Bleach : comment le shonen du génial Tite Kubo a révolutionné la culture manga

Flavien Appavou | 23 novembre 2021 - MAJ : 24/11/2021 09:49
Flavien Appavou | 23 novembre 2021 - MAJ : 24/11/2021 09:49

Bleach arrivait il y a 20 ans sur nos étagères, un manga annonceur d'une nouvelle génération de lecteur. Faisant partie du big 3 avec One Piece et Naruto, ces trois titres ont fait la relève du Shonen Jump et ont dessiné une nouvelle ligne dans le manga moderne. Avec la sortie en DVD et Blu-ray de Burn the Witch, c'était l'occasion pour nous de revenir sur le titre qui a lancé la carrière de Tite Kubo à l'international et de dire pourquoi c'est génial. 

Même si à la lecture du titre de ce dossier, certains vont directement crier "au scandale", laissez-nous vous apporter toutes les nuances nécessaires pour dire que Bleach, c'est génial. Vingt ans après avoir publié son premier chapitre, Tite Kubo est revenu sur le devant de la scène avec son nouveau titre Burn The Witch, qui se passe dans le même univers que Bleach, mais à Londres. Et ce n'est pas terminé, car il y a quelque temps de cela, il a aussi publié un one-shot en guise de prologue à une nouvelle potentielle série continuant les aventures d'Ichigo. Tout ça pour fêter les 20 ans de sa publication et pour nous montrer qu'il est toujours dans le coup. 

Comme chaque série du Shonen Jump de la Shueisha, Bleach a eu son lot d'adaptations. Pendant que Tite Kubo finissait tranquillement son 74e et dernier tome, paru chez Glénat, un anime était en cours de diffusion et toujours accessible chez Crunchyroll (enfin pas l'entièreté de l'histoire, mais on y reviendra). Il y a eu aussi des films d'animation et un film en prises de vues réelles adapté du manga avec des acteurs en chair et en os, totalement oubliable. On ne le mentionnera pas trop ici, car on en a déjà parlé dans une critique. Ce qui nous intéresse, ici, ce sont le manga et l'anime.

 

One Shot, Tite KuboLe prologue d'une nouvelle série ?

 

Laver sans pression

Pour parler d'un titre et en tirer que du bon, enfin presque, il faut déjà récapituler l'histoire. Dans cette œuvre, on suit les aventures de Monsieur Fraise, alias Ichigo (Ichigo, veut dire fraise en japonais), jeune adolescent voyant les fantômes et les yokai depuis sa naissance. Il est aussi traumatisé par la mort de sa mère, tué par un Hollow, une âme errante devenue monstre, pour faire simple. Il vit avec son père qui se plie en quatre pour être à la hauteur, ainsi qu'avec ses deux petites sœurs. Il a aussi une amie d'enfance, secrètement amoureuse de lui, Orihime et un ami métis, un bourrin au grand cœur : Chad. Ichigo, Orihime et Chad passent des jours tranquilles dans leur vie lycéenne, jusqu'au jour où Rukia fait son apparition. 

C'est une Shinigami, autrement dit un dieu de la mort. Dans la culture shintoïste, ce sont eux qui envoient les âmes des corps défunts, là où elles doivent séjourner avant de se réincarner, ou non. Rukia est en combat avec un Hollow et le combat ne se déroule pas à son avantage. Ichigo est témoin de cela. En voyant le potentiel énergétique d'Ichigo, Rukia décide de le transformer en Shinigami. Celui-ci, investi de ce nouveau pouvoir, met fin facilement à la vie de ce monstre. Ainsi commence, avec ce premier combat pour Ichigo, sa nouvelle vie en tant que remplaçant Shinigami, accompagné de Rukia sa nouvelle amie.

 

Rukia, Tite KuboRukia, personnage emblématique © Tite Kubo/Shueisha, TV TOKYO, dentsu, Pierrot

 

Ceci est le postulat de base pour l'histoire de Bleach. Elle devient de plus en plus complexe au fur et à mesure des chapitres ou des épisodes. Pour résumer grossièrement, chaque interprétation des prêtres exorcistes shintoïste est dépeinte comme un pouvoir, il en va de même que la force utilisée. Explication : pour les Shinigamis, l'énergie utilisée est celle de leur énergie spirituelle, Ichigo en possédant une immense, il va ainsi réveiller celles des personnes proches de lui, telles que ses sœurs (à moindre mesure), mais surtout celles d'Orihime et de Chad, devenant ainsi des humaines dotées de pouvoirs surnaturels avec leurs spécificités propres (angélique pour Orihime et démoniaque pour Chad, même si pour Chad, c'est un peu plus compliqué que cela...). 

