Les Misérables : critique qui passe la BAC

Simon Riaux | 20 novembre 2019 - MAJ : 20/11/2019 11:32
Simon Riaux | 20 novembre 2019 - MAJ : 20/11/2019 11:32

Pour son premier long-métrage de fiction, le réalisateur Ladj Ly se penche sur la vie d'une Cité, bouleversée par l'enregistrement d'une bavure policière. Honoré du Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, Les Misérables débarque enfin sur les écrans français.

KIDS ARE NOT ALL RIGHT

À Montfermeil des enfants jouent en plein soleil, équipés de pistolets à eau. Quand approche une ronde de police, ils se dissimulent et attendent patiemment l’arrivée des fonctionnaires, inconscient de l’embuscade humide qui se prépare. Lorsque les mômes surgissent pour les arroser, c’est d’abord la joie naïve de la surprise qui envahit l’écran, les mines ahuries des uns, les sourires des autres, puis soudain, le geste plus du tout innocent d’un pré-ado qui, fixant les flics, barre sa gorge de son indexe.

 

photoAvant le feu...

 

La séquence dure une poignée de secondes, mais parvient à capturer la violence des paradoxes qui sous-tendent la Cité, la banalité d’existences capables de basculer à tout moment dans l’affrontement. Fort de son expérience de lanceur d’alerte (il filma en 2008 une bavure policière qui devait secouer Montfermeil) Ladj Ly ne fait pas des Misérables une démonstration académique, mais le produit de tensions avant tout physiques, organiques. Ce qui s’entrechoque à l’image ce sont d’abord des corps, des rapports de domination et de territorialité.

Des policiers, sur le point de céder au coup de force, qui enragent et enflamment un territoire qui se refuse depuis longtemps à eux, un corps collectif atomisé, dont les membres sont portés à ébullition par la misère et les agents d’un État démissionnaire, mais pyromane. Tous ces shrapnels épars, le cinéaste parvient à les rassembler pour mieux leur donner corps. À l’image de ce drone par lequel l’étincelle se fait incendie, sa mise en scène rassemble différents régimes d’images, sait tirer parti d’un tournage qu’on devine prompt à user simultanément de plusieurs caméras. Et malgré cette polyphonie visuelle, Les Misérables s’impose comme une leçon de découpage, d’assemblage et de grammaire cinématographique.

 

photoDes flics au bord de la crise de nerfs

 

LES HAINES

Œuvre riche et maîtrisée, la première réalisation de fiction de Ladj Ly évite les écueils d’un cinéma social péremptoire ou déconnecté des exigences d’un cinéma ambitieux. Les Misérables s’inscrit dans la tradition d’un pur cinéma de genre, et propose un polar politique toujours soucieux de son impact, de son efficacité.

Le sentiment d’assister à un croisement entre les créations de Friedkin, de Lumet ou de Boisset (pour ce qui est de la perception aiguë des frictions hexagonales) grandit aussi bien lors des scènes de confrontation que lors des séquences intimes, où les protagonistes côtoient leurs points de rupture.

 

photoUne image travaillée...

 

Enfin, ce qui achève d’emporter le morceau pour le spectateur un peu méfiant vis-à-vis des productions primées à Cannes et estampillées « sociales », c’est la maîtrise inattendue de la parole. Ce n’est pas par hasard que le film s’intitule Les Misérables, et contre toute attente, l’œuvre adopte et accueille avec réussite l’héritage de Victor Hugo si évidemment revendiqué.

Le métrage développe avec réussite l’oralité, poussant certains échanges aux limites de la déclamation, dans un rapport au verbe totalement hugolien. Non seulement Ladj Ly parvient miraculeusement à ne jamais sombrer dans la théâtralité, mais il embrasse ainsi un leg artistique que bien peu d’artistes osent revendiquer et magnifier à l’heure actuelle.

 

Affiche

Résumé

Film de genre en ébullition, réquisitoire politique et coup de poing plastique, Les Misérables impose Ladj Ly comme un des metteurs en scène les plus prometteurs de son époque.

Autre avis Geoffrey Crété
Les ficelles sont connues, mais Ladj Ly les utilise avec vivacité et intelligence. Et il signe l'une des fins de film les plus fortes, puissantes et évocatrices de l'année, qui résonne longtemps en tête.

commentaires

Flash
23/11/2019 à 09:39

nikos182@ "Facho" est devenu malheureusement l'argument à la mode sur les réseaux sociaux lors de discussions qui opposent des personnes, celui qui sort le mot"facho" en premier, histoire de montrer que lui est un type bien alors que c'est souvent le plus "teubé".

nikos182
22/11/2019 à 21:24

@Mysterek
Consequence direct de ceux qui utilisent l''insulte ultimes et abject "facho", là on peut parler d'ignominie quand on sait ce qu'a été le fascisme dans notre histoire.
Moi quelqu'un qui ose me dire sa en face je lui pète les dents parce que ca me blesse énormément!! (par respect pour le combat de mes ancêtres entre autre)
Brainac et bien d'autres dans ce fil de discussion n'oseraient jamais dire ca les yeux dans les yeux tellement ils n'ont pas de c***, ils se protègent derrière leur profil internet. grand bien leur face mais faut pas s'etonner que ca se retourne contre eux

MystereK
22/11/2019 à 20:45

Est ce que certains d'entre vous n'ont pas un pu oublié qu'on est sur une site de cinéma ? Donez vous vos 06 et insultez vous sur Whatapp.

nikos182
22/11/2019 à 20:03

"Dans le cas de mantes la jolie" "dans le cas" les mots ont un sens que vous ne maîtrisez pas ! désolé pour vous
De toute façon n'importe qui passe sur cette page et lis notre discussion verra tout de suite qui a raison et qui a torti sur le sujet et verra de toute manière votre mauvaise foi , je suis pas trop inquiet de ce côté là ^^

brainiac
22/11/2019 à 19:56

@nikos182

Ce qui ne change rien, strictement rien à son appel à faciliter la violence policière. Elle utilise Mantes la Jolie comme un exemple pour dire "il faut qu'ils puissent tirer" dans des situations ou manifestement ils ne peuvent pas. Et quand je dis CP je suis sympa.

nikos182
22/11/2019 à 19:53

mais vous êtes teubé elle dit juste avant "dans le cas du GUET APENT de Mantes le jolie d'une 100AINE DE PERSONNE"
vous coupez les phrases ET vous êtes d'une mauvaise foi tellement visible que ca en est risible

Brainiac
22/11/2019 à 19:48

@nikos182

Vu le nombre de radiations et condamnations de policiers, on peut même dire qu'elle est sa complice.

Brainiac
22/11/2019 à 19:47

@Nikos182

C'est pourtant pas compliqué. voilà la citation exacte.

« Il faut que la police tire à balles réelles. La police américaine aurait tiré à balles réelles. » Elle réclame qu'on autorise des policiers à tirer, pas à pratiquer un droit acquis. C'est du niveau CP.

"

nikos182
22/11/2019 à 19:42

ah oui j'oubliais la justice Francaise est reputée pour être l'ami des policiers aussi lool

nikos182
22/11/2019 à 19:39

elle parle texto d'un guet apent (guet apent = intention belliqueuse = mise en danger de sa vie) de 100 PERSONNES, oui un équipage de seulement 2, 3 ou 4 policiers devraient tirer dans un cas comme ca !
Ou trouvez vous a redire ??

Passer en jugement devant la justice ? coupable d'avoir tuer ? sur la dernière décennie combien ? repondez

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