Terminator 2 : Le Jugement dernier - critique terminée

Simon Riaux | 20 avril 2021 - MAJ : 20/04/2021 15:17
Simon Riaux | 20 avril 2021 - MAJ : 20/04/2021 15:17

Terminator 2 : Le Jugement dernier repasse ce soir sur France 2 à 23h10.

Film d’action adulé par plusieurs générations de spectateurs, vu comme une des rares suites égalant voire surpassant son modèle, Terminator 2 est parfois considéré comme la perfection du film typé blockbuster, et le plus abouti de James Cameron.

BLADE RUNNER 2029

Terminator premier du nom s’est imposé au fil des années comme un succès populaire, puis un pilier de la pop culture, certaines de ses répliques (jusqu’à son titre) se transformant en expressions consacrées. Avec un sens de l’épure qui n’appartient qu’à lui, son réalisateur était parvenu, pour un budget ridicule (6,4 millions de dollars) à rendre tangible une mythologie de science-fiction, devenue instantanément une des plus cinégéniques jamais imaginées, aux côtés de la saga Alien.

La première audace de Terminator 2, c’est d’oser révolutionner complètement son univers de l’intérieur. Après avoir créé l’image d’Arnold Schwarzenegger, à la fois tueur inarrêtable et croque-mitaine technologique terrifiant, il fait le choix presque kamikaze d’abattre cette idole pour en faire la figure positive de son récit. Même traitement pour Sarah Connor. Devenue une femme forte à l’issue du précédent volet, nous la retrouvons walkyrie psychotique enfermée à l’asile. Charismatique, magnétique, mais bien loin de l’ilot d’empathie qui offrait tant d’humanité à Terminator.

 

Photo Robert Patrick (I)Assassin de la police

 

Ce dispositif de retournement des valeurs initiales sera ensuite copié d’innombrables fois par Hollywood, y compris au sein de la franchise (coucou Terminator : Genisys), mais rarement avec une telle cohérence, une telle justesse dramaturgique. En apparence, Terminator 2 rejoue le western urbain et l’interminable poursuite de son aîné, mais en détourne chaque pion. Ainsi, James Cameron peut tout à fait boucler l’intrigue du métrage original. Il joue à la fois de la notion de boucle temporelle – c’est grâce aux restes du T-800 que Skynet a pu voir le jour – et du concept même de l’androïde, être qui peut être programmé à volonté, et donc se renouveler dans la continuité.

 

TerminatorWe are the robots

 

SON ET LUMIÈRE

Mais Terminator 2 n’est pas seulement une réflexion passionnante sur le recommencement ou son incarnation cinématographique. Artisan rompu à toutes les méthodes artisanales de l’école Corman, James Cameron sait comment décupler l’impact de ses effets. Cet art de la démerde rencontre ici le budget le plus important de son époque (en 1991, Terminator 2 est la plus grosse mise jamais ambitionnée par un studio) et le réalisateur livre un film d’action à la facture ahurissante. Les innombrables séquences d’action alternent entre cascades complexes et pyrotechnie invraisemblablement spectaculaire, combinés au gré de poursuites aussi nombreuses qu’amples.

 

Photo Linda HamiltonArme de destruction massive

 

Le sens de la mise en scène du cinéaste s’est encore aiguisé, et James Cameron enquille les plans iconiques, les images composées à la perfection, jusqu’à générer un sentiment d’ivresse intense. Ce qui frappe, à l'heure où les blockbusters s'efforcent de jouer la vélocité, de dynamiser chaque scène par un montage toujours plus nerveux, c'est comment l'action de Terminator 2 fait toujours le pari de la pesanteur.

Les mouvements pèsent, les masses broient ce qui leur résiste, et on assiste à la course ralentie, mais inarrêtable de locomotives laissant au public tout le temps d'anticiper le formidable choc qui l'attend. En témoigne la première confrontation entre Arnold Schwarzenegger et Robert Patrick, que le découpage et le montage dilatent à l'infini, comme si tout l'héritage du western se voyait ici condensé,  pour mieux exploser à l'écran en quelques impacts de fusil.

