Castle Rock Saison 1 Episode 5 : Tire sur mon doigt

Mise à jour : 10/08/2018 10:49 - Créé : 10 août 2018 - Christophe Foltzer
Photo Castle Rock
9 réactions

On ne peut pas dire que, jusqu'à présent, Castle Rock ait tenu ses promesses, tout autant qu'il nous ait raconté une histoire réellement intéressante. Est-ce que ce ne serait pas en train de changer ? Attention, SPOILERS !

 

 

TOUT FEU, TOUT FLAMME

Henry Deaver (Andre Holland) n'est pas en super forme parce qu'il a mal à une oreille. Faut dire aussi qu'il s'est pris un coup de shotgun à côté des tympans lorsque le gardien Zalewski (Noel Fisher) s'est fait abattre sous ses yeux. Résultat, ça fait des acouphènes. Pas cool. Il en profite d'ailleurs pour installer des caméras chez sa mère, histoire de la surveiller de loin et de lui éviter la maison de retraite, parce qu'elle ne veut pas quitter Castle Rock.

De son côté, la directrice de Shawshank passe un sale quart-d'heure après ce qui s'est passé et le conseil d'administration lui fait clairement comprendre qu'elle n'est pas irremplaçable et que le Gamin pose un problème. Alors elle le libère.

 

photo episode 4Zalewski a foutu un beau bordel, mais ça va, c'est cool

 

Tandis qu'Henry le récupère, lui fait passer quelques tests pour savoir s'il est en bonne santé et le planque chez Molly (Melanie Lynskey) le temps qu'une place lui soit réservée dans une institution du Comté, il se passe de drôles de choses à Castle Rock. Déjà, le ciel est orange parce qu'un terrible incendie commence à encercler la ville. Ensuite, quand le Gamin (Bill Skarsgård) fait une virée nocturne dans la ville, il s'invite dans une maison et peu de temps après, les parents s'entretuent sous les yeux de leurs enfants. Sacré cadeau d'anniversaire.

Jackie Torrance (Jane Levy) arrive au bureau de Molly le matin et trouve le Gamin complètement nu. Alors elle lui fait faire un tour de la ville en fumant un gros pétard et en expliquant qu'il ne se passe jamais rien dans cette ville depuis 30 ans et qu'elle s'y ennuie. Elle a même pris le nom de son oncle, un écrivain qui avait voulu tuer sa famille dans une station de ski pour narguer tout le monde.

Alan Pangborn (Scott Glenn) donne son nom à un pont et lorsqu'il fait son petit discours de remerciement, Ruth (Sissy Spacek) se jette du pont. Henry plonge pour la sauver et tout ce beau monde se retrouve à l'hôpital. Ruth est de plus en plus déconnectée et pense qu'une chose terrible va arriver. D'ailleurs, c'est à cause d'un chien qui aboyait qu'elle a fait le grand saut.

 

photo episode 5Jackie Torrance comprend qu'elle ne servira probablement à rien dans cette série

 

Grosse journée pour Molly aussi qui retrouve Jackie Torrance au pied d'une usine. Le Gamin est sur le toit, c'est super dangereux et lorsqu'elle le rejoint, il lui dit qu'il ne devrait pas être dehors. Alors elle l'amène chez Henry qui le loge dans la cabane au fond du jardin où le Gamin se souvient qu'il sait jouer du piano. Pourquoi pas, ça peut toujours être utile.

Alan se met une caisse sur le pont quand l'appli de la vidéosurveillance de la maison sonne et qu'il y découvre le Gamin. Il le piste à travers bois et le braque en lui demandant s'il est le diable. Le gamin répond que non. Pangborn lui dit que c'est quand même bizarre : il n'a pas changé en 27 ans, depuis qu'il l'avait vu enfermé dans le coffre de l'ancien directeur Lacy (Terry O'Quinn) et qu'il avait fait confiance à ce dernier qui lui disait que le Gamin était très dangereux et devait être enfermé. Le Gamin lui demande juste s'il a bien conscience de tout ce qui est en train de se passer dans la ville. Ambiance...

