Pan : critique imaginaire

Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 30/06/2019 22:49
Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 30/06/2019 22:49

Premier blockbuster de Joe WrightPan devait être le chapitre introductif d’une trilogie consacrée aux origines du héros inventé par J.M. Barrie, Peter Pan. Mais après un cafouillage qui amènera à repousser sa sortie estivale jusqu’en octobre et un flop retentissant sur le territoire américain, cet ambitieux projet semble d’ores et déjà avorté. Un échec mérité ?

I BELIEVE I CAN FLY

Ce n’est pas vraiment un scoop, les rêves d’enfants sont anarchiques, formidables juxtapositions d’envies et de souhaits parfois contradictoires. Qui n’a jamais rêvé de chevaucher une licorne bicéphale, montée sur ressorts, armée de grenades à fragmentation et chantant du métal ? Voilà qui tombe bien, car c’est précisément ce qu’est le Pan de Joe Wright : une licorne bicéphale, montée sur ressorts, armée de grenades à fragmentation et chantant du métal.

 

Garrett HudlundLa carte de l'échec commercial

 

En moins d’un quart d’heure, le réalisateur empile ainsi les univers et les références à une vitesse frénétique. D’une introduction en forme de film noir, on passe à du pur Dickens, pour enchaîner à toute vitesse sur une bataille spatio-navale (vous avez bien lu) dans le ciel d’un Londres bombardé par les forces de l’Axe. Une première bobine qui se conclut par un voyage en direction du pays imaginaire, à travers une séquence qui emprunte beaucoup à Yellow Submarine pour sa poésie psychédélique.

 

Hugh JackmanJeu d'ombres

 

Et il ne s’agit là que de l’ouverture du film, qui va ensuite s’emballer pour trouver non pas une vitesse de croisière, mais bien un rythme qui s’approche de la folie furieuse. Les inventions visuelles, les hybridations stylistiques s’entremêlent quasiment dans chaque plan alors que Joe Wright transforme et tord la mythologie de J.M. Barrie (en en respectant scrupuleusement l’esprit). Que Barbe Noire, sous les traits d’un fabuleux Hugh Jackman grimé en samouraï, entonne Smells like Teen Spirit de Nirvana avant de massacrer des enfants, ou que Garrett Hedlund marie Indiana Jones et James Dean tel un funambule, l’euphorie des mélanges contamine rapidement le spectateur.

 

Garrett HudlundOn s'envole ?

 

PAN DANS LA GUEULE

Bien sûr, cette gloutonnerie visuelle, ce raz de marée d’influences, qui convoque aussi bien Akira que Superman lors d’un final épique, ne s’accomplit pas sans que l’on sente ici et là le poids du studio. La structure narrative de Pan est ainsi très fonctionnelle. Et si on eut apprécié des rebondissements un peu plus audacieux, cette apparente faiblesse permet cependant au métrage de se focaliser sur ses innombrables décharges esthétiques.

 

PanHugh Jackman

 

De même, on pourra regretter que le personnage de Mouche soit trop mécanique, ou que l’excellente Rooney Mara ne bénéficie pas de plus de temps de présence à l’écran pour infuser son charme acéré.

Mais ces menus défauts n’entament en rien l’émotion dégagée par Pan. Elle naît de cet empilement anachronique et invraisemblable, de cette connexion d’idées explosives. Car pour ressusciter notre enfance, il fallait nous replonger dans cet état proche et lointain ou l’imagination, encore débridée, associe avec gourmandise des objets épars et hétéroclites. Joe Wright y parvient avec une maestria bouleversante.

 

Affiche

 

Résumé

Frénétique et magnétique, Pan est un rêve de gosse anarchique et généreux, qui nous explose en pleine figure.

commentaires

Jojo
26/06/2019 à 10:40

Merci Écran Large, ce film est très très sous estimé et mérite justice !

diez
26/10/2015 à 13:14

Merci EL. Encore une fois je ne vous comprend pas toujours. Mon roi est une belle experience de cinéma. Mais au dela de ca, vous avez reussit à saisir l'idée dominante de PAN. Un esprit aventuresque qui parcours le joies et peur de l'enfance et qui se permet des moments absoluments improbables sans pour autant etre idiots. Je pense a ces nombreuses idées qui font de PAN une aventure folle et originale. De la vraie féerie qui n'a rien à envier à Harry Potter. JOE Wright est genereux, pourzuoi ce flop ?

Il serait vain d'esperer la trilogie relancée par un potzntiel succes international, mais je vais esperer tellement le film malgré quelques defauts, vaut le detour.

Booker Dewitt
15/10/2015 à 16:47

Bonne critique, bravo (malgré les spoilers

Simon Riaux - Rédaction
15/10/2015 à 15:54

"Taper", c'est effectivement le terme approprié.
;-)

Joe Staline
15/10/2015 à 15:47

ttf, la rédaction te propose de venir faire un stage chez eux. Ton humour leur a tapé dans l'œil, apparemment ...

Bolderiz
15/10/2015 à 15:06

ttf: +1000 ^^

ttf
15/10/2015 à 14:17

Tu connais l'histoire de Pan le film ?
Ben en fait il traverse la route et PAN! le box office.

LambdaZero
15/10/2015 à 12:18

ça a l'air bien délirant, en effet.

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