Transformers 5 : The Last Knight - critique Schizotron

Simon Riaux | 27 septembre 2020
Simon Riaux | 27 septembre 2020

Transformers 5 : The Last Knight, ce soir à 21h sur 6ter

Etrange objet que Transformers, saga née de la volonté de recycler une licence de jouets via un blockbuster aux airs de produit d’appel pour d’autres marques (notamment automobiles), autant que du désir de son réalisateur Michael Bay de se forger une franchise en forme de terrain de jeux à la hauteur de ses délires pyrotechniques. Série de films à la fois uniformes, contradictoires et profondément absurdes, ils échappent en grande partie à l’exercice critique traditionnel, tant en raison de leurs qualités que de leurs invraisemblables défauts. Transformers 5 : The Last Knight, qui a marqué la fin d'une ère avec un score très moyen au box-office (605 millions, loin du milliard de Transformers 4 : L'Âge de l'extinction), reste à ce titre fascinant.

OPTIMUS TRIME

Transformers 5 ne détonne en rien par rapport aux thématiques agitées par ses prédécesseurs. On y retrouve une science-fiction de bazar, prétexte à rejouer un affrontement entre tenants du bien et envahisseurs débiles, une fascination morbide pour la figure du soldat et la représentation de la mise à mort, tout comme une propension souvent parasite du metteur en scène à sur-érotiser ses protagonistes féminins, sorte de morceaux de viande humides et suintants.

De même, le dernier chapitre en date essaie d’ajouter un nouvel étage à une fusée mythologique qui n’a désormais plus aucun sens. Pire, elle lance des idées rigolotes à défaut d’être malines (des grosses épées ! la légende Arthurienne !) pour ne jamais s’inquiéter de comment ces divers éléments vont s’imbriquer dans le récit, ou si ce dernier est bien fonctionnel. Et pour le coup, Michael Bay n’avait probablement jamais envisagé sa narration avec un pareil je-m’en-foutisme. Même quand il est question d’humilier un comédien réputé (ici Anthony Hopkins, après John Turturro et John Malkovich), il semble comme absent à lui-même. L’histoire qui nous est contée s’enchaîne ainsi sans jamais se soucier du spectateur, ne cherchant même pas à dissimuler sa vacuité.

 

Photo Anthony HopkinsBah quoi ?

 

SCHIZOTRON

Encore plus vide, incohérent et vain que les chapitres précédents, The Last Knight demeure néanmoins un terrain d’expérimentations passionnantes pour son auteur. Encore une fois, Bay repousse les limites de l’interaction entre trucages physiques surabondants et imageries numériques, le tout avec une attention apportée au montage et à la photographie indéniables.

Il n’apparaît pas tant incapable de gérer l’espace où se déroulent ses séquences les plus impressionnantes que désireux d’en remodeler les règles à l’infini. Le résultat est écrasant, parfois insupportable tant il provoque d’épuisement chez le spectateur, mais s’avère une signature qui tient à la fois du destruction porn gonzo et d’une forme d’euphorie juvénile qui n’a aujourd’hui aucun équivalent à Hollywood.

 

Photo Mark WahlbergMark Wahlberg, acteur le mieux payé de 2017, on rappelle

 

Signe que Michael Bay est bel et bien en train de questionner la structure et la forme de son art, on est surpris de voir combien il parvient à sortir du canevas traditionnel du blockbuster d’action. À la réflexion, si son métrage est émaillé de centaines de plans spectaculaires, s’il s’efforce de faire de la moindre image un condensé de composition hallucinogène, il ne cherche plus à organiser son récit autour de séquences d’action à proprement parler. Le résultat est à la fois déceptif – le film perd en punch – et intrigant, tant reste en mémoire l’impression d’assister à un work in progress, le développement d’une chrysalide monstrueuse.

Transformers 5 se regarde donc comme un OVNI, dont on ne sait trop s’il est le dernier survivant d’une espèce inconnue venue se désintégrer à nos pieds ou l’ambassadeur d’une nouvelle forme de vie, qu’il nous faudra encore quelque siècles pour comprendre.

 

Affiche française

Résumé

Stupide et virtuose, abrutissant mais riche, Transformers demeure cet éreintant paradoxe, ce parangon de blockbuster décérébré étonnamment expérimental.

