Interstellar : critique les pieds sur terre

Marion Barlet | 4 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Marion Barlet | 4 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après la trilogie The Dark Knight et l'excellent Inception, Christopher Nolan est parti dans l'espace avec Interstellar, une épopée transtemporelle de 2h49. Pour sa première œuvre galactique, le réalisateur s'est concentré sur la philosophie d'un tel voyage et a mis l'esthétique dans l'humain. ATTENTIONS SPOILERS À GOGO !!

IN MEDIAS RES APOCALYPSE     

L’apocalypse n’a jamais été aussi proche que dans Interstellar. Le futur n’est pas lointain, et tout dans les paysages, les vêtements et le langage indique que l’état de suffocation terrienne est à notre portée. La poussière s’empare du cadre, s’insinue dans les maisons et les organismes humains au point d’entraîner des migrations incertaines. Ce sont les Américains qui s’enfuient dans des 4X4 crasseux et ralentis par la fuite collective ; l’âge d’or de l’Empire moderne n’est plus qu’une catastrophe, où l’espoir est dissous dans la survie.

Le point de vue est centro-américain et prend à revers tous les acquis de cette nation : crise alimentaire, propagande anti-scientifique, défaitisme du pouvoir politique. La caméra de Christopher Nolan a traversé le miroir et décrit l’histoire culturelle et symbolique d’un pays épuisé par l’avenir.

Évidemment, dans cette ambiance de résignation hyperbolique, il y a des hommes qui continuent de lutter, des hommes de science en porte-à-faux et persuadés qu’une solution existe. Cooper (Matthew McConaughey), ancien pilote de la NASA, est devenu agriculteur et déteste ce métier, aux antipodes d’une carrière de l’espace. Dans toute la partie sur Terre, on le voit père et veuf, fou de maths sur un tracteur, borné et optimiste, mais définitivement prêt à partir pour sauver un monde épuisé.

 

Photo , Matthew McConaugheyNe me renvoyez pas aux champs

  

CONQUÉRIR LES GALAXIES, UN RETOUR AUX SOURCES

Les quarante premières minutes sont une réussite du genre. En général, dans les films de SF, le début est consacré à la préparation physique du héros ; ici, Nolan casse les codes et montre une préparation exclusivement psychologique, non pas du héros, mais de la relation fusionnelle qu’il entretient avec sa fille Murphy (Mackenzie Foy enfant, Jessica Chastain adulte, Ellen Burstyn âgée). Sauver l’humanité implique de renoncer aux siens : une fois de plus l’idée est simple, mais Nolan la pousse dans son extrême et développe le lien d’amour filial jusqu’au bout de la narration.

L’aspect dramatique n'épargne aucune effusion et tire sur la corde sensible du spectateur. Qu’on soit adepte ou non des larmes, l'émotion nous guide dans la tragédie enclenchée, où le père vit quelques jours en 50 ans et où sa fille le dépasse en âge. Le lien d’amour ne s’effrite pas avec le passage du temps, même si Murphy déteste son père pour l’avoir abandonnée (trahie croit-elle), mais retrouvée et aidée sous forme de fantôme.

En comparaison, on s’étonne du peu d’intérêt que Cooper porte à son fils Tom (Timothée Chalamet jeune, Casey Affleck adulte) : situation sous-développée ou zone d’ombre dans l’affect paternel ?

 

Photo Casey AffleckOhé, j'existe

 

Tout le long du film, le réalisateur de Memento et Le Prestige fonctionne sur un modèle binaire qui met en évidence les enjeux d’une humanité en péril. Le père et l’enfant (Cooper et Murphy, Amelia et John Brand), l’amour et la mort (Amelia et Edmunds), la Terre et l’ailleurs, la croyance et le mensonge (Amelia et Pr Brand), la confiance et la trahison (Cooper vs Dr Mann) ; que ce soit des humains ou des concepts, Nolan donne à chaque élément son négatif. Néanmoins, le principe binaire n’est pas un manque de complexité, mais l’occasion d’étendre à chaque situation une nuance au schéma simple et décisif : quels choix pour sauver l’humanité ?

Partir dans l’espace est plus qu’une expérience visuelle dans Interstellar : c’est une quête philosophique de ce qui définit l’homme, de ce qui le sauve et de ce qui le trompe. Par amour on se leurre, par passion on ressent la vérité, par attachement on transmet le savoir. Le film joue sur l’omniprésence affective d’astronautes auprès de ceux qu’ils ont quittés, comme on le repère dans l’incessant montage alterné des scènes intergalactiques et de la vie des Terriens.

Cette construction en allers-retours peut paradoxalement être perçue comme une faiblesse du film, par ses répétitions qui ont tendance à rompre les passages anxiogènes des missions dans l’espace. Son utilisation permet le rapprochement entre Cooper et sa fille, lien décisif qui est illustré dans la première partie et n'est qu'une redite (assumée) par la suite.

