Men In Black 3 : critique grise

Aude Boutillon | 29 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:11
Aude Boutillon | 29 mars 2019 - MAJ : 31/03/2020 13:11

1997. Tandis que Paul Verhoeven manie brillamment l'humour et la SF pour signer un pamphlet assassin avec Starship troopers, une autre comédie extraterrestre sensiblement plus inoffensive voit le jour, portée par un tandem d'agents antipodiques aux confrontations irrésistibles : Men in black. Un succès retentissant, qui justifiera la mise en chantier d'un Men In Black II nettement plus oubliable. Dix ans après, J et K sont de retour sur le terrain.

J/K FOR...

Si la réunion des deux têtes d'affiches de la saga pouvait constituer l'argument central -voire unique- du second opus, Men In Black III choisit au contraire de tabler sur la séparation physique des deux acteurs pendant une majeure partie du film. Face à un alien belliqueux fraîchement échappé de prison, détenteur du pouvoir  de voyager dans le temps et un poil remonté contre le responsable de son incarcération, J n'a en effet d'autre choix que de bondir vers l'année 1969, afin de sauver son partenaire, que Boris l'Animal, version 2012, a fermement l'intention d'abattre.

 

photo, Tommy Lee Jones, Will SmithOubliez Tommy Lee Jones

 

Exit Tommy Lee Jones, donc, et place à Josh Brolin, qui fait illusion sans grand mal en Agent K rajeuni d'une petite quarantaine d'années. C'est sans céder aux sirènes de la caricature que l'acteur parvient effectivement à s'approprier la gestuelle et l'intonation de son aîné et futur-moi, que l'on devra se contenter de réapercevoir furtivement à l'occasion de la scène de fin du film. Si les afficionados du couple J/K devront ainsi se résoudre à renoncer à l'alchimie qui unissait Will Smith à Tommy Lee Jones, la prestation de son double rafraichi reste suffisamment convaincante pour ne pas menacer l'existence même du personnage, malgré l'absence de son interprète principal.

 

photo, Josh BrolinJosh Brolin

 

... JUST KIDDING

Dommage, lorsque la complicité est indubitablement installée, d'assister à de laborieux échanges comiques excessivement écrits, additionnés à des gags d'un niveau général décevant, et qui amènent à regretter la fraîcheur de l'humour du premier épisode. Passé quelques sketches poussifs, le contexte historique ne sera ainsi pas particulièrement exploité (deux hippies, Andy Warhol, Yoko Ono, du papier peint à losanges, terminé) et fait davantage office de prétexte au développement de l'intrigue, qui saisit l'opportunité d'un événement bien particulier de l'année concernée pour installer son dénouement.

Le résultat de tous ces petits tours temporels est cependant bien bancal, la faute notamment à des incohérences liées aux problématiques de time-line. Le sort de la planète, en fort mauvaise posture au départ de J, est quant à lui largement snobé au profit du développement de la relation des deux personnages principaux, et qui s'achèvera -en partie- sur un ton résolument guimauve, alors que l'humanité du personnage grincheux et indéridable incarné par Tommy Lee Jones avait déjà été soulignée avec bien plus de subtilité par le passé.

 

photoUn animal bien sauvage

 

On regrettera également l'absence notoire d'un méchant pourtant charismatique, malgré une catchphrase lourdingue, qui apparaîtra de façon relativement sporadique avant la confrontation finale. Il faudra qui plus est se contenter de ces manifestations, le bestiaire se faisant relativement faiblard au sein de cette troisième épopée, à l'exception d'une séquence riche en étrangetés, prenant place dans un restaurant chinois.

Sorti du capital sympathie de la saga Men in Black, et passé le plaisir de retrouver un tandem efficace, tempéré par l'absence d'un des deux protagonistes durant une bonne partie du film, difficile de voir en son troisième opus un épisode solide et complet, Men In Black III se contentant d'exploiter les bases installées par son prédécesseur pour emporter l'adhésion, sans particulièrement en enrichir la mythologie, ni même les tenants et aboutissants.

 

Affiche française

Résumé

Divertissant, mais loin de constituer un ultime épisode pleinement satisfaisant.

Lecteurs

(0.5)

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commentaires

Maurice Escargot
30/03/2020 à 19:10

J'ai eu exactement cet avis en le voyant en salles, et finalement, au fil des revisionnages en DVD, je trouve que le capital sympathie l'emporte sur les (nombreux) défauts.
C'est incohérent, le côté 60's est traité par-dessus la jambe, etc... Mais Will Smith ne tire pas la couverture rien qu'à lui (gros défaut du 2, pour moi), et le film reste surtout assez humble et conscient de son aspect de divertissement old-school, tout compte fait assez généreux.

Will
30/03/2020 à 00:25

J préfère walking dead non

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