The Night Of Saison 1 épisode 2 : Steve Zaillian nous plonge dans l'enfer carcéral New Yorkais

Jacques-Henry Poucave | 19 juillet 2016
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épisode 2

Après un superbe pilote, The Night Of nous revient avec un deuxième épisode qui développe l’intrigue de ce procedural vertigineux et nous permet d’en distinguer plus avant les contours.

Attention Spoilers.

Les 78 premières minutes du show de Steve Zaillian, adapté d’une œuvre originale britanique, nous avaient plongés dans un drame, suivi par l’ouverture d’une enquête à priori pliée d’avance. Collés à Naz, jeune américain d’origine pakistanaise arrêté en possession de l’arme d’un crime dont on ignore encore s’il l’a commis, nous étions restés scotchés par l’impeccable maîtrise d’une ouverture implacable.

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La Valse des Pantins

Cette semaine, nous découvrons un peu plus l’univers, et surtout les personnages entourant notre misérable suspect. L’occasion pour la série de dresser un portrait terrible du tissu social New Yorkais. C’est bien simple, on n’avait pas vu de portrait aussi noir de Big Apple depuis les années 80 et les sommets de criminalité alors atteint par la ville. La description atone et sordide de la mégalopole que dresse The Night Of évoque autant l’angoisse métallique d’un Frantic qu’une sorte de Lumet qu’on aurait amputé de son humanisme pour n’en conserver que la colère.

C’est bien simple, rarement une série avait consacré autant de temps à peaufiner son ambiance, son décor, s’arrêtant sur les mille et un rituels qui ponctuent le théâtre carcéral et le cirque judiciaire. New York n’est plus la cour des miracles décrite jadis par le cinéma américain, mais un grand cadavre à la renverse, dont les ruelles ouatées sont traversées par des fantômes anonymes et désespérées.

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Le découpage s’attarde ainsi avec minutie sur chacun des personnages, mais surtout sur ce qui l’isole, l’aliène, et fait de lui un prisonnier bien particulier. Qu’il s’agisse de John Turturro, dont on comprend qu’il n’est pas qu’un avocat « original », mais bien un homme sur le point de perdre pied (littéralement), considéré par ses pairs comme un débile léger.

Les flics, bourrus, incompétents, ou blasés à l’extrême ne sont pas mieux lotis. L’épisode nous permet d’en apprendre plus sur notre victime, Andrea, via son beau-père, un homme éminemment intrigant. Il est interprété par Paul Sparks, déjà vu chez HBO dans Boardwalk Empire et chez Netflix dans House of Cards. Comédien caméléon, particulièrement à l’aise dans la peau d’individus troubles et changeants, on est très impatients de voir ce qu’il nous réserve.

 

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Mort à l’arrivée

La mécanique essentielle de cet épisode concerne la mise en accusation du personnage joué par Riz Ahmed, qui achève ce chapitre derrière les murs de Rikers Island. Et alors que les portes se ferment, un sentiment se fait clair en nous.

The Night Of, s’il est toujours une formidable machine à suspense et une énigme excitante, pourrait bien devenir un des shows les plus politiques et désespérés de ces récentes années, dont la radiographie sociétale sera à ranger du côté de Treme, de David Simon. Difficile de décrire le type de vertige procuré pour le moment par le show, qui paraît se refermer sur ses personnages comme un piège, à chaque scène.

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The Night of décrit un monde, une organisation civilisationnel marchant totalement à l’envers, dont les engrenages ne peuvent que faire des victimes. Non pas que la série verse dans le glauque facile ou une fascination malvenue pour un récit doloriste. Mais le scénario, l amise en scène et les interprètes nous donnent à saisir un  monde absurde, immergé dans un malheur dont les causes sont si variées, si profondes et si inaccessibles à ses victimes individuelles, que chacun n epourra que finir broyé par ce terrible Léviathan.

Au final, pas sûr que le sort de Naz soit beaucoup plus envieux que celui réservé à la malheureuse Andrea.

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Kiddo
18/07/2016 à 20:25

Malgré ses qqes "ratés" recents, The night of demontre magnifiquement pourquoi HBO aura toujours une longueur d'avance sur ses concurents..

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