Underwater, The Host, Un cri dans l'océan : le meilleur du pire des films de monstres aquatiques

La Rédaction | 9 janvier 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 9 janvier 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

En ce début d’année, Kristen Stewart et Vincent Cassel vont se frotter aux créatures aquatiques d’Underwater et l’occasion est idéale pour revisiter le sous-genre dédié aux monstres aqueux.

La rédaction étant friande de ces productions de séries B (et parfois Z) de ces personnages archétypaux aux destins rarement enviables, et des bébêtes qui y règnent, nous revenons sur les monstres, mutants, aliens et super-prédateurs qui peuplent nos océans.

Voici donc une brochette de films plus ou moins connus, à voir et revoir sans modération. Parce qu’avant de plonger avec Underwater (notre critique par ici), autant se faire une idée des innombrables dangers affamés et squameux qui pourraient vous y attendre.

 

 

  

UN CRI DANS L'OCÉAN 

C'est quoi : Un paquebot de luxe est attaqué par un gigantesque monstre à tentacules, bien décidé à choper et bouffer les humains en costards et robes de soirée.

Pourquoi c'est naze : Un cri dans l'océan est un peu (beaucoup) cheap, et chaque utilisation de CGI pour donner vie à la créature fait un peu mal aux yeux tant c'est laid. Normal, le film date de 1998, mais la bestiole tranche avec les décors et l'ambiance parfaitement délicieux. La mise en scène est bien plus solide et excitante lorsque Stephen Sommers s'amuse avec le hors champ, la tension et le suspense.

Pourquoi en vrai c'est super : Parce que l'aventure est un plaisir absolu pour tout amateur du genre, qui ne pourra résister à ce cocktail absolument réjouissant de huis clos sur un gros bateau, avec une grosse bête et de gros abrutis à sa merci. Treat Williams incarne à merveille le héros stéréotypé, avec le flegme nécessaire, face à une Famke Janssen parfaite, qui joue cette petite voleuse avec la légèreté requise.

Stephen Sommers, futur réalisateur de La MomieVan Helsing et G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, orchestre avec un certain talent ce cauchemar, n'hésite pas à offrir quelques images sanguinolentes magiques (la bonne dame chopée dans les chiottes), et ne rechigne pas à exploiter le potentiel bien immonde de son film (le pauvre homme recraché qui se consume sous l'action des sucs gastriques de la bestiole). Lorsque les héros arrivent dans le garde-manger, c'est même une vision apocalyptique parfaitement mémorable. La fin, elle, est également un petit plaisir.

On explique plus en détail pourquoi c'est une bonne tranche de plaisir par ici.

 

Photo Famke Janssen, Treat WilliamsUn duo irrésistible

 

M.A.L : MUTANT AQUATIQUE EN LIBERTÉ

C'est quoi : Une plateforme sous-marine nucléaire se retrouve face à une étrange créature qui commence à semer la pagaille parmi l'équipage. Et, si dans l'espace, personne ne vous entend crier, au fond des mers, c'est pareil.

Pourquoi c'est naze : Parce que bon, on ne va pas se mentir, nous sommes quand même face à de la grosse série B Carolco des années 80. Même si le budget est confortable (8 millions de dollars), on ne peut pas dire qu'il ait été mis dans l'écriture ou dans la construction des personnages. Puisant sans vergogne du côté du Alien de Ridley Scott, M.A.L : Mutant aquatique en liberté, outre son titre français rigolo, n'est jamais qu'un film de couloirs sous l'eau avec toutes les scènes clichées qui vont avec. Et puis, y en a plein qui disent qu'il a tout pompé sur le Abyss de James Cameron.

Pourquoi en fait c'est super : Déjà, c'est faux, M.A.L. est sorti aux États-Unis plus de six mois avant Abyss et l'idée germait dans la tête du producteur depuis 1987 alors qu'il voulait faire le premier film tourné intégralement sous l'eau. Rien que ça. Ensuite, le producteur, justement, est aussi le réalisateur : Sean S. Cunningham. Le gars qui a créé la franchise Vendredi 13, donc le suspense, ça le connait, excusez du peu. Enfin, même si le film n'invente rien, qu'il ne compte pas de grosse star à son casting, il peut justement tout se permettre. Et de ce fait, M.A.L. est relativement sanglant. Entre le scaphandre coupé en deux (avec le gars encore dedans) et Miguel Ferrer qui claque en pleine décompression, on se retrouve face à un actioner horrifique qui sent bon les années 80. Et ça, ça fait bien plaisir.

