Wedding Nightmare : critique jusqu'à ce que la mort les sépare

Geoffrey Crété | 23 août 2019 - MAJ : 23/08/2019 18:10
Geoffrey Crété | 23 août 2019 - MAJ : 23/08/2019 18:10

Une nuit de noces pas comme les autres attend Grace dans Wedding Nightmare, diabolique jeu de cache-cache et massacre qui transforme une belle et bourgeoise maison en théâtre de l'horreur. Samara Weaving est la mariée qui finira moins blanche que prévu dans le film de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett avec également Mark O'BrienAdam Brody et Andie MacDowell.

MARIAGE PEUREUX, MARIAGE HEUREUX

Pour Grace, qui s'apprête à épouser Alex dans la demeure familiale des Le Domas, la peur est réelle : elle sent que ce clan de riches héritiers d'une entreprise de jeux de société n'a aucune envie de l'accueillir dans le cercle. Elle est loin d'imaginer qu'elle a de vraies raisons de trembler et les regarder d'un air inquiet. Car la famille bourgeoise a un rituel à suivre pour célébrer chaque nouveau membre des Le Domas. Dès minuit, une partie un peu spéciale commence, et la demeure se transforme en terrain de jeu, susceptible de devenir un vrai carnage selon le hasard des cartes.

Ce sera le début d'une longue nuit pour l'héroïne de Wedding Nightmare, petit plaisir réjouissant concocté par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, duo repéré sur V/H/S, The Baby et Southbound. Entre le slasher, la comédie et le trip ésotérique, le film mené par l'excellente Samara Weaving est une de ces petites surprises sorties de nulle part (discrète production Fox Searchlight distribuée par Disney donc), certes imparfaite, mais trop généreuse et amusante pour être boudée.

 

Samara WeavingLe début de la fin

 

LE VACARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE

Ce qui étonne d'abord dans Wedding Nightmare, c'est la petite dose d'humour cruel étalée à travers le cauchemar. Quelques têtes tombent pour le simple plaisir du running gag tandis que l'hystérie et la bêtise de certains membres de la famille évoquent le facepalm ultime. La mise en scène se joue à plusieurs reprises des codes du genre pour renverser la peur et glisser vers le rire jaune, et le grand final est à lui seul un grand moment de grotesque irrésistible.

C'est ce parti pris qui permet aux deux réalisateurs de dynamiter leur film à formule, qui ressemble sinon à quantité d'autres, de You're Next à The Strangers pour en citer des récents. La mythologie farfelue révélée au fil de l'action donne au film des airs de La Cabane dans les bois, et la peinture méchamment extrême de la bourgeoisie tire le film vers la comédie grinçante et sanglante.

Un humour qui véhicule une image diabolique et terrible de la famille, du déterminisme social et de la lutte des classes, avec l'idée qu'il n'y a aucune échappatoire pour les victimes comme pour les bourreaux. Le manoir devient alors un labyrinthe lugubre sans issue, où sont piégés et prisonniers les deux camps. Le scénario n'insiste pas sur ce sous-texte, au-delà de quelques dialogues bien sentis, qui rendent le massacre encore plus terrible. 

 

photoRéunion de famille

 

LA MARIÉE ÉTAIT EN MOUAIS

Si Wedding Nightmare fonctionne aussi bien, c'est aussi grâce à Samara Weaving. Avec ses airs de Margot Robbie, l'actrice vue dans les séries Picnic at Hanging Rock et SMILF, ou encore The Babysitter, est excellente. La petite chose qui se transforme en warrior et déchire les coutures de son costume de poupée est une partition bien connue, et n'a plus grand-chose d'excitant a priori. Mais elle s'en sort avec les honneurs, insufflant un peu de folie et de cruauté, et finit comme une punk à la Fatal Games.

Elle est entourée de seconds rôles talentueux, d'Andie MacDowell qui prend un malin plaisir à incarner cette matriarche opaque à Nicky Guadagni (Holloway dans Cube) en tata tarée, en passant par Mark O'Brien tiraillé entre son clan et son cœur.

 

photo, Samara WeavingCette fois, c'est personnel

 

Reste que ce mariage des enfers suit un peu trop les codes du genre. La maison est finalement bien simple, et offre un terrain de jeu trop facile et limité, sans vraie surprise. La partie de cache-cache dans un lieu rempli de jeux de société aurait mérité plus d'inventivité. Intérieur ou extérieur, le décor reste très familier, et jamais Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett n'en tirent quelque chose d'audacieux ou véritablement ludique.

Même chose pour les armes, dont la variété ne donne lieu à aucun accès de folie malgré les annonces. Malgré quelques moments bien sadiques avec l'héroïne, la cruauté reste par ailleurs trop en surface, avec un lot de victimes bêtement utilisées, et des morts manquées uniquement pour arranger l'histoire.

Wedding Nightmare multiplie les péripéties pour créer le suspense, et ce trop-plein semble parfois là pour camoufler les faiblesses de l'intrigue. Si le spectateur pourra accepter les motivations et explications un brin stupides des personnages, difficile d'être entièrement satisfait devant ce modeste cauchemar, qui reprend quelques couleurs lors de son final.

 

Affiche française

Résumé

Sanglant et drôle, Wedding Nightmare emprunte au slasher énervé et à la satire cinglante dans ses meilleurs moments, autour d'une Samara Weaving excellente, et avec une touche de grotesque débridé parfois réjouissante. Dommage que le film manque sinon de folie et d'inventivité dans son jeu de chasse.

commentaires

Josselin
13/09/2019 à 08:06

J'irai bien le voir pour le côté absurde.

Reallu
27/08/2019 à 16:44

Souvent ce genre de film marche bien comme la maison des tenebre - action ou vérité exemple , petit budget mais bon resultat ,c’est mieu qu’un navet a gros budget a 200 millions qui flop , mais ce film fait moin bien a ce que je vois , a voir un jour gratuit

Fred
27/08/2019 à 10:12

Bidon 0

Ken
27/08/2019 à 02:47

Faut aller le voir en pour rigoler car c un film drôle, drôle en ridicule avec une fin bien merdique. Ma note 3,4/10

muorv
23/08/2019 à 16:33

Un oui à Las Vegas, c'est un non le lendemain.

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