Mank : critique de la magie du cinéma sur Netflix

Alexandre Janowiak | 4 décembre 2020 - MAJ : 04/12/2020 11:34
Alexandre Janowiak | 4 décembre 2020 - MAJ : 04/12/2020 11:34

Il aura donc fallu attendre six longues années pour se replonger dans un film de David Fincher après l'exceptionnel Gone GirlLoin des grands écran, son long-métrage Mank débarque directement sur Netflix après ses fructueuses collaborations avec la plateforme sur les séries Mindhunter et Love, Death & Robots.

EN MANK de FINCHER

Pour évoquer Mank, on pourrait simplement discuter des heures du noir et blanc sublimement éclairé par Erik Messerschmidt. On pourrait s'attarder longuement sur les nombreuses techniques utilisées pour recréer l'atmosphère typique des années 30 tout en créant un style unique : dégrader l'incroyable numérique 8K pour retrouver la texture des films de cette époque tout en ajoutant des égratignures, des rayures et même de fameuses brûlures de cigarettes pour simuler un changement de bobine, mais sans jamais se refuser l'ampleur de sa caméra Red Ranger.

On pourrait aussi se concentrer sur le travail dingue accompli sur l'ambiance sonore du film. La manière dont Fincher et son ingénieur son Ren Klyce se sont amusés à compresser les sons pour retrouver une sonorité proche des films de l'époque entre leurs grésillements, leurs soubresauts, leurs crépitements, le pop du renouvellement de bobines et ressusciter leur patine très reconnaissable. On pourrait, en conséquence, louer le travail du duo Trent Reznor-Atticus Ross sur la bande-originale enregistrée avec des microphones anciens et composée uniquement avec des instruments d'époque pour mieux s'en imprégner.

 

photoMank, d'une beauté à couper le souffle

 

On pourrait également aborder la performance de Gary Oldman dans la peau de Herman J. Mankiewicz, sans doute bien plus impressionnante que celle qui lui aura valu l'Oscar du meilleur acteur pour Les Heures sombres en 2018, et ce sans postiche ; voire la sublime partition d'Amanda Seyfried (son meilleur rôle à ce jour) prouvant encore une fois à quel point Fincher est un grand directeur d'acteur.

On pourrait aussi parler du superbe montage de Kirk Baxter (qui travaille exclusivement avec Fincher depuis L'étrange histoire de Benjamin Button) venant dynamiser, agrémenter ou surligner le scénario dense du film. On pourrait, enfin, glorifier uniquement la mise en scène de David Fincher. Indéniablement, en six ans d'absence au cinéma, David Fincher n'a rien perdu de sa maestria, la construction de ses plans (l'anniversaire de Mayer, le dîner final) et la chorégraphie de ses scènes (la soirée électorale) sont autant de merveilles à contempler.

Non, parler de tout ça serait finalement trop simple pour critiquer Mank, onzième long-métrage de David Fincher et premier du réalisateur pour Netflix. Car, même si tous ces éléments contribuent à la magnificence de Mank, ce n'est pas ce qui interpelle réellement ici.

 

Photo Gary OldmanUne scène splendide

 

CITIZEN MANK

Avant de pleinement rentrer dans le vif du sujet, il est important de souligner à quel point le long-métrage de David Fincher est âpre et rude. Dès son entrée en matière, par son noir et blanc, ses longues plages de dialogues et sa myriade de personnages, Mank laissera indubitablement des spectateurs sur le côté de la route. Au bout d'une demi-heure, le message est d'ailleurs adressé quasi-directement aux spectateurs à travers un échange entre John Houseman (Sam Troughton), l'assistant d'Orson Welles, et Mank.

Le premier donne son avis sur les premières pages du scénario du futur Citizen Kane à Mank par ses mots : "L'écriture est remarquable, mais vous le savez. Sa soif de pouvoir, son besoin d'être aimé par ceux qui craignent ses excès, mais... vous exigez beaucoup du spectateur de cinéma. C'est un peu méli-mélo. Un fatras de bavardages, de bouts de scènes qui s'agitent comme des pois sauteurs. Le récit est éparpillé, il va falloir une carte. Daignerez-vous de simplifier ?"

Ce à quoi Mankiewicz répondra : "Bienvenue dans mon cerveau, mon vieux. Le récit est un grand cercle, comme un immense cinnamon roll. Pas une ligne droite vers la sortie. On ne résume pas la vie d'un homme en deux heures, au mieux en donne-t-on un aperçu."