 

photoLe tentacule au cou

 

GRABBERS 

C'est quoi : De vilaines créatures tentaculaires, suceuses de sang et très agressives attaquent un petit village de pêcheurs. Leur seule faiblesse est une sensibilité à l’alcool, substance qui les empoisonne. Heureusement, les habitants du coin sont des poivrots, bien décidés à picoler jusqu’à la mort pour leur échapper.

Pourquoi c’est naze : Grabbers fait partie de ces productions mises en chantier au lendemain du succès planétaire de Shaun of the Dead. On a ainsi très souvent l’impression que le métrage veut dupliquer la recette d’Edgar Wright, et le fait avec une grossièreté qu’il le dessert. Tout comme son scénario qui s’avère expédié et a bien du mal à remplir ses 94 minutes.

Pourquoi, en fait, c’est bien : C’est le point central de tout film avec des bébêtes affamées : il faut qu’elles soient réussies. Et c’est le cas, leur design est plaisant, tandis que les effets spéciaux de Grabbers sont assez impressionnants au vu du modeste budget de l’ensemble. Ajoutez à cela des gags reliés à la passion immodérée de l’Irlande pour les bières et quelques très beaux décors, et vous tiendrez là une solide série B, gluante juste ce qu’il faut.

 

photo

 

THE HOST 

C'est quoi : Un poisson-monstre bizarre attaque les quais de Séoul, semant la mort et la destruction. Un type un peu loser, aidé de sa famille, va plonger dans les bas-fonds de la ville pour débusquer la créature et retrouver sa fille qu'elle a kidnappée.

Pourquoi c'est naze : Mais pourquoi voulez-vous que The Host soit naze ? Ça n'a aucun sens voyons... Bon allez, l'intégration de la créature numérique n'est pas top sur la fin du film, mais c'est bien pour chipoter qu'on dit ça...

Pourquoi en fait c'est super : Inspiré d'une histoire réelle (euh ouais, en fait, une enquête sur la pollution des eaux coréennes par les bases américaines, ne vous emballez pas), The Host est avant tout un film 100% pur Bong Joon-ho. Et qui connait le réalisateur et sa filmographie (Memories of murder, Mother, Snowpiercer, le Transperceneige, le récent Parasite) sait que l'homme n'y va pas par quatre chemins.

Maniant comme personne la frontière fine et invisible entre la comédie, l'horreur et le drame humain, il laisse libre cours à son passé d'activiste politique lorsqu'il était étudiant pour dénoncer en vrac, la dislocation de la famille moderne, la course à la technologie, l'impérialisme américain et l'aveuglement de son propre gouvernement. The Host est tout sauf un film d'horreur, c'est avant tout une critique acide de la Corée de 2006 et personne n'en sort grandi. Et surtout pas son extraordinaire casting, Song Kang-ho en tête.

 

photoUne belle gueule de porte-bonheur

 

LEVIATHAN 

C'est quoi : Des mineurs sous-marins découvrent un navire russe au fond de la mer. Mais en revenant dans leur plateforme, ils comprennent qu'ils sont infectés par un truc chelou. Et pas question qu'ils remontent à la surface avant qu'ils aient détruit ce machin pas vraiment invité à bord.

Pourquoi c'est naze : 1989, c'était l'année de la flotte. Entre lui, M.A.L : Mutant aquatique en liberté et Abyss, on se retrouve quand même avec trois films sortis en l'espace de six mois avec le même principe de base. Ça fait beaucoup. Comme pour M.A.L.Leviathan repompe énormément de choses au Alien de Ridley Scott, mais il y ajoute aussi une bonne dose de The Thing de John Carpenter pour le côté contamination et paranoïa. En résulte un film qui ne surprend personne tant il reste dans les clous de ses modèles. Et puis il a quand même de sacrées longueurs. Et son monstre en mousse fait pitié.

