Au poste ! : critique en dégrisement

Mise à jour : 03/07/2018 12:25 - Créé : 14 mai 2018 - Simon Riaux

Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, a marqué (et retourné) les esprits avec Rubber, SteakWrong, Wrong Cops, ou encore Réalité. Qu'il se plonge clairement dans le cinéma français avec Au poste !, avec Benoît Poelvoorde Grégoire Ludig, était l'une des idées les plus excitantes qui soit. Et le résultat est à la hauteur.

Photo Grégoire Ludig, Benoît Poelvoorde
62 réactions

ON RÉVEILLE PAS UN FLIC QUI DORT

Sous-genre parmi les plus sinistrés de la comédie française, la potacherie policière avait bien besoin d'un coup de fouet. Mais si on rit tant devant Au poste, c'est justement parce que plutôt que de viser la parodie ou le pastiche, Quentin Dupieux maintient son cap habituel, préférant narrer avec un premier degré absolu un récit fou au sein d'un monde en plein dévissage quantique.

Les films du réalisateur ont toujours fonctionné comme autant de paratonnerres, captant l'énergie immanente qui transforme l'ordinaire en lumineuse apocalypse. De retour en France pour la première fois depuis Steak, cette mécanique de précision subit ici une logique (r)évolution.
Car Au poste a des airs de retour à la maison - de fou - tant la palette chromatique a évolué. Tendant désormais vers un ensemble plus chaud, tandis que la caméra scrute un texte et des effets plus aboutis, mieux huilés.

 

photo, Benoît Poelvoorde, Grégoire LudigBenoît Poelvoorde et Grégoire Ludig



LE SAMOURAÏLLE

Ce renouvellement mâtiné de retour aux sources se sent également dans le casting. On ne retrouvera pas les habitués du metteur en scène puisque le haut de l'affiche est tenu par Benoît PoelvoordeGrégoire Ludig et l'imperturbablement et létalement drôle Marc Fraize. Leur combinaison offre à Dupieux une partition plus douce mais aussi plus cruelle, comme un moteur renouvelé, mais un moteur à explosion néanmoins.

 

photo, Marc FraizeMarc Fraize, génial

 

Fort de ces atouts, l'artiste peut progressivement lâcher la bride à une fantaisie resserrée et débarrassée de certains de ses tics, pour un résultat exubérant, jubilatoire et plus tendre qu'à l'accoutumée. Et si l'ensemble aboutit bien sûr à un trip cosmique, plus qu'un cheveu sur la soupe, ce dernier se fait délicieuse mise en abîme, conclusion parfaite d'une proposition imparable, donnant à Au poste des airs de dinguerie de la maturité.

 

Affiche

Résumé

De retour en France, Quentin Dupieux se fait plus tendre, maître de ses effets Et, curieusement plus fou encore.

commentaires

Ultron75 04/07/2018 à 14:32

Hey Dirty Harry, c'est un plagiat de l'affiche de Peur sur la ville avec Bébel exactement !!! J'adore !
++

Chuck 03/07/2018 à 22:21

@Stridy

Pareil, Steak est une pépite, du nectar filmique !
Je n'ai jamais rencontré qqun capable d'apprécier ce putain de Chef d'Oeuvre, c'est incroyablement frustrant de ne pas pouvoir partager avec d'autres potes ce délire absolu...

Chivers forever !

Geoffrey Crété - Rédaction 03/07/2018 à 19:54

@Stridy

Justement on reviendra sur Steak ce week-end ;)

Stridy 03/07/2018 à 19:42

Il ne dépassera jamais le chef d'oeuvre Steak mais je suis curieux de le voir.

Raoul 03/07/2018 à 12:11

Hâte de le voir.

Dirty Harry 14/05/2018 à 12:09

L'affiche est anthologique : on dirait un VHS de René Chateau Vidéo d'un polar 80's de Bebel !
Vivement la bande annonce sinon et longue vie à Dupieux (le cinema français envoie du steak en ce moment : entre le Gavras, le Noe et ça, j'ai l'impression que les audaces se font ravageuses)

Ultron75 14/05/2018 à 11:47

une bande-annonce vitttteeeeeeeeeee !!!

Roukesh 14/05/2018 à 11:30

Dupieux avec ce casting, ça ne pouvait que fonctionner. Hâte de voir ça, malgré une distribution qui sera encore une fois désastreuse.

votre commentaire