Films

Moon : dark side of the critique

Par Vincent Julé
20 août 2017
MAJ : 27 septembre 2023
8 commentaires

N’a-t-on pas déjà fait ce voyage ? L’espace infini, une station lunaire, des couloirs immaculés, l’ouverture d’un sas, la voix de l’ordinateur central… au rythme de la musique lancinante de Clint Mansell, Moon renvoie ainsi aux incontournables explorations spatiales et cinématographiques, de 2001 à Outland en passant par Silent running ou Solaris

photo

ALUNISSAGE

Ce n’est pas la première fois que le spectateur pose le pied et le regard dans ce type d’univers, et le réalisateur Duncan Jones le sait très bien. Celui qui se cache derrière un pseudo et qui n’est autre que le fils de David Bowie s’est inspiré et nourri des films de science-fiction qui ont bercé son adolescence et son imaginaire. Un hommage ? Pas seulement, car le metteur en scène réussit à créer une impression de déjà-vu et de bien-être, qui fait que bientôt, le quotidien de cet employé pas comme les autres devient addictif, aussi répétitif que nécessaire.

Chaque conversation avec GERTY, chaque sortie sur le sol lunaire, chaque hallucination de Sam Rockwell composent une ritournelle qui caresse, voire engourdit, les sens. De ce point de vue, la bande originale de Clint Mansell rappelle le travail de Cliff Martinez sur le Solaris de Soderbergh, en moins charnel et plus minéral.

 

photoSam Rockwell

 

Si Duncan Jones revisite les lieux communs du genre, il y ajoute toujours un détail qui fait la différence, et qui donne au film son originalité. L’ordinateur central qui parle avec la voix de Kevin Spacey et réagit en smiley n’est ainsi pas un clone de HAL, il ne se dressera jamais contre l’homme et, au contraire, l’aidera parfois alors qu’il ne devrait pas ou alors qu’on ne s’y attendait pas. La découverte du sol lunaire ne se fait pas avec étonnement et CGI mais avec mélancolie et maquettes. Enfin, Sam Rockwell n’hallucine pas, il est bien seul, face à lui-même. Moon n’a alors révélé que sa face visible, et il faut laisser le spectateur découvrir par lui-même, seul, sa face cachée.

 

photoGround Control to Major Tom ?

 

SAM ROCKS WELL

Alors que le film pourrait s’effondrer sur lui-même, sous le poids des nombreuses références et de l’infiniment grand de son sujet, Duncan Jones choisit de rester à échelle humaine. Sam Rockwell ne souffre pas de Pandorum, ne se fait pas de shoot de soleil à la Sunshine, ni ne touche le monolithe de 2001, l’Odyssée de l’espace. En racontant l’histoire d’un homme et non celle de l’humanité, Moon dévoile une simplicité et une modestie que l’on pensait oubliées dans le cinéma, et pour le coup, perdues dans l’espace.

 

 

Rédacteurs :
Résumé

Moon, un petit pas pour le cinéma et la SF, un grand pas pour Sam Rockwell et Duncan Jones.

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maxleresistant

Dommage que ce soit le seul vrai bon film de Duncan Jones.
Et mention spéciale à la superbe BO de Clint Mansell

pepe

1 perle SF ce film

Andarioch

Un bijou, d’un manque d’arrogance et de prétention rafraîchissant comme vous l’avez très bien dit.

PS: Duncan Jones n’est pas un pseudo mais le vrai nom du réalisateur, Bowie s’appelant à la base David Robert Jones

Satan L'habite

J’espère que la bienpensance va réclamer à corps et à cris que l’on efface la voix de ce prédateur sexuel Spacey pour la remplacer par celle d’un gentil bisounours !!

yannski

@maxleresistant Source Code était plutôt très bon également et son Warcraft n’était finalement pas si mal