Critique : Evan tout-puissant

Renaud Moran | 8 août 2007
Renaud Moran | 8 août 2007

Il n'y a malheureusement pas grand-chose à dire sur Evan tout puissant. On avait pourtant aimé les quelques grains de folie furieuse et dangereuse de Bruce tout puissant, certainement contaminé par la présence de Jim Carrey qui donnait son caractère « fantastique » au film.

 

Point de tout cela ici : restent juste les bons sentiments du divertissement familial aseptisé qui venaient eux aussi empâter le premier film, doublé d'un message écologiste et anti-corruption à grands renforts d'images de synthèse relativement hideuses et quelque peu ratées (et pourtant le film a coûté la bagatelle de 175 millions de dollars !!!). Certes, il n'est jamais inutile de montrer et dire à quel point les hommes au pouvoir aux USA (et ailleurs évidemment) n'ont que foutre de l'état catastrophique de la planète et continuent d'exploiter la nature, en détruisant les écosystèmes dans le seul but de faire progresser la société marchande, tout en s'enrichissant personnellement au passage.

 

Mais encore faut-il le faire avec intelligence, tact, talent et humour dévastateur. Encore faut-il qu'il y ait une situation de crise telle qu'on sente le gouffre, le déchirement, la fragilité. Sinon le dénouement et la rédemption n'ont aucunes saveurs. On la frôle parfois lorsqu'il s'agit des rapports entre Evan et sa femme Joan (et accessoirement aussi ses enfants), lorsque celui-ci se retrouve seul face à l'incrédulité du monde.

 

Alors que reste-t-il à regarder ? Eh bien quelques acteurs et leur numéro : Steve Carrell, impeccable comme à son habitude et si humain ; John Goodman presque aussi terrifiant que dans Barton Fink ; Molly Shannon toujours aussi délirante, hystérique et cinglée ; enfin et surtout Morgan Freeman qui vient illuminer le film encore plus brillamment que dans Bruce tout puissant. Morgan Freeman en Dieu, il faut dire qu'il a la classe, c'est l'une des plus belles idées du cinéma de ces 20 dernières années. On se dit qu'avant lui, on n'avait jamais porté le costard blanc comme ça. Il y aussi cette très belle scène dans une cafeteria où il console et redonne le moral à la jolie Joan (Lauren Graham). Alors pourquoi ne donne-t-on pas plus ce genre de rôle à Morgan Freeman, lui à qui la classe va si bien ? Le racisme hollywoodien a la dent dure...

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