Bumblebee : critique Transformeilleur

Mise à jour : 12/12/2018 16:54 - Créé : 12 décembre 2018 - Geoffrey Crété
Geoffrey Crété | 12 décembre 2018 - MAJ : 12/12/2018 16:54

Après cinq Transformers réalisés par Michael Bay, les robots évoluent. C'est du moins le grand argument marketing de Bumblebee, premier spin-off de l'univers inspiré par les jouets Hasbro, sorte d'origin story qui se déroule dans les années 80, autour d'une adolescente incarnée par Hailee Steinfeld. Avec pour la première fois un autre que Michael Bay derrière la caméra, puisque le blockbuster est réalisé par Travis Knight (Kubo et l'armure magique). De quoi espérer une renaissance de la franchise ?

Affiche
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LA COCCINELLE REVIENT

Premier film sans Michael Bay, qui a réalisé tous les épisodes, de Transformers en 2007 à Transformers 5 : The Last Knight en 2017. Premier spin-off de la saga, sous forme d'origin story puisqu'il se déroule en 1987, avant tous les autres. Première fois qu'une héroïne mène l'aventure, après trois Shia LaBeouf et deux Mark Wahlberg. Premier film de la franchise de moins de deux heures.

Bumblebee a tout d'un redémarrage de la saga des gros robots, surtout après le cas Transformers 5 : avec environ 605 millions encaissés au box-office, il a marqué le pire score de la saga, a marqué une chute dramatique après le 1,1 milliard de Transformers 4 : L'âge de l'extinction, et a donc indiqué que la formule devait changer. Du moins en surface.

Voici donc Charlie, une adolescente de 18 ans qui vit vers San Francisco, à la fin des années 80. Depuis la mort de son père, Charlie n'est pas très en forme. Mais Charlie va rencontrer une coccinelle jaune, qui n'est autre qu'un Transformer qu'elle nommera Bumblebee. Charlie va aider Bumblebee à affronter les méchants Décepticons, qui menacent de détruire la Terre, et Charlie va au passage trouver un véritable ami qui lui redonnera le goût de vivre. Elle est donc l'héroïne d'un film Transformers très classique, qui remplace la débauche d'effets de Michael Bay par un discret parfum eighties pas bien excitant.

 

photo, Hailee Steinfeld Sois sage et obéis, ça ira

 

THE NEW KNIGHT 

Le premier bon signal de Bumblebee est le choix de Travis Knight pour prendre la relève de Michael Bay, qui reste producteur. C'est son premier film live, mais il a brillé dans l'animation chez le studio Laika, en œuvrant sur CoralineL'Étrange pouvoir de Norman et Les Boxtrolls avant de réaliser Kubo et l'armure magique. Autant de preuves d'un véritable savoir-faire, d'un imaginaire et d'une capacité à donner de la vie et du coeur aux créatures les plus étranges.

Si la saga a au fil des épisodes plongé dans la surenchère d'explosions, poursuites et affrontements toujours plus gras et titanesques, au point de devenir une gigantesque bulle abstraite et bruyante, Bumblebee rétropédale clairement. L'aventure n'est plus à une échelle mondiale ou galactique, malgré une ouverture et des enjeux spatiaux : c'est celle de Charlie et Bumblebee, une fille et un robot qui sont tous les deux des mômes perdus et abîmés.

 

photo, Hailee SteinfeldBumblebee téléphone maison

 

Elle a perdu son père et se cherche, il a perdu sa mémoire et sa famille. Et ensemble, ils vont se reconstruire, et se relever. C'est une dynamique bien simplette et hollywoodienne, écrite avec de très grosses ficelles (mention spéciale au plongeon symbolique), mais qui témoigne d'un désir de reposer des fondations plus humaines. Bumblebee ressemble à bien des niveaux à un remix du premier Transformers, avec l'accent mis sur l'émotion.

E.T. L'Extra-Terrestre et Le Géant de fer sont clairement des sources d'inspiration, et le choix de Hailee Steinfeld va dans ce sens. En castant une actrice talentueuse, nommée aux Oscars pour True Grit des frères Coen et qui a brillé depuis dans le teen movie (notamment The Edge of Seventeen), le studio a misé sur une certaine modernité, en phase avec son époque. En plus de l'atout évident d'avoir une comédienne si solide pour tenir une histoire si basique. 

 

photo, Hailee Steinfeld Hailee Steinfeld embrasse son chèque son amie

 

QUE LE SPECTACLE RECOMMENCE 

La conséquence directe de ces choix est la chute radicale du potentiel spectaculaire. Ceux qui étaient rassasiés et comblés par le bruit et la fureur d'un Transformers 3 ou Transformers 4 devraient être blasés face à ce qui semble être un petit spectacle, avec un taux d'explosion en très nette baisse. Hormis deux trois poursuites et images explosives, il n'y aura que le climax pour offrir le quota habituel de pyrotechnie, et à un niveau moindre après les ambitions de l'ogre Bay. 