 

photoAmerican, le Citizen Kane avant Citizen Kane

 

L'intention est donc limpide et claire : David Fincher (et intrinsèquement Jack Fincher) n'ont pas pour objectif de guider les spectateurs en présentant tout en long et en large. Ainsi, les introductions d'Irving ThalbergLouis B. Mayer, Ben Hecht ou encore Charles Lederer seront quasi-inexistantes et chaque spectateur se devra de faire un travail personnel pour remettre tout en place lui-même.

Car oui, Mank est exigeant, demandera l'attention des spectateurs et surtout leur envie de s'accrocher, David Fincher se refusant à transformer son film en simple fiche Wikipedia (et heureusement) et de rentrer dans les carcans du divertissement basique et fade qui envahit Hollywood.

En effet, quand Houseman critique Citizen Kane (alors titré American), fils et père Fincher parlent finalement de Mank. Le film est construit un peu à la manière du chef-d'oeuvre d'Orson Welles dont il raconte la conception. Sa structure en flashback n'est pas aussi ambitieuse que Citizen Kane (peut-être pour ne pas perdre l'intégralité du public) avec seulement deux temporalités et un déroulé chronologique, mais elle demande un investissement de tous les instants pour pouvoir y comprendre les tenants et les aboutissants.

À ce propos, même si rien n'empêche de regarder Mank sans avoir vu Citizen Kane, en connaître les grandes lignes est plus que le bienvenu tant cela offre une perspective et surtout une aide précieuse pour mieux appréhender les desseins de Fincher. Il faut donc en vouloir pour se jeter dans le long-métrage Netflix de Fincher tant il pourra paraître inaccessible à bien des abonnés qui le lanceront sur la plateforme. 

 

Photo Tom Burke, Gary OldmanOrson Welles, quasiment fantomatique

 

ON THE OTHER SIDE OF MOVIES

Toutefois, malgré tout ça, Mank n'est pas seulement un film pour les cinéphiles. Le long-métrage a longtemps été présenté, à tort, comme une oeuvre centrée sur la paternité de Citizen Kane et sur la collaboration houleuse entre le jeune loup de 24 ans, Orson Welles (Tom Burke) et le clownesque Herman J. Mankiewicz. Au final, leur confrontation est brève et se résume à une minuscule séquence dans le dernier quart du long-métrage. 

Ce qui intéresse pleinement David Fincher, c'est avant tout l'histoire de Mankiewicz lui-même et le combat intérieur qui le mènera à écrire Citizen Kane. Loin d'être un simple biopic, Mank est une oeuvre fine et sincère sur la création et surtout l'idée même d'être un artiste dans un système aussi cloisonné et pourri par l'argent que peut l'être Hollywood (déjà à l'époque, et encore aujourd'hui).

Ainsi, David Fincher raconte avant tout l'histoire d'un homme en pleine déchéance, qui ne croit plus en ce qu'Hollywood est devenu et qui va, dans un dernier geste épique, décider de faire ce que bon lui semble ("tell the story he knows") pour lutter (pour la première fois de sa vie) contre ce système vérolé, indigne des talents qui le composent. Une manière pour lui de renaître mentalement et physiquement (le personnage d'Oldman, alité et convalescent en début de film, finira debout avec la plus belle des récompenses en main) et de surtout prendre conscience du rôle qu'il a à jouer.

 

photo, Gary OldmanMank, de clown à conquérant

 

En plongeant dans les méandres de l'esprit et des souvenirs de Mankiewicz, David Fincher s'amuse alors à reconstruire le puzzle derrière la création de Citizen Kane tout en rendant hommage à son père Jack Fincher. Mank n'est pas un simple hommage à l'âge d'or hollywoodien (dont il est d'ailleurs plutôt une critique amère), c'est une ode au père de David et au métier de scénariste. 

Lors de la première rencontre entre Marion Davies et Mank, Thalberg présente Mank à Louis B. Mayer d'un méprisant "C'est un simple scénariste". Et justement, ce mépris pour ce métier des coulisses, destiné à rester loin des lumières projetées sur les réalisateurs, acteurs ou producteurs, David Fincher se fait la promesse de le stopper en en montrant le pouvoir et l'héroïsme. Car si l'argent a une puissance incontestable (capable de fausser des élections), la puissance d'une plume et de l'art (le vrai, l'authentique) est sans doute bien plus grande, bien plus belle et par-dessus tout plus honnête.

