Critique : Ombre du mal (L')

Laurent Pécha | 19 juin 2012
Laurent Pécha | 19 juin 2012

Faire d'Edgar Allan Poe le héros de son propre univers, voilà une idée de cinéma particulièrement excitante. D'autant que pour interpréter le célèbre écrivain, le choix de John Cusack s'avère judicieux, l'acteur étant capable d'habiter ses rôles avec une vraie maestria. Le hic dans cette Ombre du mal, viendrait plutôt du côté de son réalisateur, James McTeigue, qui, après le moyen V for Vendetta, avait commis la bouse Ninja assassin. Bien plus à l'aise en bras droit des Wachowski sur les Matrix et Speed Racer, McTeigue n'offrait aucune assurance pour être un bon conteur d'histoire et le risque de découvrir un ersatz boursouflé de Sherlock Holmes rencontre From Hell était grand.

Heureusement, et de manière étonnante, McTeigue fait preuve d'une grande sobriété. S'appuyant sur une jolie reconstitution d'époque, certes un poil trop propre, le réalisateur se concentre sur l'ambiance oppressante qui pèse sur Poe, chargé d'enquêter sur de mystérieux meurtres inspirés de ses écrits. Dans cette course contre la montre (la fiancée de l'écrivain étant vite en danger de mort) qui rappelle furieusement Seven, John Cusack fait merveille apportant sans cesse la fièvre et l'inspiration qui manquent au récit. Au point de nous faire presque avaler les trop nombreux rebondissements d'une intrigue un brin trop bavarde et rocambolesque.

Une intrigue qui a toutefois le grand mérite de nous replonger de manière parfois subtile mais toujours très ludique dans l'œuvre de l'écrivain grâce à des clins d'œil que les aficionados sauront apprécier. Sans jamais tomber dans l'excès du « Poe pour les nuls » et en réussissant avant tout à créer un vrai beau personnage de fiction au détriment des autres acteurs, relégués à de la figuration de luxe, L'Ombre du mal mérite mieux que la relative indifférence dans laquelle il semble sortir en France, après une carrière ratée aux USA.

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