Pour les Quincy, comme Ichida, ils tirent leur énergie de leur propre corps, les épuisants peu à peu. Les Quincy et les shinigamis s'opposent dans le combat contre les hollow et les âmes. Les Shinigamis essayent de sauver le plus d'âmes transformées en hollow, alors que les Quincy les détruisent purement et simplement. La seconde chance n'existe pas. Ce combat est l'un des fils conducteurs de la série, même si elle fait quelques (gros) détours pour arriver à la conclusion finale de l'affrontement inévitable entre Quincy et Shinigami. Tout en gardant à l'esprit, son cœur d'histoire, qu'est l'évolution d'Ichigo en tant que personne, car c'est avant tout un shonen. Et c'est en ça que Bleach est très intéressant.

 

Affiche officielleBadass attitude © Tite Kubo/Shueisha, TV TOKYO, dentsu, Pierrot

Difficile à suivre 

En ayant lu l'histoire et son explication, on peut très vite se perdre dans les méandres des intrigues et des retournements de situation. En manga, il y a 74 tomes chez Glénat. Le trait de Tite Kubo est indéniablement beau. Son trait fin et son encrage gras permettent aux personnages de prendre vie instantanément sous nos yeux ébahis. Certains deviennent très vite emblématiques, comme Renji ou bien le brutal Zaraki Kenpachi ou encore Yoruichi (une des maitres d'Ichigo). Les personnages ont tellement tous un vrai design avec des caractères bien trempés, qu'on s'attache très vite à eux. Et il n'y a pas à dire, Tite Kubo est vraiment très fort dans la composition de ses planches.

Il maitrise son art, les moments de combats sont titanesques et les moments d'émotions sont aussi très forts. C'est un maestro du manga. Les planches virevoltent et deviennent, le temps d'un instant, des illustrations figées (permettant de contempler l'action comme si elle était décrite au ralenti) avant de retrouver leurs dynamiques tout en conservant une rythmique très singulière. On comprend pourquoi ce manga s'est hissé très vite comme un monument de sa génération, posant aussi les bases pour une nouvelle ère qui explose tout sur son passage. Il prend le temps de raconter son histoire le plus tranquillement possible. Par contre, on voit qu'il traine un peu en longueur, l'auteur ayant voulu arrêter son manga maintes et maintes fois, certains arcs sont vraiment moins bien dessinés et moins bien travaillés.

 

photoDifficile de trouver la ryhtmique © Tite Kubo/Shueisha, TV TOKYO, dentsu, Pierrot

 

L'arc des Fullbringers est totalement oubliable dans un certain sens. Il est utile dans la finalité et dans la construction du personnage d'Ichigo, mais il tire beaucoup trop en longueur. Même chose pour celui de Bount, un peu trop long. D'ailleurs, l'anime répète aussi ces mêmes erreurs, ce qui n'a pas vraiment aidé la série. L'adaptation du manga en animation a été confiée au Studio Pierrot avec comme réalisateur Noriyuki Abe. L'anime reprend tout le manga sauf... la fin, le tout dernier arc avec la bataille des mille ans (entre Quincy et Shinigami), qui arrivera un jour, on l'espère, comme l'a annoncé Tite Kubo. 

La mise en scène de l'anime a aussi des moments de grâce, si on prend pour exemple le magnifique combat avec Zaraki Kenpachi ou les passages dans l'Hueco Mundo ou bien l'affrontement avec Aizen. Les seiyus s'en donnent à cœur joie dans l'interprétation des personnages et nous font ressentir les émotions avec une grande force, il est arrivé que l'auteur de ses lignes tire une petite larmichette de temps en temps, comme quand il lit le manga... Mais (car il y a un mais), il faut être honnête en disant que certains épisodes - ceux ne suivent pas la trame principale de l'histoire - tuent un peu le rythme, et sont en dessous du reste tant côté animation que côté histoire.

 

Bleach : Visuel coffret DVDUn coffret qui donne envie

 

Du coup, on vous conseille de piocher dans les 366 épisodes que contient la série, ceux qui suivent la trame principale et d'être curieux pour certains épisodes "hors-séries", comme les histoires de Kon par exemple. Autre conseil, écoutez aussi la bande originale, qui est un atout majeur à l'animation. Elle sublime autant les actions que les émotions, d'une justesse irréprochable et toujours à propos. Le travail de Shiro Sagisu est phénoménal.