Et si, à travers un "simple" scénario, le scénariste bousculait les hiérarchies, modifiait les mentalités et finalement bouleversait la phase du monde ? Le réalisateur de Seven livre, dès lors, une révérence à son père et surtout à tous les scénaristes qui l'ont accompagné, lui qui n'a jamais écrit un seul de ses longs-métrages en vingt-cinq ans de carrière. Et si c'était surtout eux, les vrais artistes derrière ses films ?

 

Photo Arliss Howard, Amanda SeyfriedAmanda Seyfried, étonnante en Marion Davies

 

LE MAGICIEN OSE

Derrière cet hommage poignant et mélancolique, le cinéaste propose donc, in fine, une réflexion grandiose et humble sur lui-même. À travers le personnage de Mank, David Fincher se remet en cause, questionnant son propre talent et son propre mérite. Mank, cet homme qui exècre la course à l'argent de la MGM, répudie cette manipulation de l'art à des fins politiques, ne comprend pas les reproches envers son écriture "trop exigeante pour le spectateur" et largement désabusé par ce qui l'a tant animé, c'est finalement Fincher en personne.

Lui qui, dès son premier long-métrage Alien 3, a vu ses désirs bloqués par des producteurs aigris et autoritaires, n'a cessé, ces dernières années, de pointer du doigt le chemin pris par Hollywood. La multitude des projets qu'il a dû abandonner, les studios "en manque d'imagination" et leur refus de faire Mank, ont forcé Fincher à trouver refuge ailleurs, chez le salvateur Netflix, (faux-)producteur lui laissant carte blanche et maître de son art.

 

Photo Arliss Howard, Charles DanceIl est temps d"écouter ce qu'a à dire David

 

L'occasion de lui donner les mains libres pour livrer son film le plus personnel (il y travaille depuis le début des années 90) et surtout un film pour lui. Pour se donner, enfin, la possibilité de conclure un projet de longue haleine et de déployer tout ce qu'il a sur le coeur en tant qu'artiste (évidemment, sa critique de Hollywood), mais aussi en tant qu'homme et citoyen.

Si Mank est incontestablement le film le plus dur d'accès du cinéaste, il s'agit également d'un de ses (le ?) plus riches. Il est clairement question de cinéma, d'art et de création dans cette sublime balade spirituelle en noir et blanc, mais c'est aussi une réflexion sur la solitude, la manipulation des médias, la rédemption, la quête de vérité, d'idéal, de reconnaissance, de dignité... Il serait donc audacieux, voire présomptueux, d'imaginer une seule seconde pouvoir décrire tout ce que raconte Mank en un seul texte (déjà beaucoup trop long).

En revanche, une chose est sûre : le cinéma est encore magique et le dernier film de David Fincher est une des plus belles choses qui lui soit arrivée de mémoire récente.

Mank est disponible sur Netflix depuis le 4 décembre sur Netflix en France. 

 

Affiche US

Résumé

Mank est une lettre d'amour cinéphile fascinante, mélancolique, créative, exigeante et ensorcellante. Un des plus beaux tours de magie de David Fincher.

Autre avis Simon Riaux
S'il s'attarde parfois trop à rejouer les classiques, s'efface plus que de raison derrière son scénario ou les auteurs qu'il convoque, David Fincher narre une fable plus amère et émouvante qu'attendue, traversée d'images stupéfiantes.
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Lecteurs

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commentaires

sylvinception
14/12/2020 à 15:26

Enfin vu. Faudrait que je le revois, mais à chaud, et comme je le craignais, le sujet ne me parle pas, ne me captive pas. Reste un formidable hommage au "Vieil Hollywood".

Après, comme d'hab avec Fincher, c'est absolument grandiose niveau mise en scène et direction d'acteur - Oldman est génial. Les dialogues sont un régal.

Typiquement le genre de film qui devrait rafler la mise aux Oscars. J'aurais tellement voulu que Fincher soit récompensé pour The Social Network... mais bon, l'essentiel est qu'il en obtienne enfin un!!

La Classe Américaine
12/12/2020 à 20:35

Comment se fait-il qu'avec une histoire pareille et des personnages pareils ce film est une des plus grosses purges a regarder. Inintéressant, froid, absence totale d'identification a Mank et scénario qui enchaine sans aucune fluidité des séquences plus ennuyeuses les unes que les autres. Assurément le plus gros ratage de Fincher.

patbac
10/12/2020 à 11:55

Fincher est assurément un géant, un cinglé perfectionniste de l’image, un metteur en scène et un directeur d’acteur exceptionnel.

