Jason Bourne : critique sous stéroïdes

Créé : 13 janvier 2019 - Simon Riaux

Matt Damon et Doug Liman avaient dépoussiéré le cinéma d’espionnage en 2002 avec La Mémoire dans la peau, thriller minimaliste et tendu, qui devait connaître deux ans plus tard une suite mémorable, réalisée par Paul Greengrass, qui nous offrait alors un bijou de mise en scène, ovni frénétique au montage proche de l’abstraction. Douze ans plus tard, c’est à nouveau Greengrass qui retrouve Bourne pour un cinquième épisode, sobrement intitulé Jason Bourne, censé remettre la franchise sur ses rails.

photo, Matt Damon
80 réactions

MÊME JOUEUR TAPE ENCORE 

Après un Jason Bourne : l'héritage proche de la catastrophe consacré à un héros subalterne (Jeremy Renner), la saga Bourne, pour révolutionnaire qu’elle fut, semblait mal en point. Sans Matt Damon, ni le réalisateur qui avait porté le marque à son firmament, cet univers semblait voué à la décrépitude. On attendait donc avec curiosité de voir Paul Greengrass revenir aux affaires, avec un Damon plein de stéroïdes dans son sac.

Bien que ce Jason Bourne n’ait pas été vendu comme tel, il fait figure de quasi-reboot. En effet, le scénario donne au personnage de véritables origines, un passé, un trauma familial et des motivations romanesques « classiques », tout en lui accolant une antagoniste (Alicia Vikander) qui devrait le suivre dans d’hypothétiques prochains chapitres.

 

Matt DamonJason Bourne / Matt Damon

 

Si Jason Bourne mentionne ici et là quelques éléments des épisodes précédents, c’est surtout pour en clore les intrigues, les évacuer du récit pour mieux repartir sur de nouvelles bases (voire le sort expéditif réservé à la pauvre Julia Stiles). Hélas, cette normalisation du héros, qui n’est plus l’ombre, le concept détonnant de ses premières aventures, est la partie la moins réussie du film. Les flashbacks narrant son rapport au père, ses nouvelles motivations, ou la description du monde contemporain avec son personnage de simili-Zuckerberg sont beaucoup trop artificiels pour convaincre.

 

Matt Damon, Tommy Lee JonesParlez moi de votre mère

 

FASTE ET FURIOUSSE 

Mais pour ce qui est de l’action, Paul Greengrass prouve une nouvelle fois qu’il n’a pas son pareil pour emballer un cocktail ultra-serré et dévastateur, un ballet cinétique qui laisse le spectateur K.O debout. Le metteur en scène, qui a surmultiplié les idées de mise en scène injectées par John McTiernan au cinéma d’action dans Une journée en enfer - Die hard 3, se contente le plus souvent de rejouer les séquences emblématiques de La Mort dans la Peau et La Vengeance dans la Peau, mais il le fait en les poussant dans leurs derniers retranchements.

 

Jason Bourne 5Il est gros ce flingue

 

Qu’il s’agisse d’une poursuite au cœur d’Athènes que des émeutes transforment en brasier bétonné, de baston ultra-violente dans un sous-sol ou d’une séance de froissage de tôle délirante au cœur du Strip de Las Vegas, Greengrass insuffle une énergie démente à la moindre scène, sans verser dans le montage parfois abscons qui nuisait à la lisibilité du troisième Bourne.

 

Alicia VikanderAlicia Vikander

 

BASTONNEUR PRÉCOCE

On pourra légitimement blâmer le film pour son manque d’ambition et pour son choix de rester jusqu’au bout en terrain connu, voire ultra-balisé. Mais ce classicisme lui permet aussi d’offrir un spectacle pur, dégraissé, un film d’action qui ne s’embarrasse jamais de palabre ou de contextualisation pour analphabète.

 

Jason Bourne 5Il a pas le temps le film

 

En résulte un métrage de deux heures à peine, absolument dénué de temps mort, un divertissement mené tambour battant dans un style impeccable, sans fioriture. Jason Bourne masque à peine son ambition de servir de de base à une franchise renouvelée, lorgnant plus ouvertement sur le terrain des espions classiques, à commencer par James Bond. Un choix qui éloigne la série du choc qu’elle fut il y a 15 ans, mais qui pourrait définitivement la consacrer comme le haut du panier en matière de cinéma d’action grand public.

