Westworld - saison 1 épisode 3 : un jour sans fin ?

Jacques-Henry Poucave | 17 octobre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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épisode 3 James Marsden

Westworld poursuit sa progression avec un troisième épisode, qui nous pose une nouvelle fois énormément de question, mais avance des réponses parfois un brin paresseuses.

ATTENTION SPOILERS.

 

épisode 3

 

C’est une nouvelle fois Dolores (Evan Rachel Wood) qui concentre la majeure partie de notre attention. Au cours de ses discussions avec Bertrand (Jeffrey Wright), nous comprenons plusieurs choses. C’est bien l’employé du parc qui a modifié la structure de sa conscience, et c’est également lui qui lui confère sinon une plus grande liberté, du moins la capacité à appréhender le monde avec une autonomie renouvelée, en dépit de la boucle narrative qui fait d’elle une demoiselle en détresse.

Si nous voyons bien que se joue là une forme de relation paternelle, consécutive du deuil subit par l’employé de Westworld, ses conséquences et  sa signification sont pour le moins floues. D’une part parce qu’on comprend mal comment Bertrand peut dissimuler que Dolores n’agit pas comme son programme le suggère, mais également parce qu’il est depuis désormais trois  heures impossible de distinguer ce qui relève des suites des discussions avec Bertrand et ce que provoque l’Homme en Noir (Ed Harris).

 

épisode 3

 

Et ce dernier est également au centre du récit de cet épisode 3. Même si nous le voyons finalement très peu, grâce à Ford, nous apprenons enfin de qui, ou de quoi il s’agit. Alors que le grand manitou du parc provoque le trouble de ses équipes en bouleversant la narration des androïdes et en déclenchant une nuée d’imprévus et de parasitages, il révèle également que le co-fondateur disparu de Westworld, Arnold, pourrait avoir une influence indirecte.

La chose paraît désormais entendue, on savait déjà que Ed Harris n’était pas humain, du moins pas un visiteur, et pas un androïde non plus, les « hôtes » ne pouvant le blesser. Il serait donc un écho du mystérieux Arnold, un code actif laissé en secret par le programmeur pour libérer les androïdes. S'agit-il de sa conscience, enterrée dans les programmes des robots, afin de faire de lui une figure divine ? A moins qu'il ne soit qu'un programme malin, pensé comme un écho de sa fascination pour les "hôtes", mis en place pour les libérer de Ford et de leurs tortionnaires humains.

 

épisode 3 Jeffrey Wright

 

C’est ce qui explique probablement que plusieurs d’entre eux, sortant de leur arc narratif, discutent avec un mystérieux « Arnold ».

Si ces thèmes sont plutôt intéressants, on sent que l’épisode s’enferre dans des dynamiques qui, après trois heures de programme, commencent à tourner à vide. La mollesse de Teddy (James Marsden), en dehors de sa dimension comique – « Oh mon dieu, ils ont tué Teddy » - tourne littéralement en rond, tandis que Dolores souffre d’un syndrome de l’aller-retour.

 

épisode 3

 

Passionnante quand elle parvient à dévier de son programme en usant de l’arme qu’elle a dissimulée, elle se fait beaucoup plus mécanique quand elle redevient étrangement docile dans les bras du visiteur William. Bien sûr, ces contrastes participent de la logique interne du récit, mais le résultat, c’est une narration qui donne le sentiment d’alterner avancées et reculades. Frustrant, mais surtout lent. En à peine trois épisodes, le show donne le sentiment d’avoir déjà trouvé une vitesse de croisière, répétitive et ronronnante, qui s’intéresse finalement assez peu à ses figures les plus excitantes.

Car s’il y a une métaphore au cœur de Westworld, c’est celle portée par Anthony Hopkins. Baptisé Ford, ce créateur obsédé par l’implication du visiteur et fignolant la narration de son parc fait écho au showrunner de série, luttant avec les désirs du public et les attentes de son diffuseur (ici les actionnaires). C’est peut-être là le cœur de Westworld, cette idée d’un récit qui dévisse, de personnages qui s’émancipent de leur créateur. Or, pour l’instant, Westworld est surtout un best-of un peu pompeux et prévisible des grands thèmes de la science-fiction telle que nous la connaissons.

 

épisode 3 James Marsden

 

Rest bien sûr la capacité de Jonathan Nolan et Lisa Joy a générer des situations inquiétantes, à l'origine de séquences très fortes. En témoigne ce suicide de droïde, alors que deux techniciens du parc tentent de comprendre pourquoi et comment il a abandonné sa routine. Mais devant le déchaînement de violence qui s'ensuit, on a un peu de mal à croire que les techniciens et actionnaires gardent leur calme, alors qu'une de leurs machines vient de faire la preuve de sa dangerosité.

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Pat
24/11/2016 à 19:50

Vu les 3 premiers épisodes et je ne trouve pas Westworld très prenant pour l'instant, ça semble être encore une de ses séries qui allongent inutilement leur intrigue.

C. Ingalls
19/10/2016 à 00:26

Bernard est un robot.

R90
18/10/2016 à 14:11

@Carolin

Sachant que à peu près tout le monde a son avis et que des théories fleurissent sur le web autour du personnage, ce serait pas mal de se CALMER aussi.

Cervo
18/10/2016 à 13:37

Un humain doté du don d'ubiquité, et qui se téléporte. Bah voyons.

Carolin
18/10/2016 à 12:44

Pour la millième fois, ED HARRIS EST HUMAIN. Vous allez vous rappeler où vous voulez qu'j'vous y marque ?!

Bibi
17/10/2016 à 20:38

C'est Bernard, pas Bertrand.

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