 

Affiche 2, Tite Kubo

 

Mais du coup, pourquoi Bleach c'est génial ?

C'est vrai qu'on a énoncé plusieurs défauts de la série, mais c'est là où Bleach fait fort : malgré leur présence, cela reste une oeuvre passionnante. D'abord, parce que c'est une histoire avec une fin, une vraie. Bon, pas encore en anime, certes, mais elle arrivera. Quand ? On ne sait pas trop, mais comme dit précédemment, ça a été annoncé pendant l'évènement du vingtième anniversaire. Et ce n'est pas une fin en eau de boudin non plus. Le tome 74 conclut l'aventure d'Ichigo avec une telle force et une telle grandeur qu'elle sublime le manga. Sans révéler la fin pour ceux qui n'ont vu que l'anime, Bleach se concentre essentiellement sur l'apprentissage d'Ichigo à devenir humain dans son entièreté.

Le personnage principal passe dans la lessive des émotions et est en perpétuelle recherche de lui-même, emmenant tous ceux qui l'entourent à se poser des questions et à se remettre en question. C'est une œuvre profondément humaniste et qui traite de la confiance en soi ainsi que de sa construction dans une société qui nous impose des diktats moraux et des codes d'honneur. Ichigo, dans son apprentissage, doit maitriser son énergie d'adolescent impétueux, ne faire qu'un avec son arme qui deviendra son meilleur allié - la tempérance, accepter son côté sombre avec l'hollowfication et la transformer en force, apprendre à vivre en société tout en gardant son identité propre et surtout ses choix (quand il perd ses pouvoirs). 

 

Tome 74, Tite KuboL'éternelle équipe

 

Ichigo doit aussi apprendre à accepter le deuil, ne plus avoir peur de la mort et en faire une force, pour être accompli et là on ne va pas aller plus loin, car ça gâcherait l'expérience de la lecture ou de la découverte lors de la diffusion de l'anime. C'est pour ça que l'auteur de ses lignes trouve que Bleach c'est génial. Malgré la construction narrative où le personnage est entouré, il n'a pas de désir de devenir "quelqu'un", comme Luffy ou Naruto. Il veut juste "être". C'est aussi une belle leçon de vie, à prendre en compte, il emmène tout le monde dans sa recherche. Ce n'est pas même pas une quête, il expérimente, il se trompe, il tombe bien bas et se relève avant de continuer sa route, plus déterminé encore. 

Une belle leçon de vie en mode shonen, qui prend des petits détours, mais qui impose un profond respect pour l'auteur. L'anime compte 366 épisodes sans le dernier arc, dont la moitié est disponible sur Crunchyroll (pour l'instant, il n'y a que les 7 premières saisons) et des DVD sont aussi disponibles chez Kazé. Les 74 tomes sont parus chez Glénat. À la lecture de ces quelques lignes, il est possible que votre œil change quand vous allez découvrir, relire ou regarder Bleach en manga ou en anime. C'est tout le bonheur qu'on vous souhaite. Parce que, oui Bleach c'est génial.

  Ceci est un article publié dans le cadre d'un partenariat. Mais c'est quoi un partenariat Ecran Large ?

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commentaires
@Modjo
25/11/2021 à 22:58

One piece a le même problème. Les derniers scans du combat des 2 armées de l'arc Wano sont une purge. Comme ça l'a toujours été en fait. C'est le problème des shonens. D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi tous les auteurs continuent avec un format pareil qui donne juste envie à la fin... de ne rien acheter, ni tomes, ni coffrets.

Chevalier Shakka
25/11/2021 à 21:44

Bon, je vais faire une nouvelle tentative, mais la dernière fois j'ai commenté une vidéo de ce journaliste (Dr Stone) et elle s'est vue étrangement réuploadée plus tard, effaçant mon message.

Tout d'abord je rejoins d'abord Hasgarn : le style de ce dossier est sacrément lourdingue. J'ai comme la sensation de lire le script d'une vidéo (bientôt sur YT ?) : il y a des effets d'écriture qui semblent indiquer des cuts, des répétitions qui fonctionneraient à l'oral, mais à l'écrit c'est assez "difficile à suivre".

