X-Men : Apocalypse - critique mutante

Simon Riaux | 9 juin 2019
Simon Riaux | 9 juin 2019

Pour accompagner la sortie de X-Men : Dark PhoenixX-Men : Apocalypse repasse ce soir sur TF1 à 21h

La saga des mutants était revenue en forme et en force avec un X-Men : Le commencement pop et enlevé signé Matthew Vaughn, suivi par un X-Men : Days of Future Past solide mais plus convenu. Bryan Singer est-il parvenu à maintenir les standards qualitatifs de la saga ?

ATTENTION AU VIRAGE

Pour la quatrième fois, le réalisateur de Usual Suspects retrouve l'équipe de mutants Marvellien. Pour ce metteur en scène qui aura très largement contribué à prouver que les super-héros pouvaient être pris au sérieux, ce nouveau chapitre tenait à la fois du casse-tête et du piège fatal. Suite à un début de promotion catastrophique, où photos de plateau trompeuses ont laissé la place à des trailers techniquement inaboutis, le film nous arrive fragilisé dans l'esprit d'une partie du public, alors qu'il tente de négocier un virage particulièrement casse-gueule.

 

X-Men : Apocalypse

Bientôt plus de cheveux pour Charles-Xavier 

 

En effet, s'il ne renie pas l'héritage de la saga, basée sur des personnages forts plutôt que l'overdose de destruction, X-Men : Apocalypse amène ses protagonistes sur le terrain risqué de la confrontation titanesque, de l'opposition à un über-Nemesis à la puissance démesurée. Un cahier des charges déjà usiné par Avengers : l'Ère d'Ultron, Batman v Superman : L’Aube de la justice et Captain America : Civil War, sans jamais aboutir à une proposition pleinement satisfaisante. Autant dire que Bryan Singer, qui n'a jamais été un grand directeur artistique ni un réalisateur opératique, s'avance en terrain miné. Et sans surprise, son film tombe dans certains des pièges qui lui tendaient les bras.

 

X-Men : Apocalypse

Attention les yeux

 

PRODUCTION DESIGN : APOCALYPSE 

Comme redouté, Apocalypse souffre d'un design au mieux raté, au pire absolument ridicule. A la fois daté, absurde et cruellement moche, le géant bleu ne convainc jamais totalement, malgré l'interprétation solide d'Oscar Isaac. En même temps, pas évident de terrifier la Terre Entière quand on ressemble à un méchant recalé d'une parodie de Stargate. Cet adversaire mythique est également desservi par un scénario qui se cogne plusieurs fois contre un obstacle évident : comment raconter en deux heures l'avènement d'une entité invincible et mettre en scène la victoire de ses adversaires ? 

Le script a ainsi recourt à d'énormes trous narratifs pour empêcher Apocalypse de balayer l'humanité en un claquement de doigts (l'utilisation des ogives nucléaires vues dans la bande-annonce risque d'agacer les spectateurs exigeants). Par conséquent, le récit, qui lorgne parfois plus du côté des recettes désincarnées de Disney que de la mécanique narratives des précédents épisodes, peine à nous convaincre.

 

X-Men : ApocalypseApocalypse a le blues 

Pour autant, on aurait tort de qualifier X-Men : Apocalypse d'échec. Tout imparfait qu'il soit, il est tout bonnement un des films de super-héros les plus ambitieux vus à ce jour. D'abord ce X-Men regorge de scènes de confrontation dantesques : si la séquence de l'aéroport vous a impressionné dans Captain America : Civil War, préparez-vous à une véritable rupture d'anévrisme dès lors que les mutants usent de leurs pouvoirs.

Ensuite il opère un choix narratif et esthétique décisif. Certes, on pourra regretter que le film ait opté pour une photo aussi impersonnelle, mais son découpage lui, est terriblement inventif.  Lors de la désormais indispensable séquence ralentie de Quicksilver, dès que les pouvoirs entrent en jeu (Cyclope et Jean Grey sont formidablement servis par la caméra de Singer) mais aussi dans sa représentation du monde.

Dans X-Men : Apocalypse, on ne se balade pas de zones industrielles en parkings délavés. Le film nous emmène dans des lieux bien réels, qu'il incarne et malmène en fonction des exigences du récit. Bryan Singer offre ainsi plus qu'un film d'action tout public, il livre une uchronie qui questionne avec pertinence l'univers où nous évoluons.

 

Photo Sophie Turner

Sophie Turner

SAUVER LES MEUBLES 

Décider de pulvériser Auschwitz lors d'une scène fondamentale de l'évolution de Magneto offre au métrage une force symbolique parfois tétanisante. De même les passages obligés de destruction massive ne sont pas l'occasion de bilans comptables un peu ridicules comme ceux brandis à la face des Avengers, mais la cause d'une souffrance bien réelle. L'apocalypse qui se déploie finalement impressionne, tant visuellement que dans les émotions qu'elle charrie.