Une des signatures du metteur en scène est son art consommé de la montée en puissance. Resté célèbre pour la force irrésistible de ses triples climax emboîtés, l’artiste pousse ici le concept à un niveau de jubilation ahurissant. Tout le long d’une folle dernière demi-heure, il se livre ainsi à des expérimentations visuelles inédites à l’époque, tandis qu’il feint de rejouer la confrontation du précédent Terminator, conférant cette fois au sort du T-800 une déchirante valeur tragique. Peu de spectateurs sont sortis indemnes de cet exercice ultra-périlleux.

 

photo Terminator 2Tel droïde, tel fils

 

LE BEAU GESTE

Mais Terminator 2 n’est pas seulement une des plus éclatantes réussites de son auteur sur le strict plan du spectacle. Plus que jamais à même de dissimuler un cœur palpitant derrière ses bourrineries, toujours solidement ancré à ses personnages, le réalisateur utilise l’apparente simplicité de son script pour nous offrir des protagonistes éminemment romanesques. Tous sont mus par un principe évident, qui l’amène à se confronter aux autres. Cette logique, presque mathématique, décuple l’intensité des émotions charriées par le script.

Émotions que James Cameron manipule avec autant d’aisance que les shrapnels de plombs en fusion qui déchirent constamment l’image. On l’oublie souvent, mais Big Jim est un excellent directeur d’acteur, précis, chirurgical, toujours attentif à l’agencement des corps et à l’intensité du moindre geste. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on en fait souvent le cinéaste du « Kairos », ce concept grec qui désigne un point de bascule, un instant T, toujours au centre de la dramaturgie de ses films.

 

J'ai pas pleuréUn doigt dans le culte

 

Les personnages y dépendent toujours d'un choix instinctif, d'un geste innocent, qui va les métamorphoser ou prendre une énorme importance symbolique. L'alliance abandonnée puis récupérée dans Abyss, une puce informatique dans Terminator... Nos protagonistes se muent en héros quand leurs passions anodines entrent en collision avec la marche du monde.

Le cinéaste parvient à capturer, toujours, ces moments d'électricité, ces choix irrévocables, où se joue l'avenir de chacun. Déguisé en lance-flammes filmique, James Cameron se fait chef d’orchestre minutieux de drames primaires et puissants, où se joue l’humanité de ses héros, et en définitive, celle de son public.

 

Affiche française

Résumé

Terminator 2 prolonge et repense toute la mythologie de son aîné. Métaphore d'un système hollywoodien dont elle montre autant les limites que l'infini potentiel, l'épopée sauvage de James Cameron demeure encore aujourd'hui un sommet du cinéma d'action.

Autre avis Alexandre Janowiak
Entre scènes d'action ahurissantes, récit captivant et aboutissements techniques, le film de James Cameron est sans aucun doute un des plus grands films de sa génération (et du cinéma tout court).
Autre avis Mathieu Jaborska
Techniquement révolutionnaire, T2 est en plus la suite idéale. En ajoutant aux scènes d'action qui ont fait du premier film un classique une couche émotionnelle simple mais efficace, Cameron marque définitivement l'histoire du cinéma populaire.
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Lecteurs

(4.5)

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commentaires
Gaby
02/07/2021 à 18:12

J'avais 12 ans quand j'ai vu pour la première fois T2 Sur canal + et ce fut une véritable claque dans tout les sens du terme
C'est mon film préféré avec blade runner
Pour moi tout est parfait la photo les acteurs les couleurs les EFX l'histoire la BO l'époque Robert Patrick est parfait et fait flipper les armes les motos los Angeles et j'en passe
Biensur je m'identifiais a furlung je lui ressemblait avec ma coupe au bol et mon blouson en cuir mais quelle époque putain
Il n'est pas parfait car pour moi avoir coupé le rêve de Sarah et Kyle est une erreur il apporte toute la profondeur et la raison de son combat pour sauver l'humanité
Je regarde T2 au moins 3 fois par an et j'en ai 40.

