Critique : Smiley face

François Provost | 12 janvier 2008
François Provost | 12 janvier 2008

Parle-t-on bien du même Gregg Araki ? C'est la question que l'on est en droit de se poser en réalisant que Smiley face porte bien son nom au générique. Celui qui avait réalisé en 2004 l'éblouissant Mysterious Skin n'en délaisse pas pour autant les tourments adolescents, mais se concentre cette fois-ci sur une jeunesse nettement plus dorée mais toute aussi paumée. Pour incarner Jane F., actrice ratée pas très heureuse, Araki débauche Anna Faris, la ravissante idiote des Scary Movie, et en fait l'héroïne éberluée d'un film reposant sur un postulat simpliste et dangereux de par sa trivialité : Un matin pourtant crucial, Jane va se gaver des space cakes de son colocataire et passer la pire journée de sa vie, sans même s'en rendre compte.

 

Un pitch simpliste, prétexte à absolument tout et n'importe quoi, qui pourrait filer droit dans le mur sans un cinéaste inspiré près à s'essayer sans à priori à la comédie. Sans révolutionner le genre, l'aventure étant avant tout une succession d'obstacles banals prenant des proportions irréelles au yeux de la drogué (appels téléphoniques, voyage en bus, démarrage d'une voiture), Araki signe ici clairement un film cathartique de toute la gravité hantant ses films. Comme un exutoire un peu slapstick où Anna Faris brille en génie comique, continuant un virage indé amorcé après ses incursions dans des films comme May ou Lost in Translation.

 

Reposant totalement sur celle-ci et sur l'hilarante menace invisible que constitue son colocataire, Smiley Face parvient à indirectement faire participer son audience par le biais de quelques moyens ludiques dont une liste de choses à faire que va s'évertuer à oublier ou modifier Jane suivant les évènements de la journée. La route, parsemé de rencontres aussi improbables qu'étranges n'aura jamais paru aussi longue à l'hébété Anna Faris, qui croisera entre autres Adam Brody (Seth Cohen, le geek roi de Newport Beach), Danny Trejo, et John Krasinski (The Office).

 

Pourtant, l'inoffensivité de la démarche se fait vite sentir et l'on se prend à se demander comment fait Araki pour meubler son film finalement assez vide dans le fond. Mais le plaisir visible qu'il prend à placer Jane dans des situations inextricables, jusqu'à un épilogue assumé dont on pensait ne pas voir trace, suffit à accepter le trip dans son ensemble, et à passer un agréable moment grâce à un film tout aussi déviant que divertissant. 

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