Lock Out (Sécurité maximale) : critique

Simon Riaux | 12 avril 2012 - MAJ : 19/02/2020 11:51
Simon Riaux | 12 avril 2012 - MAJ : 19/02/2020 11:51

Certains films avancent masqués, et dévoilent, lentement mais sûrement des trésors de subtilité, d'autres lâchent sans crier gare un concept inédit et fascinant pour mieux capter notre attention, certains déploient une poésie nonchalante et addictive, de plus rares s'échinent à parfaire leur technique, jusqu'à ce leur science du cadre et du montage nous happe tout à fait. Il en existe de plus improbables, qui exhibent avec candeur leurs défauts et outrances, comme certains légionnaires leurs parties intimes au regard de quelques jouvencelles faussement effarouchées. Lock-out est de ceux là, et n'hésite pas à déballer instantanément son gros paquet à l'écran.

Il faudra moins de dix minutes à messieurs Mather et St. Léger pour exposer le propos de la chose, à savoir un melting pot improbable entre New York 1997 (ce dernier est littéralement pillé) Le Dernier Samaritain, et une bonne lampée des ingrédients indissociable de toute bonne prod Europa Corp (à savoir des vilains pas beaux, du tabassage de demoiselle en détresse, et de la vanne bien sexiste).

 

Guy Pearce

 

Une hystérie qui est sans doute la plus grande force du film, et lui permet de faire passer assez aisément sa grosse pilule. Le budget serré l'oblige à se détourner rapidement de son argument (une évasion spatiale au sein de la plus grande prison orbitale de l'univers), et de réduire ses centaines de prisonniers enragés à une dizaine de figurants mal rasés, ou ses séquences numériques à des transitions épileptiques qui feraient passer un clip de Pitbull pour du Malick.

Conséquence, le scénario se penche sur l'humour de son personnage principal, interprété par un Guy Pearce totalement azimuté. L'auteur de ces lignes a dénombré pas moins d'une quarantaine de punchlines, qui, bien qu'inégales, assurent une continuelle auto-dérision, jamais loin du pur absurde, et des soubresauts badass appréciables.

 

Photo Joseph Gilgun

 

On pourra se régaler d'entendre Pearce placer des répliques d'un mauvais goût exquis entre deux distributions de mandales, mais c'est bien le mélange de naïveté et d'opportunisme de l'ensemble qui retient l'attention, pour le pire comme le meilleur. En effet, on a bien du mal à trouver une idée ou une séquence que l'on ait pas déjà découverte dans un autre film (c'est fou tout ce qu'on peut faire avec New York  1997), presque toujours en mieux, cette attitude à la limite du plagiat a pour effet imprévu de plonger le spectateur dans un bain chaud de références servies pêle-mêle. En découle un plaisir certes régressif, mais incontestable.

La limite de l'exercice est néanmoins très vite atteinte, et si équilibre il y a entre fourvoiement et blague grasse, le spectacle qui nous est proposé n'en demeure pas moins un bon vieux Z des familles. Son rythme effréné, sa franchise et ses délires constants nous le rendent éminemment sympathique, reste à savoir s'il est recommandable à un public plus large, qui devra lui, payer pour le visionner.

 

Affiche française

Résumé

Imaginez que votre cousin trépané et collectionneur de petites culottes ait écrit un remake de New York 1997. 

Lecteurs

(5.0)

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