Rom1
01/07/2021 à 23:06

Je concède que c’est une excellente suite. Cependant, j’ai du mal avec toutes les incohérences de celle ci. Si on regarde objectivement, john connor ne devrait pas avoir cet âge là dans le 2. Kyle reese explique bien que tout ce qui est métal ne peut passer, comment le t1000 est il passé ? Cette suite est surcotee de mon point de vu

Miami81
22/04/2021 à 09:17

LA référence en matière de film d action avec Die Hard.

Jaime LaChatte
21/04/2021 à 23:12

Un classique immédiatement ?

Oui c'est cela

Marvelleux
21/04/2021 à 22:34

@1234
Merci bien de ta réponse.

Vallwin
21/04/2021 à 21:20

@kyle reese : CQFD

Jack27
21/04/2021 à 20:33

@Moijedis
Je pense que tu es vraiment un imbécile pour sortir des conneries pareilles, soit ta jalousie te ronge de l'intérieur, soit tu es né sans cerveau, en tout cas c'est triste de lire des commentaires aussi faux, injustes et manipulateurs..
Que le T1000 passe t'apporter quelques viennoiseries un matin, afin de te tenir compagnie et te réchauffer un peu, hasta la vista Moijedis !

prof west
21/04/2021 à 16:01

Psou +1 rien a ajouter sauf que t2 est plus une suite commercial au premier

Psou
21/04/2021 à 15:13

@Rayan @Liojen

Le problème c'est que terminator 1 est à 5/5. Or terminator 1 est quand même bien mieux le 2. Donc il faut bien qu'il y ait une petite marge sur la note.
CQFD ^^

d'ailleurs perso j'aurais mis 3,5/5 à terminator 2. Il est bien mais vraiment je le trouve quand même pas mal en dessous du 1. J'accroche moins décidément.

Kyle Reese
21/04/2021 à 13:19

@Moijedis

Je pensais à de l'ironie mais au cas ou ... et pour le plaisir :)

Film bleuté oui, mais tu oubli le orange feu. La photo fait la part belle à ces 2 couleurs complémentaire qui s'affrontent, le bleu pour la froideur du T1000 dans ses actions, de son attitude, sa nature de machine 100% métal, la technologie sans âme, le orange pour l'humanité, le feu en nous qui nous fait nous dépasser et survivre et l’élément nécessaire à la destruction du T1000.
T1000 sans charisme ... un méchant qui a marqué l'histoire du cinéma Idée de casting génial de Cameron. Robert Patrick, d'aspect fluet (même s'il pratiquait les art martiaux), avec un minimum d'expression est glaçant. Le moindre geste peut devenir létal, et il nous le fait parfaitement ressentir. Cameron est un sacré directeur d'acteur, Robert Patrick n'a pas vraiment brillé par la suite.
Des scènes d'actions pas si impressionnantes ??? A quel age as-tu vu le film ? Sinon mauvaise foi ... le film a scotché tout le monde à l'époque pour de très bonnes raisons dont les scènes d'actions, les SFX mais pas que évidement.
Sarah Connor est devenu un Terminator et ne s'en sort quand retrouvant son humanité à la fin du film en décidant de ne pas tuer Dyson. Psychologiquement parlant elle revient de loin après le trauma du premier film d’où son parcourt. Et une femme aussi badass qu'un homme, ça peut faire peur ou mettre mal à l'aise à certain. Film féministe avant l'heure tout comme T1. Scénario très malin qui retourne le symbolisme du premier. Le T800 est la pulsion de mort, Thanatos, il a été récupéré par la culture populaire comme une symbole de la toute puissance de mort (nombreuse citation dans la pop culture et le rap US à l'époque), et Cameron le transforme ici en symbole d'espoir pour la vie en le faisant devenir un protecteur de vie. Cameron reprend le contrôle sur sa créature et surprend tout le monde. Film raciste ? La petite équipe trouve refuge chez une famille mexicaine bienveillante.
Dyson, un noir, est un scientifique de génie et bon père de famille. Il n'hésite pas à détruire son œuvre pour le bien de l'humanité et se sacrifie pour elle. Un très grand rôle marquant.

Voili ... voilà. Alors ironie, mauvaise foi, ou provoque à 2 balles pour le fun ? ;)

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