Le Hobbit : La désolation de Smaug - critique du dragon

Simon Riaux | 27 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:13
Simon Riaux | 27 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:13

Après Le Hobbit : Un voyage inattendu, Peter Jackson continue sa route en Terre du Milieu avec Le Hobbit : La Désolation de Smaug, où le tant attendu dragon apparaît enfin.

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L'OR DE L'AVENTURE

Ce n'est un secret pour personne, Peter Jackson ne voulait pas de la réalisation du Hobbit. Une hésitation qui pesait lourdement sur Un Voyage inattendu qui prenait trop son temps, s'attardait parfois lourdement sur les pas de ses aînés sans parvenir à renouer avec leur épique candeur. 

C'est donc un peu reculons qu'on aborde ce Le Hobbit : La Désolation de Smaug et ses 170 minutes, craignant d'assister une fois de plus à une œuvre richissime mais dirigée en pilote automatique. Mal nous en aura pris, tant l'auteur de ces lignes (et ses vils camarades) méritent d'être passés au bûcher pour tant de scepticisme, car avec ce nouvel épisode, le réalisateur néo-zélandais renoue avec la puissance, la générosité et le sens de l'hyperbole qui caractérisent son cinéma.

 

Vous ne passerez... ok passez

 

Fini les chansonnettes de nains, les promenades bucoliques et les mignonnes bestioles : l'heure est à l'aventure, la vraie. Un sentiment qui étreint le spectateur dès l'ouverture du film, en forme de flash-back sur fond de prophétie et de taverne mal fréquentée, superbement enchaînée avec une traque nerveuse, angoissante, rythmée par les assauts d'une formidable créature. Cette pression ne se relâchera jamais, comme si Peter Jackson, conscient d'avoir un peu traîné à l'allumage, devait désormais remplir son métrage ras-la-gueule de séquence stupéfiantes et iconiques.

 

Le film multiplie ainsi les morceaux de bravoures virevoltant, dont l'énergie et le ludisme ne seront pas sans rappeler les brillantes Aventures de Tintin. Monstres, combats, poursuites et climax d'anthologie, Le Hobbit : La Désolation de Smaug nous entraîne dans une odyssée parfois vertigineuse, qui approche souvent la grâce majestueuse du Seigneur des Anneaux.

 

 

De l'or, mon seignor

 

SMAUG-MOI

 

S'il s'avère probablement l'un des très rares blockbusters à ne pas prendre régulièrement son public pour un amas de gogos bourrés à la root beer, ce Hobbit nouveau n'est hélas pas exempt de défauts. Ainsi, les effets spéciaux ont beau souvent confiner au sublime, certaines erreurs et fautes de goût détonnent sévèrement, telle la vilaine apparition du non moins vilain Sauron, certains pouvoirs de Gandalf ou la dramatique « vision de l'anneau », qui ira jusqu'à terriblement gâter l'apparition de Smaug.

 

Ce dernier offre au film un climax exceptionnel de force et de beauté, ressuscite le temps d'un plan bouleversant et irisé d'or tout l'héritage de Willis O'Brien et Ray Harryhausen avant de se voir décapité par un climax d'un goût douteux. Saisissante sur l'instant (vous risquez de vous étrangler sur votre siège), la conclusion de ce deuxième épisode refuse finalement au spectateur la jouissance qu'il était venue chercher – et avait amplement mérité ! - celle-là même que Peter Jackson semble enfin décidé à lui offrir.

 

 

Des personnages toujours peu développés

 

Le désintérêt relatif (infiniment moindre que dans le film précédent) du réalisateur pour ses personnages principaux est encore perceptible, tant il offre de séquences enlevées au duo Evangeline Lilly-Orlando Bloom et évite de s'appesantir sur les rapports qui structurent la compagnie des nains, mais largement évacué par la densité de l'ensemble ; toutefois le sentiment retrouvé d'assister à une explosion cinématographique que son auteur lui-même est incapable de réfréner balaie rapidement cette réserve.

 

Et s'il recycle parfois des figures glorieuses de ses précédents travaux (les araignées géantes, des décors déjà visités, ou un Smaug qui a probablement regardé King Kong trop souvent depuis sa caverne au trésor), c'est pour à nouveau nous griser le temps d'un climax d'une bonne demie heure. Encore une fois, la mécanique s'emballe pour mieux pulvériser nos attentes et nos craintes dans un déluge de feu.

 

 

 

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Résumé

La vraie aventure commence dans La Désolation de Smaug, une suite puissante et riche, remplie de séquences stupéfiantes et sensationnelles.