 

Matthew McConaughey Anne HathawayEst-ce qu'ils ont bien compris que je pensais sans cesse à Murphy ?

 

AVEC LE TEMPS VA TOUT S’EN VA

Le film avance à deux vitesses et se présente comme une réflexion technique sur les ruptures temporelles. Celles-ci sont provoquées par le passage dans le trou de ver, au niveau de Saturne, qui induit un raccourci dans l’espace-temps. Ce principe d’astrophysique (hypothétique, mais acté par Nolan) permet de traverser des galaxies en un temps record. L’équipage de l’Endurance accède à l’une d’elles, où trois planètes ont été étudiées par des collaborateurs précédemment partis, et qui nécessite d’y retourner pour confirmer la possibilité d’y vivre, ou non.

La première qu’ils explorent est proche du trou noir Gargantua, dont la force gravitationnelle étire l’espace-temps. Une heure passée sur cette planète correspond à sept années terrestres et l’angoisse monte à mesure que la mission prend l’eau, au sens propre. La surface n’est qu’aquatique et se révèle invivable, d’autant que des vagues immenses mettent en difficulté l’équipage.

Cette séquence a posé deux problèmes scénaristiques. Tout d'abord, comment se fait-il que l'équipage n'ait pas aperçu les tsunamis à l'approche ? Dans un film à cheval sur les détails et dont l'intelligence des personnages n'est plus à prouver, cet aspect représente un point aveugle, difficile à sauver. Ensuite, la scène avec Doyle résonne davantage comme un passage obligé qu'une séquence émotion. Son personnage est sacrifié, parce que secondaire, sans que sa mort soit crédible dans l'action - il était à côté de la porte !

 

photoAnne Hathaway vient de remarquer que c'était drapeau rouge/ baignade interdite

 

L’exploration a duré plus de trois heures, si bien que Cooper et Brand retrouvent leur camarade Romilly (David Gyasi) avec 23 ans de plus. Il est épuisé moralement et le spectateur ressent l’anxiété croissante de l’aventure temporelle. La violence est d’autant plus frappante qu’elle n’est pas morale. La peur ne vient pas d’un mal humain, d’un mal tout court, mais d’une loi physique, contre laquelle il est impossible de lutter.

La fatalité n’est plus du domaine de dieu, mais est une donnée scientifique, qui s’appelle espace-temps/gravité. L’épisode de la planète océan provoque la panique : la mort possible dans un raz-de-marée s’accompagne de l’effroi de chaque minute perdue et de la multiplication exponentielle de chacune d’elles.

 

Photo Casey Affleck, Jessica ChastainPendant ce temps-là dans un champ de maïs

  

L’EXPÉRIENCE DE LA SOLITUDE

Interstellar est une épopée du temps (un thème central dans la carrière de Nolan, de Memento jusqu'à Tenet). Plus que la mort, c’est la solitude qui concentre la dramaturgie. L’épisode du Dr Mann est symptomatique de l’insupportable esseulement d’un homme en "terre" inconnue. Il est présenté comme le plus vaillant des scientifiques et se révèle le plus lâche. Son nom n’est pas anodin : Mann signifie homme en allemand et se rapproche du man anglais. Revers d’une même médaille, il est un homme total : grand savant et traître. L’écart de ton est flagrant dans la partition ambiguë de Matt Damon. Le passage est crucial, mais pas pour la quête elle-même.

Pour le coup, il s’agit d’une parenthèse morale où l’individu ne supporte pas d’être seul. Mann met en péril la mission d’une vie par besoin d’être un maillon de la chaîne. La tentative de meurtre sur Cooper est un peu bavarde et ampoulée, mais la séquence recèle une emphase certaine due à l’action immodérée du traître. Pour ne plus être seul, Mann décide de tuer, proposition paradoxale qui enrichit les concepts à l'oeuvre.

 

Photo Matt DamonJe te tue, mais c'est pour mon bien

 

Par exemple, la notion de solitude est complétée par celle de l'abandon. Murphy subit le départ du père comme un arrachement et ce sentiment est exacerbé lorsqu’elle apprend de Brand qu’il n’a jamais été question de retour. Le plan A est la solution parfaite, qui implique de sauver l’humanité en la transférant sur une autre planète, mais il est vrai qu’elle est peu crédible. Sur ce point, on peut s'étonner de la crédulité de Cooper et d'Amelia Brand lorsqu'ils découvrent le pot aux roses. La mise en scène insiste sur leur aveuglement, dont on ignore s'il relève plus de la naïveté ou de l'égarement, et qui ne semble, de toute façon, qu'au service d'une émotion décuplée.

