqu’au plus profond d’eux même ( Martyrs ).
Bref c’est pas du tout un « torturne porn » comme les autres, forcément c’est un film d’horreur donc la première partie prend un peu plaisir à nous faire peur ou nous effrayer, mais la seconde est beaucoup plus psychologique et émotionnelle dans sa violence, on voit rarement ça.

Xbad

On a subi la fin du film avec ma compagne à l’époque, complètement dispensable cette séance de torture gratos, autant j’adore l’épouvante autant là je ne peux pas

Dario 2 Palma

Si « Martyrs » est un des plus grands films d’horreur contemporains, je n’ose imaginer quels sont les pires ha ha

J’avais plutôt apprécié le premier film de Pascal Laugier « Saint Ange », un peu brouillon mais assez élégant et sympathique mais la suite de sa carrière m’a déçu avec notamment ce sentencieux « Martyrs » et « Ghostland »…des films bourrins, sans grâce;, monotones, visuellement assez moches et étriqués, dont l’hystérie et le côté doloriste systématiques font long feu. Dommage pour ce réalisateur probablement sincère mais certainement qu’à l’avenir Laugier devra s’entourer de scénaristes dignes de ce nom pour canaliser et renouveler ses obsessions, et aussi esquiver les dérives occasionnelles de son cinéma vers la série Z (les méchants de « Ghostland » et « Martyrs », la définition didactique des « martyrs »…)

Nico1

Un vrai choc , qui m a longuement secoué , le titre de l article n est pas du tout exagéré effectivement!