 

photo episode 5Une cérémonie qui tourne mal

 

UN MOMENT, VA FALLOIR Y ALLER LES COPAINS

Bon, ben il se passe plein de trucs dans cet épisode, c'est cool. Sauf que ce n'est absolument pas bien amené et du coup ce n'est pas très intéressant. On a toujours cette sale impression que les scénaristes tirent en longueur parce que leur intrigue n'est pas assez conséquente pour tenir sur une saison entière et on cherche toujours le rapport avec Stephen King, au-delà des clins d'oeil bien entendu.

Et des clins d'oeil, il y en a. Le Gamin s'invite dans une famille qui fête l'anniversaire du petit Gordy (Stand by Me ou la nouvelle d'origine Le Corps), le chien qui aboie ressemble énormément à Cujo, le Gamin n'a pas vieilli d'un pouce en 27 ans (Ça va ? Vous l'avez ?) et l'incendie ressemble quand même beaucoup à un gros brouillard.

 

photo episode 5Enfin dehors.. C'est pas trop tôt !

 

Au-delà de ça, il n'y a pas grand-chose d'intéressant à se mettre sous la dent. La série confirme en plus qu'elle ne fonctionne que par name-dropping avec le personnage de Jackie Torrance, pas du tout exploité jusqu'ici, qui fait directement référence à Shining et qui révèle donc qu'elle est la nièce de Jack Torrance.

L'accent est toujours mis sur le Mal à l'état pur, qui pervertit une communauté entière par sa simple présence (comme dans Le Bazaar de l’Epouvante) même si le Gamin ne semble pas vouloir faire du mal aux gens. Il reste d'ailleurs le seul intérêt de la série, le mystère entourant son identité et ses capacités intrigant suffisamment pour qu'on ait envie d'en savoir plus.

 

photo episode 5Le seul moment vraiment intéressant de l'épisode

 

Pour le reste.... En fait, c'est difficile d'en parler parce que, au bout de cinq épisodes, la série semble toujours installer son histoire et ses personnages. Donc il n'y a rien de vraiment sensationnel à raconter parce que tous les indices égrénés ici et là sont en attente de paiement.

Et c'est un gros problème puisque, de fait, il ne s'y passe pas grand chose de réellement saisissant. De fait, la série perd un temps précieux et nous ne sommes pas loin de penser que nous aussi. Résultat des courses, on s'ennuie comme des rats morts même si la fin de l'épisode nous promet enfin quelques révélations d'importance.

 

Etrange paradoxe, Castle Rock gagne en densité tout en faisant du surplace. La faute à un concept et une histoire qui ne sont pas du tout exploités, et à des scénaristes qui semblent trop paralysés par l'aura de Stephen King pour vraiment prendre leur sujet à bras le corps. Allez quoi, les gars, un peu de courage !

Un nouvel épisode de Castle Rock chaque mercredi sur Hulu.

 

Affiche

commentaires lecteurs votre commentaire !

Marco 11/08/2018 à 08:30

Pour le moment je trouve cette série chiante (pas lente j'ai bien dit chiante). Oui certaines histoires de King prennent aussi du temps à s'installer, oui peut être que certaines révélations de seconde partie de saison vont donner un nouvel élan à l'intrigue mais je suis d'accord avec cette critique pour le moment l'oeuvre est creuse, les personnages peu attachants (tous sans exceptions) et on a l'impression que le scénario aurait dû s'incarner en film et non en série tellement que ça traine en longueur...
Bref, même si je n'ai rien contre une mise en place qui prenne son temps je pense qu'il est grand temps que cette série prouve qu'elle est autre chose qu'un simple produit mercantile avec le nom de King dessus.