Mank, à ce titre est époustouflant, offrant une expérience visuelle sublime et des acteurs au top. Garry Oldman en tête est incroyable de naturel et de sincérité, sûrement son plus grand rôle à ce jour. Charles Dance et Amanda Seyfried sont également particulièrement brillants dans ce long métrage d’un noir & blanc somptueux.

Si la technique est irréprochable, pour cet écrin entièrement voué au sujet et un réel plaisir pour les yeux, la narration, en revanche, souffre d’une lenteur de plus en plus prégnante à mesure que le film avance et le fait basculer dans un pur exercice de style technique, certes maîtrisé, mais dont l’enjeu dramatique devient de plus en plus anecdotique. Les 2 heures 10 que durent cette biographie fort peu passionnante, sont ponctuée de flashback pour présenter la trajectoire de Mank et décrire le Hollywood des années trente. Flasback à peine intéressants concernant Mank d’une part et fort peu instructifs pour ce qui est d’Hollywood d’autre part, car vu déjà des dizaines de fois dans d’autres films plus ludiques et démonstratifs.

Pour résumer : c’est très beau…mais c’est chiant !
Je ne suis pas vraiment rentré dans cette bio trop lente à mon goût, qui me fait dire que finalement, Fincher s’est regardé filmer. Le scénario fut écrit par son père Jack Fincher, au début des années 90, et l’on sent que le fiston ne voulait pas trop y toucher. Un hommage posthume qui aurait mérité plus de rythme. A voir de toute façon pour la virtuosité et la maîtrise dont il fait preuve indéniablement.

Sinon pour l’occasion, j’ai revu Citizen Kane, premier long métrage d’Orson Wells âgé de 25 ans. Du pur génie et un véritable régal !

Seb33
08/12/2020 à 23:12

Totalement d'accord avec Sanchez. Assomant Mank. Et en plus je suis très féru et fana du cinéma que l'on considère ancien donc aucun problème avec les name dropping du film de Fincher ni aucune zone d'ombre sur ce dont le film parle. En revanche malgré la somptueuse mise en image de Fincher (en même temps pouvait on en attendre moins de lui ?) le film ne fonctionne pas. Trop ampoulé, sur-écrit, peu naturel et peu intéressant en terme scenaristique malgré des thématiques intéressantes, interprèté de façon insipide par tout le casting, à part Oldman qui est toujours dans le sur jeu visiblement clins d'œil pour une nouvelle nomination aux Oscars. On sort déçu de la projection car il arrive à être plus ennuyeux qun film qui a 70 ans comme Citizen Kane ou même que l'un des fleurons art House de netflix The Irishman qui était un tantinet ennuyeux, Mank posé le même problème. Et si les producteurs et gens des studios arrivaient lorsqu'ils ne massacrent pas certaines œuvres à permettre à la plupart des cinéastes à accoucher de meilleurs films qu'ils n'auraient pu faire ? Netflix prouve une fois encore que donner de l'argent sans aucune contrainte aux grands noms dHollywood ne permettent pas daccoucher d'œuvres parfaites ça c'est sûr ! De plus, Fincher, cinéaste de la violence, de la froideur, cérébral, glaçant assez misanthrope, réussit ses meilleurs films lorsqu'ils sont à son image. Ici en tentant l'introspection sur son cinéma via le cas Herman Mankiewicz il n'arrive ni à convaincre ni à émouvoir ni à réellement intéresser sur cet homme aussi génial que fou que Mank. A tous les jeunes cinéphiles qui découvrent ce film plongez vous plutôt dans le cinéma américain des années 30, 40, pour comprendre ce qu'est la perfection du fond et de la forme. Découvrez Citizen Kane ou revoyez le. Il est 1000 fois plus fascinant, intéressant. Quant à Fincher il me tarde de le retrouver en brillant metteur en scène d'une œuvre sur la violence qui ont fait sa réputation (The Game, Seven, Zodiac, Fight Club pour ne citer que les plus forts). Mise en scène pour Mank (réalisation décors costumes, lumière, son, musique) 9/10. Interpretation 6/10. Script 5/10

bennn
08/12/2020 à 06:06

Vu deux fois en trois jours. Cela permet de beaucoup mieux appréhender le film notamment au niveau des personnages. Le film utilise les prénoms et nom de manière réaliste dans les dialogues ce qui ne facilite pas la compréhension. Par exemple Mayer est d'une scène ou répliques à une autre au choix Mayer ou L. B. ou Louis. qui est très riche. Pareil pour Hearst. Le second visionnage aide beaucoup. J'ai toujours quelques réserves sur le montage et sa manière d'alterner les périodes sur certains passages mais le film devient de plus en plus savoureux à chaque visionnage.