Ça amène à des approximations assez grossières (non l'arc Bount n'est pas dans le manga) ou à des enchainements de superlatifs mais qui ne disent finalement pas grand chose sur le manga.
Kubo est un maestro ? Ça virevolte dans les planches ? On est émus ?
Pourquoi ? Par quelle méthode ? Qu'est-ce que ça veut dire au fond ? D'autant qu'il n'y a pas une seule planche pour illustrer lesdits propos.
D'ailleurs c'était évident qu'il n'y en aurait pas puisque cela coïncide avec le dernier point que je voulais aborder ; le partenariat.

C'est certes spécifié à la fin de l'article, mais dès qu'il s'agit de cet auteur, le deal passé avec Kazé/crunchyroll (même boite) est beaucoup trop flagrant.
On va bien préciser que l'Anime est génial; les Seiyuus formidables; qu'il faut se laisser tenter et que c'est dispo sur Crunchyroll... sans préciser que ça l'est sur bien d'autres plateformes (Netflix; ADN; Prime) et ça va nous montrer le joli coffret intégrale de chez Kazé... si tenté est qu'on veuille encore acheter du support physique 480p en 2021.
Bref, entre ce dossier; Mashle; Platinium End; Kaiju n°8; Dr Stone (parce que l'Anime est chez Kazé/Crunchy) etc... j'ai beaucoup trop l'impression que l'auteur est d'abord là pour nous vendre un abonnement Premium chez Crunchy avant de nous parler de l'œuvre.

Je ne doute pas qu'il soit passionné par les titres dont il parle ! D'ailleurs dans les vidéos, ça transpire qu'il est sincère !
Mais moins de promo, plus de fond... je pense que ce serait vraiment plus convaincant.

En tout cas, c'est mon ressenti.

Modjo
25/11/2021 à 11:28

Un manga génial avec autant de défauts? Que vous avez vous même cité d'ailleurs. Vous êtes trop indulgent, je suis désolé.
Le grand problème de Bleach, c'est le rythme. Le premier arc du sereitei était parfait, mais après c'est beaucoup trop long et lent. L'arc du hueco mundo a fait 2ans et demi sans évolution scénaristique parce que l'auteur s'est senti obligé de donner un combat à chacun des personnages du sereitei. Tout ça pour un objectif très simple à la base, mettre Aizen en prison.
En lecture hebdomadaire, c'est une purge. Les évolutions de scénario et twists perdent leur force lorsqu'on a passé 30 chapitres dans lesquels s'enchaînent juste des faces à faces qui se déroulent tous en simultané et dont la plupart sont oubliables. Il s'agit juste de remplissage.
Ce schéma en mode guerre ouverte fût mieux géré dans d'autres mangas où il vient à la fin de l'histoire d'ailleurs. Kubo tire en longueur et traîne sur des événements qui ont peu ou pas d'intérêt pour faire avancer l'histoire.
L'arc fullbring est oubliable et le dernier arc sur les Quincy souffre toujours de son rythme, mais moins que le hueco mundo.

Dis
24/11/2021 à 10:34

Hem. Cool, oui. Sympa, clairement. Mais génial, le mot est un peu fort.

Hunter X Hunter est génial. One Piece est monumental. Dragon Ball est légendaire. Shingeki no Kyojin est titanesque.

Mais Bleach est juste sympa. Comme Naruto.

Ça aurait pu être excellent. Les deux premiers arcs sont vraiment très très bons. La partie centrale (hueco mundo) est certes, bourrée de personnages classes, de situations prenantes et douloureuses... mais est d'une longueur affligeante. Sans parler du méchant qui se révèle d'une nullité sans fond. Les deux arcs de clôture sont soit passables, soit à oublier.

Bref, il y a mieux à voir... comme par exemple en ce moment l'excellentissime "Dragon Quest : l'aventure de Dai".

Hasgarn
24/11/2021 à 07:36

Un article assez pénible à lire. Je n’ai pas pu le finir, d’ailleurs.

On sent bien la passion qui vous anime, Flavien. Mais vous écrivez comme vous parlez. Ça donne un français approximatif avec quelques légères erreurs.

Faites un petit effort, j’aime découvrir des mangas

Giorno Giovanna
24/11/2021 à 05:48

Un de mes manga préférés, les perso sont charismatiques, c'est bien doublé en vo en fr c'est une catastrophe, y a rien de pire qu'une voix fr s'essayant au japonais, les scènes de combat sont vraiment sympa, les miss vraiment mignonnes, surtout Rukia et c'est bien écris, bref le dbz des 2000'.

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