À la fin du film, lorsque les plans A et B ont fonctionné, celui de sauver les Terriens et de coloniser un Nouveau Monde, on affronte la bizarrerie de savoir une double humanité coexister. La fuite de Cooper pour rejoindre Brand ne peut qu’échouer, mais provoque un happy ending où l’espoir supplante le terrassement. Amoureux une seconde fois, Cooper entreprend un voyage vers l’inaccessible, qu’on nous présente comme possible via le montage alterné, où Amelia accomplit sa mission. Le dernier plan la présente de dos, dans une étendue rocailleuse où les fœtus sont couvés dans les tentes. Elle est seule à porter leur histoire et imagine certainement que le plan A n’a pas eu lieu.

 

Photo Matthew McConaugheyCooper veut atteindre le point G d'Amelia Brand

 

Interstellar ne comprend pas de scènes contemplatives, comme elles existent dans Gravity d’Alfonso Cuarón, sorti un an plus tôt. Là où le réalisateur mexicain a misé sur le sublime de l’espace, avec des plans de la Terre, Nolan occulte cette dimension et cadre un maximum sur les visages. Les paysages de planètes sont désertiques, tristes, mais pas époustouflants. De même, lorsque Cooper tombe dans le trou noir, la caméra insiste sur son visage et non sur un imaginaire délirant ou psychédélique qui pourrait l’entourer. De ce point de vue, Interstellar est potentiellement décevant pour les amoureux d’expériences visuelles.

 

photoPoint G trouvé (pour lui)

 

LE PASSÉ APPARTIENT AU FUTUR

Cependant, s’ensuit le passage emblématique de Cooper et de la chambre de Murphy, appelé le Tesseract. L’astronaute est coincé derrière la bibliothèque de celle-ci dans un complexe temporel représenté de façon spatiale (comprendre en quatre dimensions). Il se balade entre les rayons et transmet les données quantiques nécessaires au sauvetage de l’humanité. En même temps qu’il informe le passé, il est aidé par le futur, ce qui représente une abyssale logique pour notre cerveau.

Cooper aide Murphy qui lui a offert les conditions multidimensionnelles de transmission et le concept de gravité se trouve être la clef du chapitre scientifique. Pour les non-experts, on devra s’en contenter en guise d’explication, et savourer les effets spéciaux de cet aparté. Mais n’allons pas croire que la science-fiction donne le privilège à la fiction sur la science.

 

Photo Matthew McConaughey, David GyasiElle t'a fait un schéma pour trouver 

 

Le film est extrêmement précis, comme l’assure l’astrophysicien Kip Thorne qui a travaillé main dans la main avec le réalisateur. Dans un entretien pour Courrier International datant du 13 novembre 2014, il a expliqué l’exigence du cahier des charges : tout ce qui se trouve dans l’histoire n’est pas nécessairement vrai, mais pourrait l’être. Autrement dit, aucune loufoquerie scientifique n’est présente, même si des scènes prennent pour acquises de simples hypothèses (toujours sensées à défaut d'être démontrées). 

L’astrophysicien s’est dit très satisfait du résultat, et la seule réserve qu’il a émise est celle des nuages de glace sur la planète Mann, à laquelle il a toutefois trouvé une licence poétique. Tout est donc plausible et l’une des scènes préférées de Kip Thorne est le passage du Tesseract, soit la version en 4D d’un cube. Même si aucun homme n’a jamais eu accès à une telle dimension, la mise en scène de Nolan est selon lui excellente et possède le charme de la précision.

 

photoVouiii

 

Ce témoignage a quelque chose de rassurant et d’angoissant à la fois. Rassurant sur le travail mené, preuve que le cinéma peut être méticuleux et que l’imagination s’enrichit de la science ; angoissant, car il nous fait prendre au sérieux tout ce qui se tisse dans Interstellar, du désastre écologique au danger de la conquête spatiale. On sort définitivement scotché par cette performance et son sous-texte (méta)physique, qui nous invite à croire que science sans fiction n’est que ruine de l’âme. 

Pour vous faire une idée de la version Steven Spielberg d'Interstellar, c'est par ici

 

Affiche

Résumé

Même si l'alternance des scènes dans l'espace et des passages terrestres coupe le rythme extatique de cette quête, Interstellar assume son projet : mettre l'humain au cœur de la gravité. Entre temporalité à quatre bandes, trahison pour sauver les hommes et émotion revendiquée, le film de Nolan crée un cinéma total pour une expérience totale.

