Annabelle : La Création du Mal - critique conjurée

Simon Riaux | 9 août 2020
Simon Riaux | 9 août 2020

Annabelle 2 : La Création du Mal, désormais disponible sur Netflix, la chance

Après un premier volet conspué en dépit d’un beau succès, Annabelle : La Création du Mal a eu pour mission de nous faire patienter avant que ne débarquent La Nonne et compagnie. Mise en bouche ou indigestion ?

T’AS DE BEAUX YEUX POUPEE

Révélé au monde du cinéma horrifique avec le court-métrage Lights Out, qui terrifia quelques millions de curieux sur Youtube avant de se prolonger en un premier long-métrage intitulé Dans le noir, David F. Sandberg s’est vu proposer un sacré défi : redonner des couleurs au projet Annabelle 2.

Si le premier spin-off de The Conjuring fut un immense carton, avec pas moins de 256 millions de dollars récoltés pour une mise de seulement de même pas 10 millions, le métrage a été quasi-unanimement perçu comme un embarrassant nanar, venu moissonner les portefeuilles d’adolescents impressionnables avec un opportunisme sidérant.

 

Photo Anthony LaPagliaUn crucifix a été dissimulé dans cette image, sauras-tu le retrouver ?

 

Pas facile dans ces conditions de raviver l’intérêt pour un projet, dont la raison d’être est plus de faire vivre la marque très rentable du Conjuring Universe (qui compte déjà 7 films, sortis ou en préparation). En effet, qui dit prendre la suite des succès de James Wan dit en adopter les codes, et figures de style récurrentes. On ne sera donc pas étonné de voir Annabelle 2 dupliquer sans vergogne  la recette précédemment établie.

Pendant près de quarante minutes, le film se contente donc d’aligner paresseusement les effets mécaniques, les jump-scares ultra-prévisibles, nimbés dans un habillage sonore si bourrin et brutal qu’il assourdit et agace, plus qu’il ne génère la tension. Histoire de compléter le bingo de la flippe à moindre frais, le récit dégouline d’eau bénite frelatée, et nous offre une orgie de sermons en carton psalmodiés par Marie-Bonnasse de la Concupiscence (Stéphanie Sigman, vue dans Spectre), énième personnage de nonne poumonnée au grand cœur. Comme trop souvent, cette mystique n’est jamais interrogée ni comprise par le film, et finit par parasiter ses moments de tension, plutôt que de les renforcer. 

 

Photo Miranda OttoUne angine ? Des vergetures ? Une possession démoniaque ? Un coup de crucifix et on n'en parle plus ! 

 

BARBIE TERREUR

Mais comme il l’avait prouvé avec Dans le noir, David F. Sandberg est capable de se glisser dans les rares failles de ce dispositif industriel pour y injecter sa créativité, et un paquet d’idées retorses. C’est d’ailleurs avec une jubilation évidente qu’il piétine la mythologie établie précédemment avant de la jeter aux orties, pour se livrer arrivé à mi-parcours, à un véritable happening horrifique.

Dès qu’il est parvenu à dégager du centre du récit sa ridicule poupée, Sandberg fait preuve d’une créativité bienvenue, et tranche régulièrement avec la mécanique ultra-référentielle issue de l’école James Wan. Le cinéaste se fait alors un malin plaisir de détourner les objets du quotidien, de tordre les perspectives et les lois de la physique jusqu’ici préservées par son décor unique.

 

Photo Stéphanie SigmanSoeur Marie-Bonnasse de la Concupiscence, priez pour nous 

 

On se surprendra ainsi à jubiler quant au détour d’une séquence anodine, pour ne pas dire rassurante, il impose un surgissement extrêmement brutal du fantastique, en plein jour et au sus de tous les protagonistes. Qu’il joue avec la progression des ténèbres, désarticule littéralement un personnage, on est également saisi par le rythme inattendu qu’il confère à ces scènes, le tempo étiré pour lequel il opte générant parfois un malaise palpable.

Au final, on regrette qu’Annabelle : la Création du Mal soit à ce point sclérosé par son cahier des charges et se préoccupe si souvent de tresser des liens avec les autres de films de la franchise, tant il semble évident que s’il avait eu les coudées franches, David F. Sandberg aurait pu accoucher d’un train fantôme bien plus effrayant.

 

Affiche française

 

Résumé

Handicapé par des personnages stupides, un script mécanique et un univers étendu parasite, le film bénéficie néanmoins de l'inventivité retorse de son metteur en scène.

Lecteurs

(3.6)

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commentaires

Rouge carré
10/08/2020 à 01:09

Très bien, merci beaucoup pour la réponse !

Geoffrey Crété - Rédaction
09/08/2020 à 22:02

@Rouge carré

Il n'a pas été effacé : il a été publié par erreur sans avoir été bien relu. Il sera republié très vite.

Rouge carré
09/08/2020 à 20:32

Pourquoi avoir effacé votre article sur la franchise qui va droit dans le mur ?

cat noir
18/01/2018 à 15:03

nonohipp

alex
01/11/2017 à 00:52

Je viens de la mater pour soirée Halloween, sincèrement c'est un navet sans intêret ... Bavard au possible, ça met des plombes à démarrer et ensuite peu d'actions et de moments effrayants, incohérents et vide. Bref nul

Cap
18/10/2017 à 13:37

Bref ! la poupée est sans intérêt , une histoire plutôt féminine .

Blaster ta mère
24/09/2017 à 22:45

Arrête mer bande de juillet vous avez cas créer un film avant de parler bande de bouffon

Bibi
09/08/2017 à 19:45

La notation de R.Tomatoes n'a aucune valeur. Si c'est 100% de 20 personnes, ça ne vaut rien !

west666
04/08/2017 à 06:56

Dommage j'avais un espoir qu'il dépasse le premier c'était pas dur a faire mieux mais visiblement non , bon on attend le bd et on verra cela

thx pour la critique

Raiden
04/08/2017 à 01:21

C'est bien ce que je pensais, un nanar !!

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