Bumblebee a coûté moins cher que tous les autres Transformers (entre 100 et 120 millions, loin des 230 de Transformers 5), et c'est évident à l'écran tant l'aventure est plus terre-à-terre. Tout le cahier des charges semble avoir été revu et recadré, calmant le jeu au niveau des effets de style, du montage et du son, qui étaient devenus des armes visant les neurones et les oreilles entre les mains de Michael Bay. Travis Knight a beau ne pas avoir l'espace pour véritablement exister, et donner de la personnalité au film, celui-ci ressemble à un vrai film.

 

photoDeux robots regardent un robot dans un film conçu par des robots un studio

 

Cette nécessité d'avancer et redessiner les contours de la saga vire même à la bataille méta à l'écran. Avec ses gros muscles, ses blagues débiles et ses neurones atrophiés, le personnage de militaire bourrin et abruti de John Cena semble sortir de l'ancienne époque Transformers. Le voir attaquer d'office tout ce qui bouge ou sortir des répliques ridicules, mises en scène avec une conscience aigüe du grotesque, rejoue dans l'histoire ce passage de flambeau.

Lorsqu'à la fin, après avoir passé à peu près tout le film à courir après deux ados pour être humilié, il adresse un salut militaire à Bumblebee, celui-ci lui répond avec un signe nettement moins solennel, tout droit sorti de Breakfast Club. C'est un signal clair qu'une page a été tournée, et que ce faux premier degré qui a ravagé la saga au fur et à mesure, est enterré, et mérite sûrement d'être moqué. Si quelque chose doit maintenant être pris au sérieux, c'est les personnages, et leurs petits cœurs. 

Inutile néanmoins d'espérer que Bumblebee s'élève au-dessus de la masse des blockbusters banals. Même de jolies idées sur le papier (réanimer Bumblebee pour rattraper le trauma du père décédé d'une crise cardiaque) sont exécutées sans grande passion, quand tout l'aspect nostalgique est traité par dessus la jambe, hormis quelques courts moments amusants à base de tubes des années 80. Même chose pour le teen movie totalement ignoré, qui va jusqu'à présenter mais parfaitement oublier la pouffe et le beau gosse du lycée. Bumblebee a beau avoir une carrosserie un peu moins ringarde, la vieille machine qui se cache derrière reste la même.

  

Affiche française

Résumé

La saga Transformers tente un rétropédalage à la sauce eighties pour se racheter une conduite, et se recentrer sur une formule plus pure et simple. Après une ère Michael Bay qui a atteint des sommets d'overdose, c'est un bon signal. Bumblebee est donc un film moins pire, mais pas forcément un bon film.

commentaires

sylvinception
27/12/2018 à 14:50

"Hailee Steinfeld embrasse son chèque"
Ah ah ah excellent!!

FafanLeFanu
14/12/2018 à 11:56

@Geoffrey. Merci pour votre réponse. Je suis curieux de voir dans quel projet Travis Knight se lancera par la suite ou s'il persistera dans le live ou reviendra à l'animation.

Quentincuillier93
13/12/2018 à 14:29

Le fait qu'il n'y ait pas de p*te sortie du mannequinat rend déjà le film meilleur que tous les autres.

Geoffrey Crété - Rédaction
13/12/2018 à 11:17

@FafanLeFanu

Toujours difficile de connaître ces détails, mais dans les faits : le scénario était là en novembre 2016, et Knight a été officiellement engagé en mai 2017. Pour un tournage fin juillet. On vous laisse donc imaginer à quel point il a pu apporter des choses sur un projet de cette envergure.

FafanLeFanu
13/12/2018 à 10:50

J'avoue j'en avais un peu rien à faire des Transformers, j'ai lâché l'univers après le 3, mais j'attendais curieux et un peu impatient ce Bumblebee depuis l'annonce de Travis Knight aux commandes. Mais visiblement il n'a pas pu vraiment s'imposer face aux impératifs du studio (cette nostalgie 80's quelle audace...), et j'imagine qu'il est arrivé alors que le script était déjà verrouillé. Ou on sait si il a participé au développement, et dans quelle mesure?

Geoffrey Crété - Rédaction
13/12/2018 à 10:08

@Sébastien

Vu la somme de pépites, découvertes et chocs ciné chaque année, on va très bien ici, merci.

Raoul
13/12/2018 à 09:37

L'honneur est sauf, la nana porte le débardeur blanc trademark de la série.

Sébastien
13/12/2018 à 02:30

Dur dur d'être critique de cinéma dans la pire époque cinématographique des 40 dernières années.

Jonathan
12/12/2018 à 22:52

Dommage que ce soit une vieille coccinelle dégueu, j'aurais bien voulu revoir la vieille Camaro qu'on voit au début du premier film.

prof west
12/12/2018 à 19:33

Un design plus proche des g1 oui le reste a voir

Raiden donc pour toi tous ceux qui regardait l'animé g1 et avec des jouets transformers mome c'était des attardés pt bravo quoi gars je me demande a quoi tu jouais mome qu'on se marre un coup quoi petre aux pokémons non ? psss

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