Nos pires voisins 2 : Critique féministe et toxicomane

Simon Riaux | 6 juillet 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 6 juillet 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Nos pires Voisins n’était peut-être pas la comédie la plus hilarante que nous ait offert le cinéma américain ces dernières années, mais elle était une des plus ambiguës, portée par un vrai spleen et un désenchantement inattendu. Que vaut sa suite, dans laquelle Seth Rogen Rose Byrne et Zac Efron s’allient contre une sororité dirigée par Chloe Grace Moretz ?

Ce nouvel opus se propose de renverser l’argument initial. Alors que notre couple de trentenaires routiniers  lutte pour éduquer sa fille, conserver un semblant de vie amoureuse et vendre leur maison, une sororité de jeunes femmes déchaînées s’installe à côté de chez eux. De prime abord, ce nouveau chapitre semble uniquement désireux de multiplier les grosses vannes qui tâchent, d’enquiller les gags réchauffés (le retour de l’airbag) et surtout de ne rien inventer (les scènes centrées sur les amis du couple et les policiers locaux sont tristement poussives).

Neighbors 2: Sorority Rising

 

Certes on rit, mais jamais à gorge déployée, d’autant que l’idée de rappeler le personnage de Zac Efron paraît assez fortement contradictoire avec la conclusion de Nos Pires Voisins premier du nom et sa belle amertume. Il n’empêche, grâce à l’énergie parfois phénoménale de ses comédiens, le récit s’articule plaisamment. Il faut d’ailleurs rappeler ici combien Rose Byrne s’impose une nouvelle fois comme un atout comique majeur, capable d’éclipser sans mal un Seth Rogen parfois un chouia démonstratif dans ses joutes avec Efron.

Mais là où le film marque subitement des points, retrouve le mordant et la mélancolie qu’on attend de lui, c’est dans la description de l’invraisemblable gang de nanas qui terrorise nos héros. La bande emmenée avec un charisme énervé par Chloe Grace Moretz est une relecture féminine de la fraternité de bovins alcooliques du premier opus. Il s’agit d’une sororité montée en dehors du campus et de ses règles, pensées selon une série de principes féministes.

Nos pires voisins 2

Non pas que le film gagne mécaniquement à défendre l’égalité des sexes devant l’alcool et la polytoxicomanie (encore que), c’est plutôt dans la lutte qu’il met en scène qu’il se révèle plaisamment corrosif. Car Nos Pires Voisins 2 décrit une génération, biberonnée aux concepts d’équité, de féminisme et de revendications des droits, capable de renier tous ses principes quand sa sécurité morale ou sociale est menacée.

Nos Pires Voisins 2 parvient ainsi à retrouver le charme amer de son prédécesseur, inclassable mélange de lourdeur et d’acidité, qui lui confère un statut à part dans la comédie américaine.

Poster

Résumé

Nos Pires Voisins 2 parvient ainsi à retrouver le charme amer de son prédécesseur, inclassable mélange de lourdeur et d’acidité, qui lui confère un statut à part dans la comédie américaine.

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Lecteurs

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commentaires
Cyprine3000
10/07/2016 à 12:25

Désolée, je plaisantais N'ya t-il plus de place pour un peu de rigolade dans cette vie ? S'nif s'nif s'nif

kobestar
10/07/2016 à 01:22

Cyprine3000: Le rattrapage du bac s'est bien passé, c'était en 1998. Merci. J'aime beaucoup ta réponse, mélange de suffisance et de mauvaise foi. Je m'incline donc et retourne suer du calbute en regrettant de ne pas avoir connu le terme sororité bien avant, mot utilisé régulièrement dans la vie courante ( je comprends mieux maintenant mes difficultés dans la vie). Si tu repasse par ici pour répondre, lâche toi, j'ai tellement suer du calbute que je l'ai baissé. Je suis prêt pour la fessé.

champy
06/07/2016 à 18:34

Un vrai boulet le zac machin ...

Helljibz
06/07/2016 à 15:31

Et Zac Efron qui en profite encore une fois pour nous montrer ces jolis petits muscles tout gonflés...
C'est vraiment une pouffiasse celui-là

Cervo
06/07/2016 à 14:17

Toujours cette réduction terrible.
Des femmes qui voudraient devenir des hommes...
L'argument était sorti dans les années 60 par les hommes s'opposant au droit des femmes à ouvrir un compte en banque...

Mechanyk
06/07/2016 à 14:09

Il a pas d'humeur le petit Harry, il se vexe de plus en plus. Ironie et second degré, et surtout avis divergents, seraient donc du hater maintenant.

Faudra voir le film en question pour le coup, parce que l'idée n'est pas de désexualiser les femmes, et en faire des hommes. Ce n'est pas parce qu'elles ont envie de faire leur propre groupe, et organiser leurs propres fêtes, qu'elles perdent leur identité de femme.
Notamment parce que ce qu'elles font (la fête) n'est en rien attaché à l'identité masculine, ou alors on a une vision sacrément différente de l'humanité.

Je sais que c'est bien plus simple de résumer tout ça à une femme qui voudrait faire de la métallurgie, ou un homme qui veut faire de la danse classique (c'est bête hein comme exemple), pour pouvoir ressortir ce sacro-saint refrain sur le féminisme et la bien pensance que tout un chacun aime attaquer, mais en l'occurrence elles ne cochent pas les cases qu'un homme fait. Les héroïnes veulent faire la fête sans pour autant aller à celles qu'on leur propose, et décident donc d'organiser leur version. Devenant ainsi des rebelles malgré elles puisque le campus ne les autorise pas à le faire dans leur règlement. Et au passage, elles décident de s'habiller comme elles veulent, et ne pas forcément finir dans une chambre à l'étage avec un des visages de la fratrie. Si y'a là-dedans des cases masculines cochées par les femmes, et un modèle masculin suivi par les héroïnes... Faudra avant tout se questionner sur la manière dont on veut bien ranger les sexes, plutôt que prendre ça pour acquis et indubitable.

Dirty Harry
06/07/2016 à 13:53

merci les haters (et oui j'aime beaucoup Billy Elliot). D'ailleurs dans cette volonté d'uniformisation indifferentielle il faut toujours qu'une femme fasse comme un homme pour être reconnue comme une vraie femme, ce qui démontre que ces gens là n'aiment pas les femmes pour ce qu'elles sont mais seulement si elles cochent toutes les cases qu'un homme fait (encore un corset de plus ?). Aimer et respecter les femmes seulement si elles suivent un modèle masculin n'est pas aimer les femmes.

Mechanyk
06/07/2016 à 13:21

Dirty Harry doit donc adorer Billy Elliott, ce gamin qui joue à la fille.

Chris MacNeil
06/07/2016 à 13:19

Des étudiantes qui veulent faire la fête, danser et picoler selon leurs envies ? C'est sûr que c'est affligeant qu'elles veuillent faire "comme les hommes" et aller sur leur terrain.
....

Dirty Harry
06/07/2016 à 13:08

L'humour de Seth Rogen m'a toujours laissé de coté..., on dirait un humour d'entre-soi posé là comme référence dont je cherche encore ce qu'il y a de drôle deux minutes après la blague....Je pense n'avoir jamais ri devant un de ses films même si la bande annonce m'a légèrement raffermi le muscle supérieur de la lèvre inférieure qui a émis un rictus donc pourquoi pas (après le concept de girlwashing où encore une fois dans le féminisme américain une femme doit faire tout ce qu'un homme fait - pourquoi pas la métallurgie lourde alors - au nom de l'égalité qu'ils confondent avec similitude m'affilgera toujours)

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