Legion épisode 4 : aux frontières du réel des X-Men

Geoffrey Crété | 2 mars 2017
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Photo Dan Stevens

La série Legion, qui se déroule dans l'univers des X-Men, est l'une des nouveautés les plus attendues de 2017.

"What was real : that was the mission" , répète Syd, la mutante aux faux airs de Malicia, capable d'échanger son corps avec celui qu'elle touche. 

La mission des héros mais aussi celle de la création de Noah Hawley, première incursion des X-Men dans le territoire de la série télévisée. Arrivé à mi-saison, Legion entre dans le vif du sujet pour commencer à demêler le vrai du faux, dans les méandres de l'esprit du super-héros torturé. Une tâche qui plonge la série dans une nouvelle dimension, proche de celle de Doctor Strange, l'un des derniers blockbusters Marvel au cinéma.

 

Photo

 

LA CINQUIEME DIMENSION

Doctor Strange n'a pas le monopole du plan astral : dans l'épisode 4, David Haller, disparu dans un profond coma, est perdu dans les limbes de son esprit dérangé. Elles portent un nom fantaisiste : le plan astral, celui-là même que le nouveau super-héros Marvel incarné par Benedict Cumberbatch présentait il y a quelques mois. L'arrivée de cette nouvelle dimension n'est pas une surprise, le plan astral étant un élément majeur des comics de Chris Claremont et Bill Sienkiewicz.

 

Photo Jemaine Clement

Jemaine Clement dans un rôle évidemment décalé

 

Dans ce lieu étrange aux dimensions intangibles, il rencontre un nouveau personnage particulièrement farfelu interprété par Jemaine Clement - bien connu des amateurs pour Vampires en toute intimité, ou encore la série Flight of the Conchords. L'identité de ce dandy excentrique, philosophe à ses heures perdues, se révèle subtilement : c'est Oliver Bird, défunt mari de Melanie. Celui dont on entendait la voix dans le complexe secret des mutants, et dont elle racontait la disparition au détour d'un dialogue. Oliver n'est ni vraiment mort ni entièrement vivant : maintenu en vie dans un scaphandre au frigo, l'homme de science existe dans cette dimension parallèle, plus ou conscient de son état.

Cette rencontre un peu absurde est encore l'occasion pour Legion de s'amuser : des incrustations étranges aux apparitions fantômatiques du démon aux yeux jaunes (l'idée que David serait "hanté"), en passant par le décor futuriste de cette boule de glace suspendu dans les airs, l'épisode 4 offre de nouvelles images parfaitement excitantes et inattendues. Legion a certes des problèmes de narration, mais maintient l'intérêt avec une approche visuellement étonnante.

 

Photo Jean Smart

Jean Smart alias Melanie Bird

 

DANS LA PEAU D'UNE BLONDE

En parallèle, dans ce qui serait le monde réel (le doute est entretenu), David est hors service. Melanie Bird est démunie et a peur. Elle envoie Syd, Kerry et Ptonomé rechercher activement des preuves du passé de David, malgré la menace de la Division 3.

Jusque là en arrière-plan, Kerry (Amber Midthunder) décroche du temps à l'écran et offre de précieuses informations sur sa nature liée à Cary (Bill Irwin), l'homme derrière les ordinateurs. Créés pour la série et non repris des comics, ils forment une paire indissociable, intimiment liés l'un à l'autre, psychologiquement et physiquement. Comme deux âmes qui partagent un même corps, ils se partagent une vie et des tâches : il est le cerveau, elle est l'arme de combat.

 

Photo Amber Midthunder

Kerry, la moitié féminine et combattante de Cary

 

La principale faiblesse de Legion reste à ce stade sa trop grande capacité à expliquer, dérouler, et nourrir le mystère par le dialogue, comme une interminable exposition. L'épisode 4 commence à amorcer à un virage plus nerveux, avec notamment une confrontation joliment emballée lors du climax dans le phare.

Mais comme beaucoup d'autres séries, Legion souffre certainement d'un budget limité, qui l'oblige à modérer ses ambitions. Quand elle n'est pas hors champ, l'action est simple (Kerry tape des soldats). Quand elle n'existe pas, elle est ressortie d'un précédent épisode, comme un flash (la crise de David dans la cuisine, utilisée à répétition). Mais la série se joue de cet obstacle en dirigeant son énergie dans la mise en scène : montage parallèle, ruptures de rythme, effets visuels pop, utilisation ostentatoire de morceaux de musique décalés, et un jeu systématique sur le cadre de l'image. La virtuosité sert non seulement à illustrer les rouages complexes du super-héros (qui gagne une nouvelle strate avec Lenny/Benny), mais également à donner vie à l'univers et habiller tout le tissu narratif.

 

Photo Dan Stevens, Rachel Keller

 

Legion reste toutefois encore bien timide dès qu'il s'agit d'utiliser les forces en présence, comme le confirme le climax de ce quatrième épisode. L'utilisation de l'inquiétant The Eye, interprété par Mackenzie Gray, est encore très timide, et sa rencontre avec les pouvoirs de Syd est réglée bien trop vite, alors même qu'elle laissait espérer une suite alléchante où le méchant aurait été accueilli par les héros ignorants.

"C'est une bombe", lâche Ptonomé à propos de David, dont l'étendue des pouvoirs reste encore mystérieuse. Vivement qu'elle explose, ou qu'elle affiche un compte à rebours, parce qu'elle aura vite besoin de prouver son existence réelle.

 

Photo Dan Stevens, Rachel Keller

 

commentaires lecteurs votre commentaire !

Geoffrey Crété - Rédaction
02/03/2017 à 15:32

@Broly

Pas encore non...

On peut retrouver toutes les séries dont on parle dans la rubrique "Séries", comme vous devez déjà le savoir.

Hors actu, il y a notre rubrique récente consacrée aux épisodes cultes : ça touche généralement aux séries plus anciennes, et ça donne un aperçu de celles qu'on considère cultes (la rubrique est en cours, donc de nombreux titres arriveront ;)

http://www.ecranlarge.com/series/news/960559-quels-sont-les-episodes-cultes-de-buffy-sliders-les-contes-de-la-crypte-doctor-who-au-dela-du-reel-x-files

Broly
02/03/2017 à 15:28

@Rédaction ,Vu que pour le moment j'ai toujours été en adéquation avec la critique que vous faites de vos films ou séries je voudrais savoir si vous disposez d'un guide de séries '' à voir absolument'' ; qu'elles soient vieilles de 20 ans ou de 6 mois.

Geoffrey Crété - Rédaction
02/03/2017 à 15:26

@draper

Ce n'est pas de la mauvaise foi : c'est un avis, au sein d'une critique d'épisode, qui parle moins de la maîtrise de la narration éclatée, que de la clarté et la force des enjeux (notamment en terme de progression, sur 4 épisodes). Rien de plus, rien de moins. On en reparlera en fin de saison, quand on aura une vision plus globale.

draper
02/03/2017 à 15:25

Legion na aucun problèmes de narration, sérieux elle utilise la narration éclater mieux que personne, vous êtes de mauvaise foi.

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