Autre avis Alexandre Janowiak
Christopher Nolan délivre une oeuvre intemporelle entre science fiction, aventure et drame familial avec Interstellar. Une odyssée spatiale bouleversante, inventive, entreprenante, osée, métaphysique et audacieuse sublimée par la partition mémorable de Zimmer. Gigantesque.
Autre avis Mathieu Jaborska
Comment imputer à Nolan un pragmatisme désintéressé à la vision d'une telle démonstration, où les problématiques métaphysiques rejoignent naturellement un humanisme cru ? On aura rarement vu un blockbuster contemporain aussi habile dans sa capacité à happer son public sans ménager son intellect. Épique et déchirant, c'est une réussite.
Autre avis Simon Riaux
La plus belle réussite plastique de Nolan est aussi son plus cinglant échec narratif. Une épopée qui ne croit jamais en son spectateur, lui rabâchant des idées simplettes, jusqu'à s'embourber dans un final qui assène l'émotion et son message avec la finesse d'un bazooka.
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Lecteurs

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commentaires
Gargantua
05/09/2021 à 01:19

Magistral. Malgré les années ce film reste toujours aussi excellent.
La meilleure partition de hans zimmer à ce jour.

Cinégood
06/03/2021 à 18:30

A Slater

Il faut relativiser.
L'homme n'a pas les moyens de bousiller la planète, il ne peut que bousiller sa civilisation.
Si on ramène l'histoire de notre planète à un an, L'histoire humaine représente la dernière minute de l'année. (Les dinosaures ont régné des millions d'années en comparaison. Nous en sommes très loin !).
Quand bien même la planète aurait besoin d'un million d'années pour reconstituer flore et faune ce ne serait pas grand chose...

Slater-IV
05/03/2021 à 17:27

Toujours eu un souci avec ce film, notamment concernant son discours "de lâche" concernant la planète que l'humanité a bousillé ("la terre est inhabitable ? Pas grave, on se barre !"). Un bien bel exemple à montrer aux futures générations.

Après, on savait que Nolan et l'engagement politique, c'etait compliqué...

Malgré tout, et paradoxalement, j'adore ce film pour son rythme, sa photo, son ambiance générale, son casting (à part Damon qui m'a légèrement fait sortir du film la première fois que je l'ai vu).

Alexx
05/03/2021 à 10:26

Comme souvent dans les films de Nolan, c’est super bien écrit mais peut être trop, certaines séquences de dialogues manquent d’âme entre les interactions des personnages, ils disent leur texte avec certes beaucoup de talent mais on sent qu’ils en sont un peu prisonniers, j’ai l’impression que Nolan n’est pas à l’aise avec ça. Pour le reste il maîtrise son sujet et sait où il veut en venir, la BO est magistrale et le film perturbe vraiment !

C. Ingalls
04/03/2021 à 17:50

Film pour Le Grand Écran,
qui perd malheureusement beaucoup sur une simple télévision...

Zapan
04/03/2021 à 16:29

"Cela m’a fait le même effet que « 2001… » de Kubrick, super beau mais tellement creux et lourdingue".

50 ans plus tard, Kubrick reste intellectuellement toujours en avance sur son temps quand on lit ce genre de chose.
Enfin bref, 2001 et Interstellar sont de très bon films mais je ne pense pas que l'on puise encore les comparer.

Pour ma part je reste déçu sur la fin d'Interstellar. Depuis gamin je me demande ce qu'il peut y avoir dans un trou noir. Cette version ne m'a guère enchanté ou, fait rêver. Très "terre à terre" ou plutôt trop "humaine" dans sa façon d'être aborder.
Si il existe bien une "dernière frontière" dans l'univers qui semble et restera sûrement inatteignable pour ton être vivant de composition carbonique ou autre (sait-on jamais), c'est bien un trou noir. Cette version est trop concrète, trop directe et ne laisse aucun place à l'imagination. C'est mon seul gros problème avec ce film (et le paradox qui s'ensuit).


Mais tout le reste est magnifique et procure un grand plaisir il est vrai.

NIT
13/07/2020 à 03:42

J'ai adoré ce film... La trame musical est venu me chercher par les tripes...

Capflam 94
12/07/2020 à 00:14

Je n'ai pas supporté ce film comme la plupart des films prétentieux de Nolan. Seul Memento valait le coup.

Poppie
10/07/2020 à 23:48

Je trouve que la fin ridicule type happing end coule le film en beauté et tout le super travail scenaristique.
J'ai l'impression que le réalisateur ait eu peur que le spectateur soit trop débile pour comprendre sa fin qui du coup est tout à fait lourd dingue.
La fin est à supprimer dans ce film.
On n'est pas Kubrick et 2001 qui veut ...

mwalex
07/07/2020 à 09:59

Le film sacrifie souvent le rythme au profit de son propos et son concept, Nolan est toujours maladroit dans la direction d'acteur, dans les interactions entre eux, c'est souvent récité et l'émotion est étouffée sous les lignes de dialogues conceptuelles. Le film est pour autant fantastique et puissant mais c'est dommage d'avoir ces défauts encore dans ses films

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