Pourquoi en fait c'est super : George P. Cosmatos, tout est dit. Le réalisateur n'est autre que celui de Rambo II : La Mission et Cobra, tous deux avec Stallone, alors forcément, le thriller psychologique, il n'en a rien à carrer. Subtil comme un vieux slip troué, Leviathan est un vrai petit plaisir coupable et régressif qui sent bon les années 80 sous les bras. Et puis bon, Peter Weller est le héros (RoboCop quoi), on a Richard Crenna (Rambo), Ernie Hudson ( S.O.S. Fantômes) et même Daniel Stern (Maman j'ai raté l'avion) qui fait son barjo hystérique habituel. La musique est de Jerry Goldsmith, donc oui, ça fait du beau monde. Bref, pour une soirée pizza-bières, c'est juste parfait.

 

photoPeter Weller : Robocopain des enfers

 

SECTEUR 7 

C'est quoi : Une plateforme pétrolière au large de la péninsule de Jeju en Corée galère à trouver du pétrole. Son équipe s'obstine, mais voilà qu'un sale monstre investit la plateforme et commence à les bouffer les uns après les autres. À moins que la vérité soit encore plus terrible. Tin tin tin !

Pourquoi c'est naze : Oulah, par où commencer ? Allez, le plus évident. Le monstre est moche. Pas moche dans son design, mais dans sa réalisation, clairement datée (OK, le film date de 2011). Trop de CGI probablement. Ensuite, les personnages sont cons, très cons. Des clichés ambulants qui n'en deviennent même pas sympathiques à force. Secteur 7 est une gigantesque repompe d'Alien, mais axé grand public adolescent fan de jeux vidéo. Du coup, on a droit à des scènes improbables avec des cascades à moto, une critique de l'avidité à faire rougir un téléfilm de TF1, des incohérences qui se reproduisent comme des lapins et un manque total de suspense. Même son monstre, déjà mal parti dans la vie, n'arrive pas à nous arracher un brin de frissons avec son air d'otarie malade. C'est dire...

Pourquoi en fait c'est super : L'idée du monstre est délicieusement dégueu... et laissait espérer quelque chose de bien plus solide.

 

photoCoquillages et médusées

 

LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS 

C'est quoi : Des naufragés s’éveillent sur une île déserte. Ils vont faire la connaissance d’une petite communauté dirigée par un savant fou, d’indigènes modérément sympathiques et d’une antique cité marine abandonnée. Mais les Hommes-Poissons veillent au grain.

Pourquoi c’est naze : Comme souvent au royaume du cinéma bis et de ses monstres en caoutchouc, le budget ne permet pas de multiplier les décors ni de fabriquer des costumes très sophistiqués. Il faudra donc tenir bon malgré l’immobilisme du récit, quantité de ventres mous, et une absence d’originalité parfois criante.

Pourquoi, en fait, c’est bien : Le film bénéficie d’un charme fou. Tout d’abord, parce qu’en adaptant sans le dire L’île du Dr. Moreau, le film se situe dans le sillage d’un héritage littéraire fait de merveilleux et de frissons, délicieux à retrouver. Quant à l’esthétique, elle charrie avec une formidable générosité quantité de mythes, allant de l’Atlantide aux grands stéréotypes de l’horreur fauchée, qui composent un écrin idéal pour Barbara Bach, fausse screameuse de films fauchés et vraie comédienne, capable d’apporter un charisme et une malice appréciables à l’ensemble.

 

Affiche

 

THE BAY 

C'est quoi : Un reportage anodin durant les célébrations estivales d’une petite bourgade du Maryland tourne à la catastrophe quand une grande partie des habitants déclare des symptômes d’infection généralisée. Cette dernière semble liée à la croissance exponentielle d’un parasite autrefois anodin, transformé en prédateur implacable.

Ce qui est naze : Barry Levinson (Rain Man, Good Morning Vietnam) n’avait encore jamais tâté du found footage, et au final, la multiplicité des points de vue et l’absence de rigueur avec laquelle il décuple les sources d’image, annihilent totalement le point de départ, présentant le film comme un document leaké issu des archives du gouvernement. Conséquence malheureuse de ce dispositif un peu absurde : les personnages n’existent jamais (et sont bien trop nombreux).

Pourquoi, en fait, c’est bien : Levinson déploie son mystère avec talent, et mélange très habilement pamphlet écologique, film d’épidémie, et horreur mutante, le tout enrobé d’une cruauté et d’outrances gores passablement hardcore. La mécanique du film est huilée au sang, et toute son ingénierie fonctionne avec intelligence quand il s’agit de créer la peur, jusqu’à une accélération finale qui laisse le spectateur K.O. debout, le cœur au bord des lèvres.

