La Ritournelle : Critique

Geoffrey Crété | 5 juin 2014
Geoffrey Crété | 5 juin 2014

En l'espace de quatre films, Marc Fitoussi s'est créé un monde bien à lui, en équilibre fragile entre la réalité sociale et la fantaisie de l'ailleurs - la célébrité dans La Vie d'artiste, la Belgique dans Copacabana, l'Italie dans Pauline détective

Variation légère sur le rat des villes et rat des champs, La Ritournelle, d'abord intitulé Folies Bergère, fait d'Isabelle Huppert un animal trop curieux, lancé sur la piste d'un espoir dans la capitale, coiffée d'une chapka telle une héroïne d'un autre temps.

Mais le refrain bien connu du choc des civilisations, redouté dans ce genre d'exercice, sert moins de moteur au réalisateur que les lubies de son héroïne, alter ego plus terrestre de la Bambou de Copacabana. L'écriture pêchue de Fitoussi donne ainsi lieu à des moments savoureux, lorsque Brigitte questionne deux policiers qui arrêtent un vendeur de fruits et légumes à la sauvette, ou encore quand elle comprend la triste fin de la littérature italienne dans les appartements parisiens. Cet humour, qui anime la filmographie du metteur en scène, s'affine film après film, jusqu'à donner lieu ici à une aventure décalée, drôle et désuète, au charme indéniable.

 

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Réglé comme un métronome, Marc Fitoussi retrouve ainsi Isabelle Huppert quatre ans après Copacabana, alternative à son autre muse Sandrine Kiberlain, héroïne de ses deux autres films. Dans une performance légère mais pleine d'humanité qui rappelle le beau In another country, elle illumine le film, sinon coincé dans une mise en scène beaucoup moins inspirée que celle de Pauline détective - hormis la séquence d'acrobatie, assez magnifique. Mais malgré une dernière demi-heure poussive, qui s'étire au lieu de resserrer l'intrigue, La Ritournelle laisse un goût enchanteur, simple mais fort agréable.

 

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