Fatman : critique Mad Santax

Simon Riaux | 28 novembre 2020
Simon Riaux | 28 novembre 2020

Et si le Père Noël, loin de son image de barbu débonnaire, était un vieux caractériel porté sur les armes à feu ? Voilà grosso modo le point de départ de Fatman, dans lequel Mel Gibson incarne un Santa grognon, aux prises avec un sale gosse outré de ne pas avoir reçu de cadeaux et le tueur à gages qu’il a chargé de dessouder Saint Nicolas. Un point de départ gentiment azimuté, qui colle singulièrement à l'année 2020.

SANTA CLOSED 

Il faut dire qu’organiser la confrontation entre Walton Goggins et l’interprète de Mad Max est aussi inspiré qu’inattendu, et charrie instantanément un héritage de cinéma ample, mais aussi prometteur. Car à bien y regarder, qui mieux que ces deux zigotos pour incarner la folie douce (ou corrosive) inhérente à une période de l’année dont la bonhommie a souvent des airs de vernis hypocrite ? Un high concept tentant, dont le film a bien évidemment conscience, et qu’il aborde souvent de plaisante manière. 

La ganache de Gibson hypnotise dès qu’il apparaît, tantôt renfrogné, tantôt lumineux, la tronche semblable à un paysage calciné n’attendant qu’un éclair pour s’animer. À plusieurs reprises, l’intrigue nous offre des séquences qui frappent par leur incongruité, voire leur poésie revêche. Quand le scénario s’amuse à relire le mythe de Santa à l’aune d’une Amérique déprimée et à côté de ses pompes, il séduit instantanément. Entendre un elfe morose expliquer son existence à un soldat désabusé, observer un môme insupportable torturer la première de sa classe ou découvrir comment le père Noël négocie son agenda avec l’état-major américain ne manque pas de piquant. 

 

photo, Mel GibsonQui a été sage cette année ?

 

SAD MAX 

Malheureusement, avec seulement 95 minutes au compteur, Fatman a du mal à maintenir notre attention. La faute à ses deux réalisateursEshom Nelms et Ian Nelms, dont la mise en scène manque cruellement de fantaisie. Leur film demeure aussi terne qu’il est mollement photographié, monté, agencé. Il faut ainsi attendre plus d’une heure pour que les deux antagonistes se croisent et que la badasserie promise par le métrage se fasse jour, alors que le sang éclabousse le décor neigeux. 

 

photo, Marianne Jean-Baptiste, Mel GibsonLe calme avant la tempête

 

Non pas que l’ensemble manque d’idées, la chronique conjugale de ce bon Santa aurait pu être un angle intéressant, à fortiori avec une comédienne de la trempe de Marianne Jean-Baptiste en guise d’exhausteur émotionnel, mais jamais la narration ne trouve la bonne distance pour nous émouvoir. De même, si ce portrait du père Noël en misanthrope dépassé et vieillissant ne manque pas de saveur, il demeure toujours superficiel.

À l’image d’une année 2020 aussi réjouissante qu’un barbecue vegan, Fatman a donc bien du mal à respecter son propre programme. Mais tout ce bazar souvent mollasson est sauvé par les dix dernières minutes, où se déploie un duel aussi désenchanté que plaisant. Le temps d’un dialogue absurde, le visage minéral de Gibson nous transperce, et nous rappelle qu’il y a de plus indignes cadeaux à déballer. 

 

photo

Résumé

Il faut tout le charisme de Mel Gibson et Marianne Jean-Baptiste pour faire oublier la mise en scène pâlote de ce conte de Noël pas aussi énervé qu'espéré.

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Lecteurs

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commentaires

pc
19/12/2020 à 23:38

Eh bien moi j ai beaucoup aimé et je ne me suis pas ennuyé une seconde. Souvent drôle, absurde mais bien foutu j ai trouvé ce film plaisant. Quant à la mise en scène je les trouvé simple mais efficace et la photo plutôt chouette. Très original, bon moment de cinoche avec un très bon Mel Gibson et un Goggins aussi dinguement drôle, que flippant. Un bon délire. Ca n est que mon avis. Un presque 4 étoiles sur cinq.

tonton Strange
03/12/2020 à 13:54

Vraiment sympa. Pas génial, ça vaut pas Boss level avec Mel, en sortie 2020, mais c'est rigolo même si on sent qu'il manque peu pour faire beaucoup mieux - qui a dit un meilleur script?

Sanchez
29/11/2020 à 13:27

Attention les Vegans sont offensés planquez vous ça va barder !

McCoy
29/11/2020 à 00:15

Où le voir ? Quand sort il ?

Hank Hulé
28/11/2020 à 23:51

Naze

mel G
28/11/2020 à 23:26

Zéro pointé !!! Pour bien finir l'année en beauté regarde pas ce film

Mouais Bof...
28/11/2020 à 20:24

@ Simon Riaux vous êtes gentils de mettre 3 étoiles.

J'aurai mis 2 étoiles pas plus.

Mouais Bof...
28/11/2020 à 20:22

Vu cette après midi, et je suis d'accord avec l'article.

Mise à part le choc verbal trop court malheureusement Gibson/Goggins , il n'y a rien à sauver dans ce film.Trop doux, pas assez burné, mise en scène fade et acteurs qui n'y croient pas .Goggins est le seul qui essaie de tirer son épingle du jeu dans ce pauvre film. 1 min de dialogue entre lui et Braveheart. Quel déception.

L'idée est effectivement bonne mais situations surtout avec les militaires mal développées. J'y croyais pourtant à une critique sur l'Amérique Militaire et sur des elfs qui allaient prendre les armes et défourailler.Mais rien de tout cela.

Letty56
28/11/2020 à 20:20

Perso je suis Vegan et pourtant la blague m’a fait rire! Il y a des ronchons dans toutes les tribus ! Lol. En tout cas hâte de voir ce film.

Marmiton
28/11/2020 à 20:00

Oups dsl... me suis tromper de site

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