Critique : Take this waltz

La Rédaction | 3 septembre 2012
La Rédaction | 3 septembre 2012

Pour :  4/5

"New things get old"

Quel plaisir de retrouver Sarah Polley. La jeune cinéaste avait déjà montré toute la mesure de sa délicatesse dans Loin d'elle. Avec Take this waltz, elle étudie le sentiment amoureux sous le prisme de la tentation. Margot (Michelle Williams), en couple avec Lou (Seth Rogen), se laisse séduire par Daniel pendant un voyage. Ce qui aurait du être un simple béguin devient une obsession à la minute où elle découvre que le bel étranger habite dans la même rue qu'elle. Margot livre une guerre acharnée pour réfréner son désir et rester fidèle à son époux. Car elle aime profondément Lou. Mais sa chair, irrépressiblement attirée, lui dicte de succomber à la tentation. Sarah Polley traduit sublimement l'impasse de son héroïne, le choix cornélien entre l'amour confiant, raisonnable, et l'aventure renversante. Le quotidien entre Margot et Lou est aussi débordant de complicité que sa passion avec Daniel est électrique. Et la réalisatrice ne prend pas parti. Elle laisse ses protagonistes se débrouiller avec leur propre conscience. Des films aussi doux avec leurs personnages sont bien trop rares au cinéma. Ni moralisateur, ni bien-pensant, Take this waltz décortique chaque strate du sentiment amoureux, chaque étape de la tentation, tout en parvenant à réhabiliter le quotidien. La routine aussi est sexy chez Sarah Polley.

Laure Beaudonnet

 

Contre : 1,5/5

Précédé d'une réputation des plus flatteuses, Take this waltz  a sacrément divisé la rédaction. C'est le moins que l'on puisse dire devant cet ampoulé film faussement indé qui plonge dans tous les pièges possibles. A commencer par celui d'offrir une vision des désirs féminins qui pourrait faire croire à une misogynie notoire si ce n'était pas une femme derrière la caméra. Car, oui, c'est bien connu qu'une femme s'épanouira plus avec un mec qui lui propose des threesomes qu'avec un autre attentionné qui lui fait la cuisine. Ah l'éternel dilemme féminin entre l'aile ou la cuisse ! Sarah Polley ne nous épargne aucun des passages obligés de cette histoire du trio classique du mari, la femme et son (futur) amant. Et elle a beau se la jouer cinéma d'auteur européen avec sa nudité frontale naturaliste (les plans peu grâcieux de Michelle Williams et ses amies sous la douche de la piscine), ses séquences maniérées (le ridicule plan séquence circulaire sur fond de Take this waltz de. Leonard Cohen pour montrer les joies puis les habitudes du couple), son Take this waltz ne réussit qu'à nous ennuyer profondément tout en suggérant que la vie de célibataire a sacrément du bon. Merci Sarah !

Laurent Pécha

Résumé

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire