Solo : A Star Wars Story - critique de Faucon Millésimé

Mise à jour : 28/05/2018 06:38 - Créé : 15 mai 2018 - Simon Riaux

Après le renvoi inattendu et ultra-violent de ses deux réalisateurs, Phil Lord et Chris Miller, on craignait une catastrophe industrielle. C'était sans compter sur la venue de Ron Howard, présenté par Lucasfilm comme un artisan messie venu redresser la barre. La sélection à Cannes hors-compétition a laissé espérer que Solo : A Star Wars Story ne serait peut-être pas le cataclysme redouté. Alors, Disney a-t-il sauvé les meubles ?

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SOUS LES RATÉS, LA RAGE

Dès ses premières images, Solo : A Star Wars Story déraille. Ajout d'un texte succédant à "Far, Far Away", apparition absurde d'un titre mal calibré et propulsé à l'écran en dehors de tout contexte dramatique, brève poursuite trop sombre pour être lisible et trop molle pour aiguiser la curiosité... Pas de doute, le blockbuster qui nous arrive est un grand brûlé, dont les plaies n'ont pas fini de suppurer. Pour autant, rien n'a pu préparer le spectateur au désastre qui s'annonce.

 

Photo Emilia ClarkeUn grand moment d'acting

 

Commençons par le plus évident : Solo : A Star Wars Story est d'une laideur peu commune. Pas de cette mocheté sympa, qui transforme les nanars d'hier en pochardises cultes ou les petits enfants laids en chanteurs de variété syphillitiques. Non, Solo : A Star Wars Story arbore un néant esthétique auquel même les Marvel les plus indigents ne nous avaient pas habitués. La photographie, signée Bradford Young, est désaturée, parfois étalonnée numériquement pour assombrir drastiquement les images, rendant la plupart des décors invisibles ou abscons. Les rares espaces visibles se retrouvent dès lors plongés dans des nappes quasi-pastels dénuées de toute texture, personnalité ou tessiture.

Et ce n'est pas Ron Howard qui pourra y faire quoi que ce soit. Le metteur en scène déploie cette absence de style qui lui tient lieu de signature dans une grande partie de son oeuvre, se contentant du minimum syndical en matière d'efficacité narrative. Quoiqu'il en soit, on n'attendait pas de ce solide technicien qu'en plus de sauver le patient, il lui offre un ravalement de façade et un peeling des gonades. En revanche, on est un peu plus surpris de voir Solo : A Star Wars Story se moquer à ce point du public en matière d'action. Deux malheureuses poursuites, une paire de fusillades... Et c'est marre.

 

Photo Alden EhrenreichHan, mais vraiment Solo

 

LE DER DES ETOILES

Voilà qui ne serait pas un problème si le métrage tenait sa promesse, à savoir nous dévoiler la genèse de personnages adorés, cultes parmi les cultes. Problème : Alden Ehrenreich ignore à l'évidence qu'il incarne Han Solo, et se croit dans un remake du Huitième jour. Ce n'est pas Donald Glover qui pourra l'aider, trop occupé à transformer Lando Calrissian en rescapé d'Austin Powers. La dignité (et la sensibilité des fans de Game of Thrones) rendent délicat la description de la performance d'Emilia Clarke, qui prouve néanmoins qu'elle est sans doute plus douée pour la chasse à la mangouste hermaphrodite que la comédie.

Le ratage est si total que Disney va jusqu'à s'emmêler les pinceaux dans son agenda progressiste, faisant du personnage de Calrissian un fornicateur de droïdes un peu honteux (il fallait oser), et des luttes des minorités ainsi que de #MeToo une source de gags dont la chute se négocie à coups de lasers. Rien de bien surprenant quand le film fait dans sa conclusion un appel du pied aux fan de l'univers étendu, dont la laideur n'a d'égal que la grossièreté.

 

Photo Alden EhrenreichOui alors on ne dirait pas comme ça, mais il fait grand soleil là

 

On aura beau jeu de souligner que restent ici et là quelques bébêtes vraiment très réussies, curieusement Lovecraftiennes, que le thème musical de l'épisode claque quand même bien sa maman sur le postérieur, et que la première apparition de Chewie s'avère une très belle scène, formidablement mise en scène. Ces menues satisfactions ne feront pas oublier que si Solo : A Star Wars Story est moins tragiquement nul que Star Wars Épisode II : L'Attaque des clones, il est encore moins mémorable, à force d'accumuler les non-choix et les crachats à la face de l'héritage Lucasien.

 

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Résumé

En essayant de contrôler deux auteurs brillants perçus comme trop indépendants Disney a décapité un projet prometteur et offert aux fans un des pires Star Wars jamais vus.

commentaires

Loh 27/05/2018 à 14:39

Note critique incompréhensible !
Le film est vraiment sympa, fun et amusant

real 26/05/2018 à 22:33

Franchement: longuet, moche et chiant. Des dialogues et enchaînements globalement incompréhensibles. Humour lourdaud. Et pourquoi baptiser un SW "Solo" quand on ne retrouve jamais la future icône que Ford a personnifié ?
...Quelle débâcle !

Prof. Broom 25/05/2018 à 17:44

Powell est capable de bon et du moins bon. J'ai toujours adoré son score pour Volte Face, pourtant son 1er film, mais là ça m'a semblé un peu générique, jamais vraiment emballant. Il faut dire que dans un Star Wars, il est difficile de ne pas souffrir de la comparaison avec les épisodes 1 à 6 (je suis moins enthousiaste sur le travail de Williams sur les 7 et 8). La musique me semble aussi trop remplir le film (peu de scènes sans). Après je donnerai sans doute une chance à cette BO seule.

