Critique : Date limite

Laurent Pécha | 10 novembre 2010
Laurent Pécha | 10 novembre 2010

Alors que le tournage de Very bad trip 2 a débuté, Date limite sort à point nommé pour faire sympathiquement patienter les aficionados de la comédie surprise de l'année 2009. Sous l'effigie de Warner, l'heureux distributeur,  on retrouve ici effectivement le même réalisateur et l'un des acteurs principaux  (Zach Galifianakis, le plus drôle de la bande) de The Hangover. Pour rendre le tout encore plus séduisant pour le grand public, on rajoute le désormais incontournable Robert Downey Jr., prêt à la passe de trois au box-office 2010 après les cartons de Sherlock Holmes et Iron Man 2. Et on garde la même ligne de conduite humoristique à base de gags bien salaces mais pas trop quand même pour ratisser large. Une recette éprouvée qui fonctionne toutefois nettement moins bien sans pourtant échouer dans son entreprise : nous faire passer un bon moment.

Les plus anciens et fans de John « tu nous manques tant » Hughes reconnaîtront sans trop de mal dans la trame de ces deux mecs que tout oppose obligés de traverser les USA en voiture, le génial Un ticket pour deux avec Steve Martin et John Candy. Il est d'ailleurs frappant de voir à quel point Date limite s'évertue plus d'une fois à coller à la recette comique du film du papa de Ferris Bueller. Sauf que là où Hughes avait su créer des personnages particulièrement attachants, Todd Phillips se contente avant tout de soigner la mécanique de ses gags. Malgré une tentative de créer un background à ses deux héros (le fils qui va dire adieu à son père, le futur père anxieux à l'idée de rater la naissance de son enfant), le film ne parvient pas à créer une empathie suffisante pour que l'on soit totalement impliqué dans les innombrables rebondissements de ce road trip de plus en plus déjanté.

On aurait aimé être ce troisième comparse invisible, assis à l'arrière du véhicule, on doit se contenter d'apprécier le savoir-faire impeccable de Robert et Zach sans pour autant y voir une alchimie époustouflante (c'est plus pro qu'incarné) et sourire sans jamais rire aux éclats aux péripéties bien cocasses du duo. De là à dire que la date limite du plaisir éprouvé à la vision du film se situe peu de temps après la fin de la projection, il y a un pas que l'on franchit allégrement. Surtout quand dans la foulée, on se (re)voit Un ticket pour deux. John Hughes forever !

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