Tanguy, le retour : critique sans mamours

Simon Riaux | 10 avril 2019
Simon Riaux | 10 avril 2019

Dernier succès critique et public d'Etienne Chatiliez, Tanguy sert de base à son retour aux affaires, 7 ans après un long-métrage passé quasiment inaperçu : L'Oncle Charles. L'occasion pour le flingueur du vivre-ensemble hexagonal de nous asséner une nouvelle gifle avec son Tanguy, le retour porté par le même trio : Sabine Azéma, André Dussollier et Eric Berger ?

LE RETOUR DU REFOULE

Quand Etienne Chatiliez débarque au sein du paysage de la comédie française en 1988 avec La vie est un long fleuve tranquille, c’est pour lui imposer un sévère ravalement de façade. Prenant plaisir à dynamiter aussi bien les représentations de la bourgeoisie qu’à croquer cruellement les classes populaires il va passer les années 90 à l’acide et abattre un à un les idoles du modèle comique et sociétal français.

En témoigne la popularité de Tatie Danielle et du Bonheur est dans le pré, œuvres cultes toujours redécouvertes par de nouvelles générations de spectateurs.

 

photo, André Dussollier André Dussollier grimace, parfois

 

Après Tanguy, la machine à vitrioler s’est grippée. Lâché par la critique avec le maladroit Agathe Cléry, puis par le public avec l’embarrassant Oncle Charles. L’annonce d’un Tanguy, le retour avait donc de quoi laisser perplexe : Chatiliez se retournait-il vers une de ses créations passées pour redynamiser son cinéma, ou lâchait-il complètement l’affaire en se contentant de se répéter mollement ?

Bien malin qui saura répondre à cette question, tant Tanguy, le retour déjoue à peu près tous les enjeux, espoirs ou craintes qu’on pouvait placer en lui. Que le scénario s’inscrive sur les rails du remake facile, pourquoi pas, mais ce qui sidère véritablement ici, c’est l’absence totale d’ambition technique.

 

photo, André Dussollier, Sabine Azéma Aussi beau qu'un décor Ikéa

 

PÈRE ET FIST

Les minutes passent, Tanguy retrouve ses parents, profite d’eux, ponce une paire de coccyx un peu sonores, et une interrogation diffuse se propage : est-ce bien une comédie ? Est-ce seulement un film ? Les deux précédents efforts du réalisateur étaient certes de beaux loupés, mais on y distinguait toujours les marques de l’humour, de la construction des gags, des tentatives de tempo propices à provoquer le rire.

Rien de semblable ici, les malheureux comédiens n’essayant même pas de mettre en bouche leurs semblants de dialogues, exception faite d’ André Dussollier, qui parvient à engendrer un demi-sourire à coup de vannes sur sa prostate. Le reste de la troupe, en particulier Sabine Azéma, demeure ensuquée dans un magma de blagues réacs bien rances, confirmant que les attaques purulentes à destination des asiatiques demeurent la béquille facile des humoristes dépenaillés.

 

photo, Eric Berger Eric Berger

 

Presque jamais drôle, cédant à la vision du monde amère et étriquée qu’il dénonçait jadis, Etienne Chatiliez est devenu sa propre Tatie Danielle, jusque dans la mise en scène. Les compositions mordantes du cinéaste, son naturalisme invitant discrètement la fantaisie… autant de particularités remplacées par une enfilade de plans techniquement pauvres, éclairés par-dessus la jambe, montés sans rythme, jusqu'à former un précis de ce que le numérique peut offrir de plus terne et baveux.

Toutes ses marques de fabrique se sont évaporées, aboutissant à un résultat moins solide esthétiquement qu’un documentaire sur le traitement des mycoses.

 

affiche

Résumé

Difficile de comprendre où sont passés l'acidité et le talent de Chatiliez, devenu sa propre Tatie Danielle.

commentaires

Blackboule92
22/08/2019 à 00:37

Sidérant de manque de dialogues,d’audaces,d’esprits de drôleries,de travailles!!!!
aux secours au moins essayer des trucs histoire de se mettre un tout petit peu en danger, on n’est loin des Personnages de Serrault,gélin,mitchell et bouchitez.... bien écrit et bien ficelé et bien dirigé...
Étienne,je suis tellement déçu

Léon
28/04/2019 à 14:19

Je ne m'attendais pas à un miracle. J'ai été servi. Un film tellement consternant que je n'ai même pas pu dormir. Un très haut degré de connerie indigeste. En sortant j'ai dû m'offrir un Paris-Brest alors que j'étais au régime.

VanV
27/04/2019 à 11:23

Pas l'ombre d'un début de sourire pendant toute la durée de la projection.... Consternant de médiocrité à tous points de vue

socrate
15/04/2019 à 09:02

la nullité n'est pas nul car le nul tue le nul du coup le nul devient pas nul car faire du nul avec du nul ça fait nul

Agnès
13/04/2019 à 08:30

Nul et totalement prévisible

Lilouu
13/04/2019 à 00:35

Rarement vu un film aussi mauvais , je déconseille, gardez votre argent 2019

pikinou
12/04/2019 à 05:05

ce film est une bouse monumentale. c'est si mauvais (scénario acteurs "réalisation") qu'on en a honte. mais comment peut-on encore produire des merdes pareilles ? mystère et boule de gomme...

craquounet
12/04/2019 à 04:59

nul nul nul. c tellement naze que les mots me manquent

Mama Fratelli
11/04/2019 à 08:04

Ah ouais sérieux il est naze ?
Mais naaaan Chatillez a fait un prout à destination du cinéma comique français c'est tout.
Puis si le ponçage de coccyx est bien filmé, c'est cool

Gaia
10/04/2019 à 21:22

Etienne chatilliez est un obsessionnel du catalogue roche bobois, sa monteuse a de l’arthrose dans les doigts, son scenariste est atteint de dégénérescence synaptique, son chef operateur, un debut de cataracte, ses producteurs prennent de la bouse pour de l,art et les spectateurs pour des gogols ...
Au secours , la vieillesse d’ un enfant cheri de la pub est un naufrage !!,,
J’ ai a peu de choses pres son âge mais j’ai encore de l’audace et de l’esprit!

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