Critique : Midnight meat train

Vincent Julé | 26 juillet 2009
Vincent Julé | 26 juillet 2009
Alors, bien sûr, Midnight Meat Train, c'est la rencontre improbable entre Clive Barker et Ryuhei Kitamura, entre l'écrivain anglais fantasmagorique et le réalisateur japonais décomplexé. Et comment ces deux-là se sont respectivement canalisés et transcendés. Mais Midnight Meat Train est aussi le méconnu Bradley Cooper en tête d'affiche, l'expérience américaine d'un déraciné, l'adaptation en long-métrage d'une courte nouvelle, une sortie sacrifiée par son distributeur Lionsgate... un parcours sinueux, rythmé de premières fois, de parti pris osés et de choix radicaux, qui nous amène le film sur le tard mais qui en fait aussi un diamant noir et brut.

Midnight Meat Train est une œuvre unique, qui derrière le quotidien, d'une apparente tranquillité à un classicisme trompeur, cache l'enfer !  Car le film n'est pas un trip horrifique ou un guilty pleasure, il s'agit plutôt d'une dislocation du genre. Aussi forts soient les coups de ce boucher serial killer que suit le héros photographe, l'impact se situe ailleurs. C'est d'ailleurs pourquoi la violence n'est pas viscérale mais esthétique, que la mise en scène se fait inventive, belle, irréelle... obsédante. En effet, chaque décapitation, chaque oenucléation est la promesse d'un nouveau massacre, que l'on souhaite plus fou, plus gore.

Ainsi, pendant que Vinnie Jones repeint couleur sang les rames de métro, Bradley Cooper développe dans sa chambre noire ses photographies. C'est entre les deux que se situe la vraie force du film, lorsqu'il est plus question d'observation que d'action, de fascination que de peur et finalement de contamination que d'horreur. Car la découverte du héros, et du film, n'est pas seulement sa propre part d'ombre, mais celle d'une ville entière, voire de toute l'humanité. Sans s'en rendre vraiment compte, le spectateur est devenu accro à ces virées nocturnes et sanglantes, il a besoin de se perdre dans les dédales de cette monstrueuse cité. Rarement les ténèbres n'auront été aussi séduisantes.

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