American Trip : Critique

La Rédaction | 30 août 2010
La Rédaction | 30 août 2010

Même si son très mauvais titre français peut faire penser à une suite de Very bad trip, American trip est un spin-off de Sans Sarah rien ne va. Essentiellement centrée sur les personnages de Russel Brand et Jonah Hill, cette séquelle n'en est pas moins drôle ni pertinente.

La recette est pourtant des plus classiques : deux personnalités strictement opposées sont obligées de faire équipe dans un but commun. D'un côté, une pop-idole has been et décrié depuis son album African Child considéré comme raciste tente de se sortir du cercle vicieux de la célébrité sans en perdre les avantages et de l'autre, un jeunot, carriériste contrarié, rongé par la routine et groupie dans l'âme souhaite juste amené un peu de piment dans sa vie. Enviant chacun la vie de l'autre, ils vont plonger chacun de leur côté dans l'excès de ce qu'ils pensent désirer, s'y perdre et finalement ressortir convaincus que là n'est pas leur place.

 

 

 

Un schéma qui fait penser à une autre production Apatow (et réalisé par le maître lui-même) : Funny People. Ces films mettent en scène des personnages ancrés dans une profonde mélancolie, regrettant une vie qu'ils n'ont jamais connue comme si l'herbe était plus verte dans le jardin du voisin. En recontactant son ex-copine, le personnage d'Adam Sandler de Funny People fait face à ce dont il pensait avoir manqué dans sa vie et s'aperçoit vite de son erreur. C'est exactement ce que découvre Aldous Snow en recontactant son ex, Jackie Q (Rose Byrne, dans un contre-emploi dément) ainsi que Aaron qui en s'éloignant de son train-train quotidien et de sa petite amie pense croquer enfin la vie à pleines dents.

 

 

Mais American Trip ne se contente pas d'être une touchante « suite » de Sans Sarah rien ne va basée sur le parcours évolutif de drôles de personnages (jouer la mule, alcools, drogues, piqûre d'adrénaline, strip-teaseuse, triolisme et découverte de l'intérêt des murs en fourrure sont au programme de ce buddy-movie initiatique).

En effet, le long-métrage égratigne au passage l'industrie musicale US (et soyons francs, occidentale), très bien incarnée ici par Sean Combs (oui, oui P.Diddy ou Puff Daddy ou on ne sait plus comment il faut l'appeler),  prête à vendre n'importe quelle soupe pourvu qu'elle marche. Cette acidité rappelle gentiment un certain Ben Stiller qui ne se prive pas d'aller taquiner le système dès qu'il le peut (Zoolander et Tonnerres sous les tropiques) mais non sans humour. Mais contrairement aux films de Stiller ou même de Will Ferrell qui sont des explosions de rires permanentes souffrant parfois de baisses de rythme, les productions Apatow , comme ici American Trip qui ne sort pas du lot, invente une nouvelle cadence beaucoup plus tranquille comme une sorte de spleen joyeux ponctué de gags et de sketchs un peu scatos mais surtout rigolos.

Perrine Quennesson

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