Ric 10/08/2018 à 20:45

Fan de King ... j'adore cette série qui met en place une tension qui je pense va aller en grandissant comme dans les livres .... Je trouve vraiment les personnages tout droit sortis de romans de S King

Liugrunge 10/08/2018 à 18:45

Si le dirlo suicidaire serine au gamin qu'il doit appeler "Henry Deaver",c'est surement pas pour que ce dernier vienne le sortir du trou ou il l'a mis,ou cela n'aurait aucun sens..Libérer "le" mal" qu'on a pris tant de soin d'enfermer tant de temps..Oui on a un big puzzle et on attend que les piéces angoissantes finissent par s'imbriquer.Les persos sont bien campés,les liens amoureux entre la mére d'Henry et le vieux shériff sont touchants..C'est vrai que les scénes ou Molly décrit ses sensations de télépathes sont parfois un peu lourdes,on a compris,mais l'actrice est chouette.Henry semble deplus en plus paumé,surtout quand il ne rébondit pas sur le fait que le gamin lui dise en jouant du piano "qu'il se souvient"(perso je l'aurai cuisiné) mais Henry est il déja happé par l'obscurité en train de s'étendre .Il le semble en tous cas.Seule touche de fraicheur ,l'amie qui ne se rend compte de rien mais mentionne tout de méme sourire aux lévres,un oncle ,qui semble avoir subi "le fleau" dans les 80,avant que le dirlo le coffre.Moi ça m va toujours,j m ennuie pas ,j'attends méme la suite avec impatience,car je pense qu'on aura de bonnes (et hard) surprises avant la fin.

Copeau 10/08/2018 à 16:36

Ha que le métier de critique est difficile ... les gars d’EL , ne vous épuisez pas trop avec les remarques des lecteurs , Walking Dead va bientôt recommencer ! Il va vous falloir de l’ernergie :)

Christophe Foltzer - Rédaction 10/08/2018 à 15:52

Salut les gens,

Alors, comme vous le savez la critique est toujours basée sur un fond de subjectivité en relation avec son propre terrain culturel. Ce qui fait que deux personnes avec les mêmes passions peuvent avoir un avis radicalement différent sur une oeuvre commune.

En ce qui concerne Castle Rock, il est vrai que cela nous a été vendu au départ comme une série d'horreur dans le monde de Stephen King. J'ai rapidement vu que ce n'était pas le cas en réalité et, effectivement, cela ne m'a pas arrêté. Lisant ses livres depuis plus de 25 ans, je sais de ce fait que ses histoires les plus efficaces demandent une bonne grosse préparation en amont. De ce point de vue là, pas de soucis. Je comprends tout à fait que la série fasse pareil, c'est logique.

Par contre, ce qui me bloque davantage, c'est l'incapacité des scénaristes à livrer des personnages intéressants une fois que l'on a dégagé la couche de mystère inhérente au concept. Ils ne font jamais corps, n'ont pas vraiment de personnalité et semblent plus tributaires des événements qu'on leur fait vivre que générateur d'un quelconque axe dramaturgique.

Ce qui gêne d'autant plus quand le scénario éparpille plusieurs pistes en début de saison assez intrigantes et intéressantes pour ne pas les exploiter de façon efficace par la suite. Il y a clairement un problème de cohérence de l'ensemble et un souci de crédibilité intra-diégétique (et j'insiste sur cette notion). Cela dit, ce n'est que mon avis et les choses font que je puisse m'exprimer librement via une critique hebdomadaire de la série. Il ne faut pas le prendre en parole biblique, elle n'engage que moi et à aucun moment ne tente de se poser en vérité immuable imposée à nos lecteurs.

C'est simplement que nous apprécions les choses de diverses manières les uns et les autres et que ce n'est évidemment pas un problème. Pour l'instant, je ne suis pas du tout convaincu par la série et si nous choisissons de continuer à la traiter plutôt que de la laisser tomber c'est aussi parce qu'elle nous intrigue, que nous avons envie de savoir où elle va aller et qu'elle nous permet d'en débattre ensuite dans les commentaires. Comme nous le faisons ici.