Enfin, le film donne corps dans son dernier tiers à une nouvelle et formidable équipe de X-Men, potentiellement la meilleure à ce jour, débarrassée de plusieurs protagonistes dont l'absence était redoutée. Ainsi, dans son refus de se soumettre totalement à l'actuel diktat du moins disant qualitatif et en conervant son ADN, centrée sur les évolutions de ses héros, le film de Bryan Singer nous réserve d'excellents moments de divertissements, malgré des faiblesses indiscutables.

 

X-Men Apocalypse

 

Résumé

Parfois maladroit, pas toujours maîtrisé esthétiquement, X-Men : Apocalypse se hisse cependant au-dessus de la concurrence en termes de créativité et d'ambitions.

Autre avis Geoffrey Crété
X-Men : Apocalypse n'est pas tant mauvais que trop classique. En quête de frissons de pur blockbuster, la saga se perd dans un spectacle très ordinaire, incapable d'assumer le surpuissant Apocalypse, ou utiliser les héros sans se répéter, encore et encore.

commentaires

Indra
16/06/2019 à 16:02

Catastrophique!! Je suis une fan inconditionnelle de X- man mais là c’etait Trop ... Je n’ai rien à dire de positif.... hélas

Brain
10/06/2019 à 11:55

le design d'apocalypse est bien dans l'idée, mais ils auraient du prendre quelqu'un de plus grand pour être plus fidèle au comics (on voit que les chaussures d'Oscar Isaacs sont légèrement compensée pour qu'il soit a la même taille que Fassbender, sinon les effets visuel sont dégeu par moment et le fait que les personage sont censé avoir pris 20 ans entre x-men le commencent et apocalypse.

NW
10/06/2019 à 11:35

Moi je l'aime bien le design de Apocalypse. Il est mieux que 80% des méchants dans le MCU. C'est déjà ça.

Decker
09/06/2019 à 22:14

3 étoiles, vous êtes généreux au vu du désastre artistique...
J'ai largement préféré X-Men Wolverine Origins (2.5 *), beaucoup plus fun et malin.

Stridy
15/09/2016 à 19:00

J'arrive un peu tard mais je trouve la critique de Diez parfaite de bout en bout.

J'ai adoré tous les Singer mais là c'est l'hallu totale. Le scénario a été écrit pendant le tournage, je ne vois pas d'autres explications.

C'est d'autant plus incompréhensible qu'il avait réussi à remettre un peu de clarté dans tous les bordel avec Days of future past.

°°°
23/05/2016 à 16:28

Les "confrontations dantesques" du film haha ! C'est dingue, je ne sais pas ce que Marvel a bien pu faire à Écran Large, mais vous vous jetez constamment sur la moindre occasion pour les dézinguer. Je n'ai pas d'actions chez Marvel, je ne suis pas en émerveillement devant leurs films, mais on ne peut objectivement pas dire que ce X-Men laid, stupide, sans queue ni tête, sans enjeux, sans dramaturgie, sans effets visuels, vaut mieux que Civil War, c'est juste de l'absolue mauvaise foie !

RiffRaff
23/05/2016 à 10:42

Dire que les lieux d'affrontement sont identifiables, c'est quand même une blague. Les lieux sont aussi impersonnels que dans les marvels, spécialement le combat final, au milieu de ruines, qui pourrait avoir lieu n'importe ou...

moi-même
20/05/2016 à 11:53

X-men Apocalypse, aka le sixième de la saga a recycler exactement la même chose (et Magneto méchant mais en fait non, on peut peut-être arrêter ?). Le film était très embarrassant par moments, les nouveaux venus n'apportent rien de plus à l'écran sans compter qu'ils ne font pas avancer l'intrigue d'un pouce et la surenchère de destruction c'est la goutte d'eau. C'est clairement le plus faible la saga avec le 3.

Dirty Harry
19/05/2016 à 17:21

Synger est un bon artisan les X-men sont proprement faits. Mais un artiste, certainement pas ou alors qu'a t il inventé comme forme artistique pour confirmer ce statut ? Superman Returns doit tout à Richard Donner, Usual Suspect c'est Christopher Macquarrie le créateur de ce scénario brillant et dont on peut voir à la suite de sa carrière qu'il connait les genres et les codes mieux que Synger qui lui, est uniquement au service des idéologies qui n'ont pas été inventées par lui comme défense des minorités (X-Men) la peur du nazisme rampant jusqu'aux vieux tuteurs s'occupant de brillants élèves (un élève brillant, Walkyrie)...bref rien de neuf si on allume la TV, on entend les mêmes passions médiatiques. Jack et le chasseur de géants aurait pu être réalisé par n'importe quel yes man de chez Blanche Neige et le Hunger Divergente de chez Twilight et le X-men de Vaughn montre qui a le magic-touch avec cette BD. Un artisan oui, quelque fois ayant un flair pour le bon projet/scénario mais certainement pas un créateur de formes qui a des disciples.

diez
19/05/2016 à 11:00

Nan, mais les gars si certains trouvent un artiste suréstimé cela ne veut pas automatiquement dire que c'est un naze.

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