Tonto 25/05/2018 à 16:48

@Prof. Broom La musique pas inspirée ? Honnêtement, je t'invite vraiment à écouter la BO indépendamment du film ! John Powell a fait un magnifique travail, ça fourmille de nouveaux thèmes et de grandes envolées lyriques comme à la grande époque de Star Wars sans jamais copier la BO originale, c'est une merveille ! :D
Bon, après, chacun ses goûts, et tant pis si t'aimes pas, personne n'en fera un drame, mais franchement, écoute la BO, je te le recommande vraiment, c'est du Powell à 200% (et je parle du Powell de Dragons, pas de celui de La Mémoire dans la peau ^^). Franchement, je la trouve absolument incroyable et parfaitement digne de Williams...

Prof. Broom 25/05/2018 à 15:08

Avec une production difficile et certaines critiques très dures, je n'avais pas beaucoup d'attentes. Résultat : ce n'est pas bon... c'est très bon.

Premier doute levé assez vite : Ehrenreich est très bien dans le rôle de Solo. Ce n'est pas Harrison Ford mais ce n'était pas le but. Il a suffisamment de charisme et de charme. Le film lui-même est très rythmé. Beaucoup d'action, de rebondissements, de poursuites. Le script est malin et construit une "première" aventure idéale pour Han Solo. La rencontre avec Chewie est parfaite et Ehrenreich crée une vraie alchimie avec son partenaire wookie. La réalisation de Ron Howard n'est pas extraordinaire mais elle sert très bien l'histoire. Seule vraie ombre au tableau, la musique peu inspirée, foutraque et envahissante. L'un des rares morceaux réussis est peut-être celui accompagnant la découverte du Faucon Millenium.

D'une certaine façon, ce Solo me rappelle Casino Royale : il livre une origin story convaincante d'un personnage que tout le monde connait pour en faire un gros film d'action/aventure. Il partage même avec le premier Bond de Craig certains thèmes et personnages.

J'avais bien aimé Rogue One sans crier au génie. Là, c'est un cran au-dessus.

RR56 25/05/2018 à 11:31

Alors forcément après des critiques aussi acerbes, on se tâte à aller voir ce film...conclusion on devrait faire des critiques des critiques. Parce que franchement le film est super sympa, on retrouve bien l'ambiance de StarWars, mais'surtout on apprend enfin qu'il y a autre chose dans cet univers que les Jedi et la forc et ça c'est bon! Les personnages ont un charisme propre. J'aurai préfèré un Han Solo plus tranchant...cet acteur est un peu trop niais mais pas comme Ford, mais avouons-le, il fait le job. L'histoire est cohérente et laisse de la place à un avenir et des développements ultérieurs que l'on attend du coup. La "patte" Ron Howard est marquée et on se plaît à retrouver un petit côté aventure plaisant. Bref, arrêtez de lire les critiques acides, voir au vitriol et faites vous votre propre avis de visu. J'y suis allé en reculant et j'en suis ressorti avec le sourire, ayant passé plus de deux heures sans avoir regardé ma montre en me disant cool CET univers Star Wars qui prend le risque d'être différent. Autant les épisodes 7/8 étaient de pures suites guères motivantes, autant ce Solo fleure bon l'aventure!

Eldiablo 24/05/2018 à 20:41

Le film est excellent alors arrête de dire tout est n'importe quoi .j'ai faillit pas aller le voir en lisant toute les idioties. Je me suis écouter et je suis aller le voir. Pour moi terminer les critiques sa sert strictement à rien de les lires. A l'avenir c'est de tester le film et de se faire son propre avis sans dégoûter les autres. A bon entendeur

Dutch Schaefer 24/05/2018 à 19:14

Disney et ses gros sabots pour détruire une licence historique et culte!
Triste! Mais pourtant il faut se résoudre à accepter la descente vers les abîmes!

Tonto 24/05/2018 à 01:54

"En revanche, on est un peu plus surpris de voir Solo : A Star Wars Story se moquer à ce point du public en matière d'action. Deux malheureuses poursuites, une paire de fusillades... Et c'est marre."
C'est là que j'ai compris qu'on n'avait pas vu le même film. Je veux bien qu'il manque une bonne grosse scène badass qui fasse office de climax à la fin, mais en-dehors de ça, dire qu'il y a pas d'action dans Solo, c'est quand même rayer un grand trait sur les trois quarts du film. Il y en aurait même presque trop, en réalité !
A part ça, en vrai, je dois bien admettre que cette critique soulève quelques points malheureusement vrais (notamment sur la mise en scène) qui empêchent le film d'être un chef-d'oeuvre, mais elle les exacerbe beaucoup trop. Le casting est très honorable, et sans être les acteurs du siècles, Ehrenreich et Clarke se démerdent tout-à-fait correctement. J'aurais aussi mentionné la scène du train, qui témoigne quand même d'une excellente valorisation de l'espace, et où, pour le coup, le montage saccadé et nerveux colle parfaitement aux actions et mouvements des personnages. Et encore, il y a pas seulement le thème de Williams, toute la musique de John Powell est extraordinaire et se glisse parfaitement dans la veine de son illustre prédécesseur !
Bon, sinon, tirer une photo d'une scène qui se passe dans une scène au climat nuageux, et dire qu'il est censé y faire grand soleil, je sais pas si c'est de l'humour ou pas, mais allez comprendre, je trouve ça un tantinet gratuit...

Le Waw 23/05/2018 à 22:52

C'est vraiment a croire que quelqu'un vous refile du pognon pour torpiller certains films. Je n'ai rarement lu autant de mauvaise foi dans l'une de vos critiques.

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