Sleeper cell - Saison 1

Zorg | 30 septembre 2006
Zorg | 30 septembre 2006

Au pays de l'Oncle Sam, il y a deux manières de débusquer le terroriste de télévision du fond de sa tanière. La première, dite « à la hussarde », consiste à lâcher Jack Bauer aux trousses des suspects et à remonter la piste en comptant les cadavres comme le Petit Poucet les petits cailloux. La seconde, dite « à l'affût », consiste à placer une taupe au plus près du complot pour le faire imploser de l'intérieur. S'il fallait donc placer Sleeper cell dans l'une ou l'autre catégorie, elle irait sans la moindre hésitation dans la seconde.

 

 

 

La série nous plonge ainsi au coeur d'une enquête du FBI au cours de laquelle un agent est envoyé sous couverture pour infiltrer une cellule terroriste préparant un attentat. Malgré un cadre identique, Los Angeles, et à l'inverse de 24, qui est un véritable action-thriller n'offrant qu'une prise avec la réalité toute relative, Sleeper cell s'apparente fortement au show britannique Spooks (MI-5) en misant avant tout sur un réalisme à couper le souffle.

 

 

 

Organisé sur une courte période de dix épisodes couvrant plusieurs mois de temps fictif, le show déploie méthodiquement son intrigue en passant en revue toutes les étapes qui permettraient à une cellule terroriste de concrétiser un projet d'attentat. Recrutement, financement, logistique, approvisionnement en matières premières, chasse au maillon faible, évasion face aux forces de l'ordre, luttes intestines, essais et tests, tout est savamment agencé pour culminer dans un final au suspense tétanisant qui renvoie les meilleurs épisodes de 24 à leurs chères études.

 

 

 

Sleeper cell tire non seulement sa force d'une histoire extrêmement solide, mais aussi et surtout de son cortège de personnages. On peut être à première vue sceptique sur la pertinence des choix faits concernant les membres de la cellule, notamment avec un ancien soldat français désenchanté ou un américain blond aux yeux bleus dégoûté de « l'occident » et avec une histoire familiale chargée, mais l'authenticité qui s'en dégage balaie rapidement tous les doutes. La palme revient cependant à Michael Ealy et Oded Fehr. Le premier (dont vous trouverez une interview à cette adresse) a la lourde responsabilité d'interpréter le personnage principal de Sleeper cell, agent fédéral infiltré, afro-américain et musulman, et qui contrairement à certains Terminators du petit écran commet des erreurs et a parfois ses doutes sur le bien-fondé de sa mission, tandis que le second incarne le chef terroriste avec une intensité qui donne une substance insoupçonnée à un personnage forcément détestable. La dynamique d'attraction/répulsion teintée de l'obligation de cohabiter entre les deux hommes s'impose dès les premières minutes du premier épisode comme l'un des principaux moteurs du show et trouve une conclusion dramatique dans un final qui pétrifie le spectateur par un suspense à l'intensité rarement égalée dans une série télévisée.

 

 

 

Initialement conçue comme une mini-série, Sleeper cell a été diffusée sur la chaîne câblée Showtime en décembre 2005. Afin d'accentuer le caractère événementiel du show, la diffusion fut d'ailleurs compressée, avec un épisode par jour de la semaine sur l'espace de deux semaines. Le succès critique et public fut tel qu'une deuxième saison a été commandée par l'opérateur, dont la diffusion devrait là encore intervenir en fin d'année.

 

 

 

De par son approche quasi naturaliste de la lutte anti-terroriste, une construction rigoureuse et une progression implacable allant crescendo vers un final mémorable, Sleeper cell s'impose comme l'une des réussites majeures de ces dernières années. Là où une autre mini-série au thème similaire, The Grid (État d'alerte en VF), avec Julianna Margulies et Dylan McDermott diffusée sur TNT à l'été 2004 s'avérait aussi quelconque qu'anecdotique, Sleeper cell captive de bout en bout.

 

Sleeper cell, le vendredi à 21h sur TPS Star.

 

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