Birdy
08/12/2020 à 02:45

Qu'un film américain, en pleine domination Marvel, ose s'aventurer si loin dans l'introspection d'un personnage et son époque, franchement bravo. Je n'ai pas la culture suffisante pour apprécier chaque référence, mais ses images hypnotisent, ses dialogues ennivres. Il est très agréable de temps en temps de ne pas se faire caresser dans le sens du poil.

Kane
07/12/2020 à 11:36

Seul bémol et non des moindres, le film suit la thèse de Pauline Kael alors que la lecture des archives de la RKO a depuis largement prouvé l'apport et le travail de Orson Welles sur la rédaction d'un script qu'il a largement remanié. Certains éléments autobiographiques en attestent par ailleurs. Bref, le film utilise les méthodes qu'il dénonce par ailleurs (faire croire).


07/12/2020 à 10:58

Nouveau joyau bien de chez Fincher.
N"attendez pas que le film réponde à la question qui est responsable du triomphe artistique de Citizen Kane. Si le film décerne beaucoup de lauriers à Mankievicz, il le fait dans un geste révérencieux à l'écriture et à ceux qui couchent sur le papier les idées. Mais il revient à ceux derrière la caméra de les transfigurer. Ce qu'a fait O.Welles.
Le vrai sujet du film demeure Mankieviecz et ses relations tumultueuses avec le Hollywood des années 30. À ce titre, je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'avoir beaucoup d'infos sur les personnages (réels) utilisés dans la fiction de D. Fincher. Mank vous embarque et hors de question de ralentir la cadence pour vous briefer sur untel ou untel. Les motivations et caractères sont suffisamment bien synthétisés pour qu'on saisisse.
Le plaisir sera juste plus grand si vous avez vu Citizen Kane, mais sinon, je ne pense pas qu'il soit élitiste. Laissez vous porter comme pour n'importe quelle fiction.

Sanchez
07/12/2020 à 09:50

C’était assommant . Assommant de blabla continuel et incessant . Si vous n’êtes pas un expert du Hollywood de l’époque vous allez vous perdre dans une série de name dropping. On ne ressent absolument aucune émotion et les seconds rôles sont étonnement transparents tant le film manque d’âme (la pauvre amanda Seyfried).
Et même sans ça , Gary Oldman le soixantenaire joue le rôle d’un homme entre ses 30 et 40 ans. De tous les acteurs américains , était il vraiment le seul à pouvoir jouer Mank. Et les effets gadgets vintage qu’utilise Fincher pour faire croire à un film de l’époque.... Pour un mec qui fut le porte étendard du numérique et qui fait des films pour Netflix on se demande si c’est pas du foutage de gueule. Si t’aime le cinéma à ce point là Fincher , sort tes films au cinéma !

Francis Bacon
07/12/2020 à 04:05

Vu, en effet ça fait plaisir ce beau noir et blanc et le son d'époque. Je trouve que la mise en scène (en dehors de la magnifique photo N&B) n'est pas particulièrement innovante en dehors de quelques rares plans, ce qui m'empêche de parler de chef d'oeuvres. Les effets vintage sur l'image me semble faire assez gadgets et loin de la créativité d'un Scorsese sur les flash photos dans Raging Bull (film également en N&B par choix et qui date lui de 40 ans). La narration est en effet compliqué mais c'est plutôt un bon point çachange des films pour enfants
: lui c'estle méchant, elle sa future copine, lui le méchant), on est loin, toutefois, de la virtuosité de la narration de Citizen Kane, idole qui hante tout Mank mais qu'il n'atteint jamais vraiment. Le film tient beaucoup sur ses dialogues fins et drôles et à la gouille du personnage, l'entendres donner la réplique et attaquer ses collègues de l'industrie est jouissif. Le parti pris du film, de louer Mankiewicz et de blâmer Welles, se défend certainement quant à la réelle paternité de Citizen Kane, mais c'est oublier que ce fût aussi une révolution dans la mise en scène (utilisation de la profondeur de champ) et pas seulement dans la dramaturgie (et cela, on ne le doit qu'au génie d'Orson Welles).

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