Autre avis Geoffrey Crété
Moins niais, mou et éparpillé qu'Un voyage inattendu, Le Désolation de Smaug retrouve un peu la flamme de l'aventure, principalement dans sa dernière partie consacrée au dragon, aussi excitante que spectaculaire. Reste que l'équilibre global de la trilogie est bien étrange.

Lecteurs

(3.2)

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commentaires

Flo
19/02/2020 à 13:46

« Toi qui entre dans l’univers du Hobbit, abandonne tout cynisme! »

Même chose que pour le premier film, 6 chapitres correspondant, qui cloisonnent l’action à ce qui existe déjà dans le bouquin. Disons qu’il s’agit d’une structure plus ou moins élastique, ce qui n’empêche pas la sensation là aussi que tout ce qui y est rajouté n’est là que meubler le tout au max (en dehors des scènes d’actions, forcément plus denses que sur papier).
Mais là il y a une bonne nouvelle, c’est qu’au même moment où les humains commencent à se montrer, et avec eux les promesses de dramatisations bien concrètes (surtout par rapport à leur statut futur en Terre du Milieu), les héros montrent eux aussi une caractérisation plus réelle. Bilbon et Thorin laisse le poids de leur mission commencer à peser sur eux, et comprennent surtout leurs conséquences. C’est alors que le thème véritable de cette trilogie, hormis l’idée de la Grandeur du plus Petit, émerge: L’Avidité.
Celle des Nains, des hommes, et de Thorin surtout orgueilleux au point de rejeter l’amitié naissante avec Bilbon pour ne le considérer à nouveau plus que comme « leur cambrioleur ». L’orgueil de Bilbon lui même, qui cache encore l’existence de l’Anneau pour justifier son courage. Enfin l’avidité et l’orgueil de Smaug poussé à son paroxisme de la vilainie, autant que ne le fut celui, misérable, de Gollum. A quoi peut bien servir un trésor immense à un dragon, hormis de litière géante ? A rien, juste à posséder et montrer un pouvoir absolu. Une version monstrueuse de l’Oncle Picsou.
Smaug est LE gros morceau du film, dans sa/son dernière demi-heure/chapitre, le retour officiel des monstres fabuleux ET méchant au cinéma après de timides percées ces dernières années tels Thanos ou les envahisseurs de "Pacific Rim". Un maître étalon parfait (quoique visuellement pas assez « éclatant » de couleurs), qui se payent le luxe d’être imbattable.
Et pourtant le combat de l’infiniment grand contre l’infiniment petit est un des meilleurs qui ait jamais eu au cinéma. Et Benedict Cumberbatch se retrouve (encore! mais il a quelque gentils à son actifs) avec un rôle de grand vilain arrogant bien meilleur que les meilleurs… et le « Nécromancien » !
Est-ce à dire que ces deux là sont une sorte d’entités satellites du Mal Absolu ?

Bien bien bon (Bilbon?) !

Opale
28/10/2019 à 11:12

Le dessus du panier des blockbusters, pas exempt de défauts, trop de SFX mal fichus, des couleurs criardes et de mauvais goût mais l'ensemble tient bien la route malgré tout.

greg67
28/10/2019 à 09:56

Peut-on juger un film en le voyant sur un écran de PC ou de télephone?
Ce genre de film est fait pour le ciné, ou au moins pour un home cinema avec une grande image et un bon son.

Yellow Banshee
28/10/2019 à 08:40

J'ai trouvé ce film trop long, trop étiré avec trop de fx, modèle 3d des perso visibles par exemple ,... Les modèles 3d c'était le plus insupportable, à chaque corégraphie de combat on voit un modèle 3D ... C'est quoi l'intérêt, on regarde un film à plus de 100 millions ou une cinématique de jeu console ? Vers la fin je me souviens en avoir eu marre de m'ennuyer et enlever le plein écran pour surfer sur internet. Enfin bon pour le dernier je crois que j'ai laché l'affaire au tiers du film. Néanmoins j'ai beaucoup aimé le décors et l'histoire de la ville sur le lac, mais ça ne dure pas très longtemps.

!!! Précision importante pour voir cette trilogie sans saccades !!! qui donne le mal de mer, il vous faut un >> écran qui puisse afficher les images à une fréquence de 144hz <<

Ken
27/10/2019 à 22:17

J’ai détester tout le long du film sauf quand ils arrivent enfin à la rencontre de Smaug, dès lors le film commence enfin est c’est super toute cette scènes à elle seul vos tout le film. En revanche c’est mauvais quand ils arrivent à Lacville c’est tellement ennuyeux je trouve qu’ils manque l’âme du SDA dans lé Hobbit

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