Autre avis Mathieu Jaborska
Tout ceux qui prétendent être restés éveillés jusqu'à la fin mentent.

Lecteurs

(3.4)

Votre note ?

commentaires

Matrix R
28/09/2020 à 21:50

Combien de réalisateurs peuvent se vanter de filmer des scénario banaux et être rentable?????
La liste est très faible voire quasi inexistante. Même vos génies comme Lynch se sont mordus les doigts (coucou DUne). L'épisode 5 est le mal de la saga, celui de trop

Birdy
28/09/2020 à 10:14

@ Bran : aie c'est l'alzeihmer qui commence... Tu as oublié tous les (vrais) films qui ont bercés ta période cinéphile... Remarque tu pourras bientôt revoir tous les jours Le Parrain, Les Leone, Jaws, Vol au dessus d'un nid de coucou, Terminator, etc... En ayant l'impression de les découvrir à chaque fois. Nous on se tapera Transformers 8 en souffrant.

Bran
27/09/2020 à 23:45

Plus le temps passe et plus j'aime cette saga y compris le 5.

Birdy
27/09/2020 à 22:00

Les coms du forum sont bien plus droles que ce truc ! ça doit etre dur la vie de critique parfois... vous avez tiré à la courte paille pour désigner qui allait se taper la projo de cet étron ?

Totoro
27/09/2020 à 21:07

Tiens le film qui a gagné le prix du plus mauvais metacritique en 2019! Pour une fois 100% mérité !!
Je ne comprends pas comment quelqu'un de sensé a put laisser sortir ce film ?
Il voulaient en finir avec la franchise ? Le réalisateur a pété un câble en sniffant trop ?...
Et surtout pourquoi personne ne mentionne son problème PRINCIPALE: son montage EPILEPTIQUE ! la camera change toutes les 5 sec chrono, TOUT LE FILM.
Le premier film où j'ai été physiquement obligé de faire une pose dans son visionnage tellement c'était gerbant...en salle je crois que j'aurai juste vomit...
San compter tous les problème de l'histoire en vrac: une fillette de 12-13 ans veut aller à la guerre et tout le monde est d’accords...what ??? La déesse-grosse-big-boss se fait déboiter par un upercute ??? wtf ? etc etc...
Ne pas regarder ce film, c'est vous rendre service, sérieusement !

Bay, le Cineaste epileptique de destruction massive avec des robots cgi et actrices sexy
27/09/2020 à 20:30

j'étais alle voir le numero 1 vers 2006 au cinoche, pour les cgi des robtos photorealistes,et la petite brune toute nouvelle qui était toute jolie et filmée de maniere attentive par Bay...
une revelation qui a fait pschitt, elle a eu ensuite l'idée saugrenue de faire comme les Transformers, à se recarroser visage a tout va
mais apres c'est parti en vrille,tout comme l'acteur Principal, qui est parti en mode deconne apres le super indiana jones avec Tonton Spileberg et papi Ford..
cet opus , là, , en mode rouel libre, Mark Wahlberg, pourtant acteur correct fait la tete, payé des dizaines de millions a s'ennueyer, ila vite arrêter les frais!
la petite cerise,Anthony Hopkins qui cachetonne,

Camille
18/03/2020 à 08:21

Une bouse sans nom,pas étonnant que cesoit un DTV, à côté le 4 était bien.

Sharko
14/07/2018 à 19:45

A cause des changements de format de l'image, c'est irregardable.

Gégéleroutier
14/07/2018 à 09:32

C'est le seul épisode où je suis sorti de la salle avant la fin tellement je l'ai trouvé chiant. C'est même le seul film tout court qui m'a fait sortir avant la fin. J'ai d'abord pensé être trop vieux pour ce genre de film, mais juste après je me suis refait les 4 précédents à la suite et je les apprécie toujours autant.

zimmerfan
13/07/2018 à 22:18

la bande son est effectivement impressionnante et devastatrice,mais il faut reconnaitre que la musique de steve jablonsky est a la ramasse.ca me fend le cœur de dire ca car j'adore le travail du compositeur,surtout sur cette saga avec les themes immenses qu'il a créer .les morceaux sur les autobots et optimus sont a jamais graves dans l'histoire….

Plus

votre commentaire