Docteur Sleep 10/08/2018 à 15:25

Je n'arrive pas à comprendre ce qui plait pas avec cette série ! J'estime pourtant que ça colle tout à fait avec du King, étant un fervant fan de ce grand monsieur je trouve cette série réussie ! On a une ambiance malsaine avec un gamin (joué par l'excellent Bill Skarsgård svp) creepy sans pour autant avoir un langage qui va avec mais juste une attitude, des personnages qui ont l'air d'en savoir beaucoup plus qu'il n'y parait, des clins d'œil aux connexions entre les livres et pourtant chaque critique enfonce un peu plus la série. J'ai la sale impression que ceux qui regarde la série en sont à leur coup d'essai et ne sont pas plus intéressés que ça au Kingverse. On peut créer une série inspirée de ce monsieur sans y ajouter des éléments paranormaux à souhait en plein écran, KIng c'est avant tout des ambiances tendues et des personnes au background se développant à la longue.

J'espère qu'avec la suite de la saison les viewers et EL verront qu'il y a un intérêt à se plonger dans les épisodes et que c'est pas simplement 45/50 minutes de torture à regarder des gens sans fond évoluer dans une ville lambda, au contraire !

Mad 10/08/2018 à 14:14

Le souci étant avec les critiques d'EL sur la série c'est qu'elles sont fondées sur une déception. Elles sont du coup peu avantageuses et peu véridiques. EL s'attendait à une série purement horrifique avec des épisodes creepy et poisseux. Et cela se ressent encore depuis la critique de l'épisode 01. Ils ont beau avoir pigé que c'en était pas, ils ne cachent pas leur désarroi à chaque paragraphes. Il est vrai qu'elle avait été un peu vendue de la sorte durant un temps. Cependant, une fois dépassé le stade de la déception, on y découvre un thriller intéressant et énigmatique à la lisière du fantastique/surnaturel comme d’innombrables romans de King. C'est lent, pas long. Voilà pourquoi les fans de King (et de thrillers) adorent et que les fanas d'horreur restent pantois. Moi qui suit friand des deux styles, j'y trouve mon compte. J'assiste un peu à un Fargo surnaturel et j'adore ! J'aimerai bien qu'EL se décide à surmonter tout ça et à se laisser prendre au jeu, quitte à recommencer la série depuis le début ?

J'ai beau chercher, je n'y trouve rien à redire... Je trouve tous les personnages intéressants et biens construits et même que mon préféré est Molly, celui qu'EL conchie le plus... Du coup il y a un décalage effectivement. J'ai beau vouloir faire des efforts, devenir un peu méchant et critique, j'ai vraiment rien à y redire quoi.

Est-ce que l'ennui que certains éprouvent n'est pas plutôt une réaction à l'austérité de l'univers dépeint ? Penny Dreadful par exemple, avait une ambiance et une lenteur soporifiques et il a fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois (j'ai bien dû recommencer la saison 1 4/5 fois, après avoir abandonné en cours de route à chaque fois).

The Handmaid's Tale a le même "problème". C'est austère. Mais quand on s'y fait ou que l'on est bien dedans, on passe un bon moment.

Noham 10/08/2018 à 13:03

En même temps, comment savoir si on aime, si on ne regarde pas ?
On ne peut regarder que ce qu'on aime instantanément et bien gentiment, car impensable de parler de choses qu'on n'aime pas ?

Trop dur de vivre dans un monde où tu croises des gens qui ont des avis différents du tien ? Tellement insupportable que tu dois venir faire ta crise, au lieu de... je sais pas... par exemple, dire ce que tu aimes dans cette série, et échanger comme entre gens normaux et civilisés ?
Toi qui parle de besoin de vacances...

Tony 10/08/2018 à 12:49

C’est étonnant de critiquer quelque chose et de continuer à le suivre . . . Du masochisme sûrement . Monsieur , laissez cette série aux vrais fans de King et aux vrais connaisseurs . Avec votre écriture qui essaye d’emprunter un style pseudo jeune et rapide , on ressent bien toute votre incompétence et votre aigritude . Vous avez sûrement besoin de vacances monsieur . Bien cordialement ????

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