 

Poster

 

Résumé

Plus un reboot qu'un nouveau chapitre à part entière, cet épisode rejoue les séquences les plus marquantes de la saga avec brio, sans toutefois trouver de tonalité distinctive.

commentaires

Benvoyons 15/01/2019 à 03:37

Comme la majorité des commentateurs et des critiques de rotten tomatoes (note moyenne de 54 pour cent) film est très moyen pour ne pas dire médiocre. Histoire nulle prétexte bidon sur les caméras de surveillance etc...
Ici la note du site est de 3,5/5 cad 70 pour 100 de satisfaction ! Une note bien généreuse !
Pour ma part je me suis ennuyé sur la 2eme partie qui nous ressort les ficelles déjà vues ailleurs genre on appuye sur la sonnerie d alerte au feu pour semer la pagaille dans un hôtel (ce genre de truc qu'on voit déjà dans Heat par exemple) . Pas mal de clichés et une réalisation paresseuse.

STEVE 14/01/2019 à 15:27

Ce film n'est pas désagréable et offre toujours de belles scènes (dont celle se situant à Athènes).

Mais il n'apporte rien à la trilogie. Se calque trop sur les 3 autres (un tueur, ici interprété par Cassel, se lançant a sa recherche etc).
Et la course poursuite à Vegas est trop longue et too much.

Ce film ne détruit pas la saga. Mais n'apporte rien.

Jojo 14/01/2019 à 11:50

On est tous d accord pour dire que les 2 premiers films auraient suffit .....
En tout cas jsui d accord avec moi meme

Gaidon 14/01/2019 à 10:39

Film à éviter quand on a le mal de mer

Lola 14/01/2019 à 05:39

Nette préférence pour les Mission impossible Tom Cruise bien meilleur que Matt Damon

Hank Hulé 13/01/2019 à 20:33

Critique bien généreuse pour ce film inutile et sans intérêt tellement JB prévoit tout en amont. Zero suspense, shakycam so 2000 illisible et histoire pourrie. Enorme déception.

Pieds dans le plat 13/02/2017 à 21:31

Bourne and Furious
J'ai dormi d'ennui.

Zanta 15/08/2016 à 22:15

Une énorme déception.
Il était évident que la trilogie se suffisait à elle-même. Tout était parfaitement bouclé. Mieux que McLane qui va voir Gruber Bros pour jouer à Simon Says. L'histoire était terminée : Bourne a son nom, rideau.
Mais il a fallu qu'ils continuent.
Et le film n'arrive à aucun moment à prouver qu'il a quelque chose à raconter.
Le récit souffre clairement de l'absence de Tony Gilroy à l'écriture. Quelques idées, mais rien que ne décolle, Pas une scène belle, marquante, qui parviendrait à renouer avec la puissance, notamment émotionnelle, des premiers opus. Le dernier acte est au diapason : aucune justification ne sera donnée à ce retour, et aucune promesse de suite. Le perso de Vincent Cassel est une caricature ambulante, et Vikander a l'air d'avoir un balai dans le derrière tout long.
Bref, un ratage.
Pour la suite, qu'ils mettent un scénariste sur le coup. Qu'il puisse développer une histoire capable de porter un 6e et dernier opus confrontant Renner et Damon. Là, ce serait original. Frais.
Et on pourra revoir Joan Allen, Rachel Weisz et Ed Norton.

Bobby Kennedy 10/08/2016 à 10:36

Et si l'imbécile notoire c'était celui qui va lire en entier la critique d'un film avant de le voir ? Une critique sans mention "sans spoilers" (si elle existe, c'est pas pour rien). Sachant qu'il existe un encadré de résumé si on veut juste avoir une idée de la qualité.

Coco 08/08/2016 à 11:25

Merci pour le spoiler Julia Stiles bande d'imbeciles notoires ! !

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