Populaire : critique dactylographiée

Laurent Pécha | 14 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:26
Laurent Pécha | 14 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:26

Pour son premier film, Regis Roinsard, également co-scénariste, frappe avec insistance, à la porte des cinéastes français à suivre de très près. Et le monsieur semble avoir de l'ambition à revendre quand on juge ce que Populaire arrive à offrir pendant deux heures filant aussi vite que son héroïne tape à la machine à écrire.

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MACHINE À DÉCRIRE

Alors que les comédies ou les romances françaises sont généralement esthétiquement très pauvres et ne montrent aucune réelle velléité artistique, et encore moins sociologique, Regis Roinsard prend ici à bras le corps tout un genre pour l'amener vers des sommets quasi vierges de tout référent. Le cinéaste connaît ses classiques et à l'instar de ce que Michel Hazanavicius a su faire avec les OSS 117 et plus encore The Artist, truffe son film de clins d'œil au cinéma qu'il a aimé en grandissant.

A l'instar de ce vibrant hommage au Sueurs froides d'Hitchcock - bien loin de la simple citation, la séquence se montre incroyablement troublante - Populaire constitue déjà un régal de cinéphile, au point qu'il faudra plusieurs visions pour déceler tous les subtiles références glissées par le réalisateur.

 

Romain Duris et Déborah François

 

Mais, loin d'être un simple véhicule à citations cinématographiques, Populaire est aussi et surtout une formidable comédie de mœurs qui nous plonge dans une France de la fin des années 50 où le rôle de la femme au travail est encore bien loin d'une quelconque émancipation. Etre la secrétaire du patron est alors un aboutissement pour la plupart des jeunes femmes désireuses de connaître une vie exaltante à la ville. Mais pour cela, il faut savoir faire preuve de dextérité derrière une machine à écrire.

 

Fast & Fabulous

 

DACTYLO-RACE

Cela tombe bien, notre héroïne, la jeune Rose - la craquante Déborah François, enfin dans un premier grand rôle à la mesure de son énorme talent - semble avoir des dispositions hors du commun. Encore faut-il les mettre à bonne contribution, ce que va se charger de faire son jeune patron - Romain Duris comme un poisson dans l'eau - en la coachant dans le but de devenir championne de France de dactylographie et ce non sans tomber doucement sous le charme de la jeune provinciale.

Entre romance et film de sport, Populaire carbure à plein régime, maniant les deux univers avec une égale maestria en en respectant tous les codes et figures incontournables. Il y a au programme des réjouissances du rire, des larmes, de l'émotion et du suspense. Bref, chapeau pour avoir réussi à rendre cinégénique des concours de dactylographie. Regis Roinsard et son équipe ont su recréer une France d'époque qui ne sent jamais la naphtaline chère à d'autres moins inspirés. Et ainsi offrir à un public que l'on imagine totalement réceptif car respecté.

 

 

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Résumé

Populaire porte très bien son nom et devrait trouver sans mal son chemin dans le coeur du spectateur.

commentaires

dams50
14/10/2019 à 20:20

avec une mention spéciale à la sélection musicale, dont :
* Jacqueline Boyer : le tango des illusions,
* et l'énorme tcha-tcha-tcha de la secrétaire

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