 

photoUne bête est passée par là

 

EN EAUX TROUBLES

C’est quoi : Dans une réalité parallèle, où Jason Statham pilote des sous-marins plus souvent que des fûts de bière, un super-prédateur issu de la préhistoire, un mégalodon, nous revient pour nous boulotter. Mais on ne la fait pas à Jason.

Pourquoi c’est naze : Budget de blockbuster inflationniste, développement chaotique de plus d’une décennie et gros investissement chinois auront eu raison du potentiel chaotique, violent et gorasse du concept. Ici, le requin géant semble plus désireux de lécher les pieds de nos héros plutôt que de les mastiquer, et la logique de grand spectacle à outrance interdit toute tension. Et puis les effets spéciaux sont très inégaux.

Pourquoi ça passe : Même dans un rôle écrit en dépit du bon sens, Jason reste Statham. Le film bénéficie de son charisme à toute épreuve et il lui offre clairement ses meilleurs moments. Enfin, la nature de blockbuster schizophrène et décérébré de l’ensemble pourra divertir les amateurs de grand n’importe quoi.

 

photoLa taille, ça compte

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commentaires
Quisquose
10/01/2020 à 08:49

C'est quoi cet article de 2020 avec des commentaires de 2018??

Geoffrey Crété - Rédaction
10/01/2020 à 00:16

@real

Sphère a eu droit à son article dédié :)

https://www.ecranlarge.com/films/dossier/928697-le-mal-aime-sphere-l-aventure-spatiale-de-dustin-hoffman-et-sharon-stone-dans-les-abysses

real
09/01/2020 à 21:47

Et "Sphere", de Barry Levinson, dans tout ça ?? ^^

Manontherun33
09/01/2020 à 20:12

Mise a part un cri dans l'océan qui relève de la pure série B et qui est assez jouissif dans son style, je ne suis absolument pas d'accord pour les autres. Déjà, ils ne voulaient pas être des séries B, il n' y a pas d'approche drôle avec des héros stéréotypés mais en plus de cela, ils sont carrément mauvais. Et je ne parle absolument pas des effets spéciaux. en fait c'est super??

Hobben
09/01/2020 à 18:49

Un cri dans l'océan, c'est la vie! Je l'avais vu à la fête du cinéma après m'être fait chier devant deep impact! Là on avait du vrai bon film de série B! Je vous conseille le blu-ray us (vfq+vostf) faute de blu-ray français pour ceux qui le veulent dans leurs collections!

Pour The Host, je n'ai pas réussi à me faire au personnage du père de famille, ça fait complètement sortir du film.

En eaux troubles c'est très "beauf" mais très sympa, bien entendu tout le côté aseptisé flingue le film (coproduction chinoise tout ça sûrement....), du coup nous n'aurons pas notre carnage quand le requin se rapproche des plages et autres effusions de sang le reste du film... dommage!

Dans la liste, il me reste MAL et Grabbers à découvrir. Leviathan a pris un bon coup de vieux tout de même mais c'est sympa!

Dutch Schaefer
09/01/2020 à 17:32

Ohhh la la, que de souvenirs!
J'avais eu la "chance" à l'époque de voir en salle M.A.L (que j'avais kiffé!) et ensuite LEVIATHAN (que j'avais sur kiffé en allant le revoir une seconde fois avec un pote!).
Lorsque vous parlez de bon vieux cinoche des 80's qui sent sous les bras, on est complétement dans le vrai! Mais bon dieu que c'était kiffant! ;-)

M1pats
09/01/2020 à 14:22

The Host cette merveille

Philip
09/01/2020 à 14:17

"Puisant sans vergogne du côté du Alien de Ridley Scott, M.A.L : Mutant aquatique en liberté, outre son titre français rigolo"

Je crois surtout que ces acronymes était une façon de désigner certains films d'horreur. En effet, lorsque "M.A.L" est sorti à l'époque, j'ai tout de suite pensé à un autre film de série B (voire C ou D) qui fut diffusé sur feu la Cinquième chaîne avec un acronyme : "C.H.U.D." (1984).

wilson
21/08/2018 à 12:24

J'aimais bien Leviathan avec Richard Crenna, bien crade cette créature.

Shinilgr
16/08/2018 à 10:04

Juste pour info, nous ne parlons pas de Sfx dans le cas present, mais de Vfx :)

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