Films

Heat : critique qui donne chaud

Par Stéphane Argentin
18 mars 2022
MAJ : 18 septembre 2023
40 commentaires

N’y allons pas par quatre chemins : Heat est un pur joyau signé Michael Mann, une véritable perle noire, en un mot comme en cent, un chef d’oeuvre. Le genre de long-métrage comme il en existe une fois tous les cent ans. Et ça tombe plutôt bien puisqu’au moment de la sortie de Heat en 1995 (aux États-Unis, début 1996 en France), on célébrait très précisément le centenaire du cinéma.

photo

IL FAIT TOUJOURS CHAUD

Dix ans plus tard, Heat n’a pas pris une ride, pour la simple et bonne raison qu’il est demeuré depuis la référence incontestée en matière de films policiers. Une référence à laquelle toutes les autres productions se voient désormais immédiatement comparées, quand elles ne cherchent à le copier ou bien à lui rendre hommage ; l’exemple le plus récent et flagrant mais néanmoins totalement avoué étant le 36, quai des Orfèvres d’Olivier Marchal.

 

photoNon ce n’est pas Jason

 

Si l’on souhaitait toutefois être médisant, on pourrait dire que son auteur, Michael Mann, à la fois producteur, scénariste et réalisateur, aura du s’y reprendre à deux fois avant de parvenir à une telle perfection cinématographique. En effet, six ans plus tôt, en 1989, il était à l’origine d’un téléfilm, nettement moins connu du grand public, nommé L.A. Takedown, qui proposait déjà, trait pour trait et pratiquement à la réplique près, le même contenu que Heat. Mais ce « brouillon » qui à lui seul dépasse déjà bien des long-métrages n’en diminue pas pour autant les innombrables qualités de la version définitive et aura, bien au contraire, permis à Michael Mann d’en peaufiner les moindres détails.

Dans Heat, il n’y a en effet pas une seule scène, une seule réplique, ni une image qui ne semblent avoir été conçues pour servir un dessein bien précis au coeur de cette véritable horlogerie suisse confectionnée par l’orfèvre qu’est Michael Mann. Et si la partie émergée de l’iceberg est ce face-à-face cinématographiquement anthologique entre Al Pacino et Robert De Niro, ces deux protagonistes ne prendraient assurément pas une telle épaisseur sans la présence des innombrables personnages secondaires.

 

photoDans la légende

 

BIENTÔT ON ENTRE DANS LA LÉGENDE

Il suffit pour s’en convaincre d’observer comment, en seulement deux ou trois courtes scènes judicieusement positionnées, Michael Mann parvient à nous décrire toute la détermination doublée d’une immense détresse du fraîchement libéré sur parole Donald Breedan (Dennis Haysbert). Bien qu’il tente par tous les moyens de s’intégrer au système, celui-ci va inexorablement le broyer, l’obligeant à réemprunter son chemin marginal et hautement risqué.

Une marginalité en opposition au système qui constitue l’essence même de tous les personnages des films de Michael Mann, depuis Le solitaire interprété par James Caan jusqu’au Tom Cruise de Collateral en passant par le Russell Crowe de Révélations ou encore le Will Smith d’Ali. Les deux protagonistes de Heat n’échappent pas à cette règle puisqu’on trouve d’un côté le flic et son troisième mariage qui bat de l’aile, et de l’autre, le voleur qui ne souhaite désormais plus qu’une chose, se ranger et partir pour les îles aux côtés d’Eady (Amy Brenneman).

Tous deux excellent toutefois tant et si bien dans leurs domaines respectifs régi par des règles et un code de conduite bien précis que leurs décisions et leurs actions échappent au commun des mortels. Il suffit là encore pour s’en convaincre d’observer la discussion homérique dans le café où tous les bruits environnants s’effacent peu à peu au fil de la conversation pour souligner la bulle au sein de laquelle vivent ces deux individus. Une bulle dans laquelle très peu peuvent pénétrer comme le démontre le cadrage au bord à bord de Michael Mann qui ne laisse apparaître aucune autre personne au sein de l’image (tout du moins distinctement).

 

photoRobert de Niro

 

S’il n’y avait en effet que les « simples » qualités narratives et la performance des acteurs derrière lesquels on sent planer l’ombre de Mann, Heat serait déjà un très bon long-métrage. Mais là où le film franchit définitivement la barrière séparant la grandeur de l’excellence, c’est bien grâce à sa mise en scène. Rares sont les cinéastes qui peuvent se targuer de maîtriser à ce point l’image dans toutes ses dimensions : largeur, hauteur, profondeur, couleurs… Il suffit là encore d’observer comment, dans Collateral, Michael Mann est parvenu à transcender un scénario timbre-poste par la seule force de sa mise en scène et l’allégorie dans laquelle il ne manque pas à chaque fois de faire basculer ses personnages.

 

Heat : Affiche officielle

Rédacteurs :
Résumé

Inutile donc de chercher la faille dans ce long-métrage de Michael Mann, Heat est tout simplement un diamant de la plus haute qualité. Et ce n'est que justice si le seul long-métrage et le seul cinéaste à ce jour qui soit parvenu à surpasser ce film sur le plan purement technique n'est autre que Michael Mann lui-même avec Collateral.

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doella@free.fr

Je n ai jamais vu un film aussi parfait…..
Comme on on dit un diamant brut
Janine de Marseille

ttopaloff

La chapelle Sixtine du cinéma. Tu peux chercher un défaut pendant 4 heures, tu n’y arriveras pas.

GREAT AAAASS

Kleio

Tout le monde parle de la scène du braquage ou le face à face De Niro / Pacino mais les 2 scènes de braquages de début et celle interrompu par les flics sont des masterclass de tension

Matrix

Une argumentation trop longue que je résume en un seul mot classique et intemporel.
Aïe ! Ça en fait deux

free spirit

Putain !!! Mais quel Film…je dirais Plutôt un Chef D’Œuvre …J’Adore !!! ce genre de Film Manque vraiment…Et Michael Mann La Classe !!!