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Transformers 5 : The Last Knight – critique Schizotron

Par Simon Riaux
11 juin 2023
MAJ : 11 décembre 2023
34 commentaires

Etrange objet que Transformers, saga née de la volonté de recycler une licence de jouets via un blockbuster aux airs de produit d’appel pour d’autres marques (notamment automobiles), autant que du désir de son réalisateur Michael Bay de se forger une franchise en forme de terrain de jeux à la hauteur de ses délires pyrotechniques. Transformers 5 : The Last Knight, qui a marqué la fin d’une ère avec un score très moyen au box-office (605 millions, loin du milliard de Transformers 4 : L’Âge de l’extinction), illustre la fascination que procure cette série de films aussi qualitative qu’avec d’invraisemblables défauts.

Affiche

OPTIMUS TRIME

Transformers 5 ne détonne en rien par rapport aux thématiques agitées par ses prédécesseurs. On y retrouve une science-fiction de bazar, prétexte à rejouer un affrontement entre tenants du bien et envahisseurs débiles, une fascination morbide pour la figure du soldat et la représentation de la mise à mort, tout comme une propension souvent parasite du metteur en scène à sur-érotiser ses protagonistes féminins, sorte de morceaux de viande humides et suintants.

De même, le dernier chapitre en date essaie d’ajouter un nouvel étage à une fusée mythologique qui n’a désormais plus aucun sens. Pire, elle lance des idées rigolotes à défaut d’être malines (des grosses épées ! la légende Arthurienne !) pour ne jamais s’inquiéter de comment ces divers éléments vont s’imbriquer dans le récit, ou si ce dernier est bien fonctionnel. Et pour le coup, Michael Bay n’avait probablement jamais envisagé sa narration avec un pareil je-m’en-foutisme.

Même quand il est question d’humilier un comédien réputé (ici Anthony Hopkins, après John Turturro et John Malkovich), il semble comme absent à lui-même. L’histoire qui nous est contée s’enchaîne ainsi sans jamais se soucier du spectateur, ne cherchant même pas à dissimuler sa vacuité.

 

Photo Anthony HopkinsBah quoi ?

 

SCHIZOTRON

Encore plus vide, incohérent et vain que les chapitres précédents, The Last Knight demeure néanmoins un terrain d’expérimentations passionnantes pour son auteur. Encore une fois, Bay repousse les limites de l’interaction entre trucages physiques surabondants et imageries numériques, le tout avec une attention apportée au montage et à la photographie indéniables.

Il n’apparaît pas tant incapable de gérer l’espace où se déroulent ses séquences les plus impressionnantes que désireux d’en remodeler les règles à l’infini. Le résultat est écrasant, parfois insupportable tant il provoque d’épuisement chez le spectateur, mais s’avère une signature qui tient à la fois du destruction porn gonzo et d’une forme d’euphorie juvénile qui n’a aujourd’hui aucun équivalent à Hollywood.

 

Photo Mark WahlbergMark Wahlberg, acteur le mieux payé de 2017, on rappelle

 

Signe que Michael Bay est bel et bien en train de questionner la structure et la forme de son art, on est surpris de voir combien il parvient à sortir du canevas traditionnel du blockbuster d’action. À la réflexion, si son métrage est émaillé de centaines de plans spectaculaires, s’il s’efforce de faire de la moindre image un condensé de composition hallucinogène, il ne cherche plus à organiser son récit autour de séquences d’action à proprement parler. Le résultat est à la fois déceptif – le film perd en punch – et intrigant, tant reste en mémoire l’impression d’assister à un work in progress, le développement d’une chrysalide monstrueuse.

Transformers 5 se regarde donc comme un OVNI, dont on ne sait trop s’il est le dernier survivant d’une espèce inconnue venue se désintégrer à nos pieds ou l’ambassadeur d’une nouvelle forme de vie, qu’il nous faudra encore quelque siècles pour comprendre.

 

Affiche française

Rédacteurs :
Résumé

Stupide et virtuose, abrutissant mais riche, Transformers demeure cet éreintant paradoxe, ce parangon de blockbuster décérébré étonnamment expérimental.

Autres avis
  • Mathieu Jaborska

    Tout ceux qui prétendent être restés éveillés jusqu'à la fin mentent.

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Osheridan

Je viens de voir le film. C’est totalement fou le budget que ce film a du demander tellement il y a d’énormes moyens à disposition entre les dizaines d’autos dont une McLaren, Lamborghini, des Mercedes, hyundai et j’en passe côté automobile, les avions de chasse, les hélicoptères, les navires, etc…
Tout ça pour un film où le scénario et les textes des comédiens donnent envie de pleurer ou de rire jaune. C’est atroce.

Des séries TV américaines populaires avec deux ou trois fois moins de budget font 100 fois mieux en terme de pertinence et d’accrochage de leur public.

Ce Transformers 5 est la caricature du blockbuster. Des tonnes d’effets spéciaux et de moyens pour un film où ses acteurs sont presque payés pour tiré le film du bourbier au lieu d’en etre catapulté.
Tristesse un tel gâchis de moyens pour ce résultat là.

omg

Le meilleur depuis film mon curé chez les nudistes

Altaïr Demantia

Un Bay où Bay pousse tous les curseurs à fond comme dans Bad Boys 2.

Perso, j’adore. Le seul truc qui ne va pas dans ce film c’est Wahlberg qui joue toujours aussi mal. Ça et le fait qu’il a du baume pour les lèvres sur la bouche pendant tout le film, on dirait qu’il revient des sports d’hiver. J’ai trouvé ça pertubant.

Sanchez

Effectivement j’ai jamais tenu jusqu’au bout. Déjà je fais un peu trop la fête , pas besoin de perdre des neurones en plus

Hank Hulé

comment ai-je pu dormir avec un tel raffut ?