24 - Saison 8 : So long Jack

La Rédaction | 22 septembre 2010
La Rédaction | 22 septembre 2010

Autant être clair, la huitième et ultime saison de 24 est un fiasco. Logique après tant d'années à ressentir une certaine fatigue, mais la pilule est d'autant plus difficile à avaler que la saison 7 semblait redresser la barre après les errements des saisons 5 et 6. Il n'y a pas que les héros qui sont fatigués, les scénaristes aussi.

Malgré un début prometteur dans un décor new-yorkais inédit, la saison perd rapidement en rythme, en intensité et surtout en intérêt. On se prend alors rapidement à souhaiter que le calvaire s'arrête au plus tôt. Las, l'interminable agonie du pauvre Jack Bauer, rabaissé au rang de simple fétu de paille balloté au gré des élucubrations de scénaristes en panne quasi-totale d'inspiration, s'étale sur les 24 longs épisodes réglementaires, sans espoir de remise de peine.

Erreurs de casting (Freddie Prinze Jr., vraiment ?!?), errements narratifs (l'intrigue totalement surréaliste tournant autour de Katee Sackoff qui rappelle les plus grandes heures de « Cougar Girl »), choix artistiques douteux (la « CTU Boutique Nespresso »), mise en scène poussive (on compte trois ou quatre scènes de fusillade dans un corridor encombré par divers obstacles), rien ne nous est épargné dans cet inventaire à la Prévert chaotique et inconsistant.

Comme si tant de malheurs ne suffisaient pas, le coup de grâce survient après l'épisode 17, qui voit ce bon vieux Jack franchir la ligne que les scénaristes n'auraient jamais dû lui faire franchir, abandonnant tout ce qui faisait encore un tant soit peu l'intérêt du personnage. Inoxydable, certes, mais désormais dépourvu du moindre attrait pour l'audience, exception faite d'une certaine forme de voyeurisme un peu morbide. On en veut pour preuve les audiences américaines qui se sont lentement mais sûrement érodées au fils des semaines, et le désintérêt dans lequel la série s'est plongée.

 

Il arrive bien qu'une idée surnage ici ou là, ou encore que le retour des vieilles gloires (génial Gregory Itzin) soulève une bouffée d'espoir le temps d'une scène bien troussée, mais les dommages sont déjà faits et le mal trop profond.

Le glas sonne donc lourdement pour un Jack Bauer vidé de sa substance, et c'est une page qui se tourne dans l'histoire de la télé. Show révolutionnaire, ayant engendré quantité de clones tous plus ou moins difformes, 24 s'est achevé dans l'indifférence générale et bien loin des sommets créatifs qui lui ont donné ses lettres de noblesse. L'aventure aura été aussi belle que houleuse, pour ne pas dire accidentée, mais elle aurait assurément dû se clore un an plus tôt.

So long Jack...

Frédéric Renaud (alias Zorg)

 

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